Mais où est donc l’electro en Creuse ?

Mais où est donc l’electro en Creuse ?

L’offre d’electro est portée par quelques associations mais reste confidentielle dans le département de la Creuse. Parce que le public n’y est pas encore assez sensible et que tous les acteurs de la scène manquent de cohésion.   Mai 2015. Trax Magazine, le mensuel de référence des musiques électroniques, sort son guide de la fête en France. Sur une trentaine de pages, il liste les adresses des bars et des clubs passant de la musique répétitive. Le mensuel se veut exhaustif et balaie toutes les régions de France. Toutes ? Pas vraiment puisque la région Limousin est complètement absente du guide. Une vraie diagonale du vide. Alors, quand on sait que la Creuse est le parent pauvre du Limousin, difficile de croire qu’une effervescence électronique existe dans le département rural. Dès la nuit tombée à Guéret, capitale administrative de la Creuse, le monde s’arrête. Les rues sont désertes, les bars sont fermés. Les noctambules creusois sont introuvables. Pourtant, à quelques centaines de mètres du centre ville, un bâtiment rond, cerclé de verre, est l’un des centres névralgique de la musique électronique creusoise. Cette bâtisse aux airs de soucoupe volante renferme les locaux de la Radio Pays de Guéret. Sur la fréquence 96.5, elle diffuse des programmes musicaux éclectiques faisant une bonne place à la musique électronique.   Le tissu associatif primordial à la vie de la musique électronique « Ce que l’on veut, c’est diffuser une musique qui ne passe pas habituellement sur les ondes, explique Thibault Blond, responsable d’antenne de la radio guérétoise. Forcément les musiques électroniques ont une place importante sur notre radio. » A travers des émissions mensuelles,... read more
L’UCPA de Poitiers fabrique des DJs depuis 2014

L’UCPA de Poitiers fabrique des DJs depuis 2014

Depuis 2014, l’école de DJ UCPA de Poitiers, accueille des élèves pour les former aux rudiments du métier. Les apprentis mixeurs ne travaillent pas seulement sur la technique mais aussi sur les à-côtés de l’activité. Afin qu’ils sachent organiser des événements de A à Z.   Derrière ses platines, Emeric met l’ambiance. Entre les mélodies hip-hop qu’il mixe les unes après les autres, il prend le micro. « Bonsoir le Milk, est-ce que vous êtes chauds ce soir ? » Sauf qu’il ne se trouve pas dans le DJ booth de la célèbre discothèque montpelliéraine, mais à Poitiers. Devant lui, seulement une dizaine de personnes. Des élèves de l’école de DJ, ainsi que son professeur. Emeric est en train de passer son examen blanc. Un mix de dix minutes entrecoupés d’animation au micro. Ouverte depuis trois ans, l’école UCPA (union nationale des centres sportifs de plein air) de Poitiers (Vienne) est affiliée à sa grande soeur lyonnaise, active depuis 2001. « Nous proposons une formation en alternance de 18 mois, c’est la seule école de DJ gratuite qui propose un diplôme reconnu par l’Etat », explique Alexis Diard, qui gère la communication des deux sites. Depuis la création, l’UCPA compte pas moins de 800 diplômés.   « On donne une image dynamique de la région » C’est pour répondre à la forte demande du site lyonnais que l’école de Poitiers s’est créée. « On y accueille des élèves qui viennent de Moselle, de la Bretagne ou du Nord. Pour le reste de la France, les étudiants sont accueillis à Lyon. » L’école a investi un site un peu en recul. A Tercé, tout proche de Poitiers. Au... read more
Interview : Molecule, le roi des neiges

Interview : Molecule, le roi des neiges

Photo en une : © Vincent Bonnemazou De janvier à mars 2017, Molecule s’est immergé 36 jours durant dans le quotidien du village de Tiniteqilaaq, en plein fjord au Groenland. Comme il avait pu le faire sur un chalutier pour son premier album, le producteur français a passé plusieurs semaines en immersion pour capter des sons et en tirer un LP de dix morceaux. Un projet à la fois créatif et militant puisque Romain De La Haye – de son vrai nom – entend aussi alerter sur le réchauffement climatique qui touche de plein fouet les 80 inuits habitant dans le village. Pourquoi avoir choisi ce village du Groenland précisément ? Après les vagues qui frappent le bateau sur l’Atlantique, je voulais travailler sur le silence, sur quelque chose de plus épuré. Donc par association d’idée, ce qui m’évoquait le silence, c’était l’image de la banquise. Je voulais mettre ça en musique. Cet endroit précis n’était pas l’idée première mais j’ai vu qu’on pouvait y louer une petite maison de chasseur dans le village. Ca m’a pris plusieurs mois.   Qu’est ce qui vous a marqué dans ces cinq semaines en étant coupé du monde ?  La confrontation à un mode de vie différent où tout se voit. La mort est très présente. C’est un peuple qui souffre aujourd’hui. Il y a un taux de suicide très important, des gros problème d’alcoolisme. Leur vie quotidienne n’est pas très joyeuse. Heureusement, que les enfants sont là pour apporter un peu de joie. C’est une expérience assez forte mais déconcertante aussi. C’est compliqué de voir les conditions de vie difficile de... read more
Sylvain Loury, DJ nîmois, en dissonance avec le présent

Sylvain Loury, DJ nîmois, en dissonance avec le présent

Producteur de musique de 34 ans, Sylvain Loury pilote le Son Libre Festival, qui se déroule dans le Gard. Même s’il ne tombe pas dans le facile « c’était mieux avant », Sylvain fonctionne à l’ancienne, ce qui tranche avec le monde impitoyable de la musique électronique d’aujourd’hui.   Le matériel de mixage sur le bureau doit coûter l’équivalent de deux mois de loyer de l’appartement nîmois dans lequel vit Sylvain Loury, alias Dr Scroll, producteur de musique électronique. « C’est le fruit de plusieurs années à expérimenter, acheter, revendre et obtenir le bon matériel. Je me suis souvent planté pour choisir. Il faut en passer par là », concède le DJ aux cheveux grisonnants. A part le siège de la radio Alliance Plus pour laquelle Sylvain travaille à mi-temps, le studio, installé dans son appartemment exigu, est l’endroit où il passe la majeure partie de son temps. « En ce moment je travaille sur un live qui sera prêt pour l’été prochain j’espère ». Une date qui coïncide avec la cinquième édition du Son Libre Festival.     Le T-Shirt noir orné du logo dudit festival que porte Sylvain parle pour lui. Le producteur s’occupe de l’organisation de la manifestation de Cabrière dans le Gard depuis la première édition. « Au départ, c’était difficile de faire comprendre aux habitants qu’on n’était pas là pour mettre le bazar. Il a fallu faire tomber les préjugés. » Pari réussi puisque 6,500 festivaliers étaient de la partie lors de la quatrième édition en juin 2017. « Aujourd’hui, c’est plus détendu. La musique électronique se démocratise. La techno, qu’on aime ou pas, ça parle à tout le monde. » Pourtant les premières années... read more
Chronique : Rone – Mirapolis

Chronique : Rone – Mirapolis

Plus de deux ans après « Créatures », son troisième album, Rone vient de sortir son nouveau travail : « Mirapolis » sur le label Infiné. A travers douze titres, il offre sa vision de la musique, remplie de toutes ses influences pêchées au cours de sa carrière.    Difficile d’imaginer qu’il y a seulement quatre ans sortait « Tohu Bohu », le deuxième album de la carrière de Rone. Celui qui l’a vraiment fait atteindre une nouvelle dimension. Aujourd’hui, la musique de Rone s’entend dans une tonne de reportages télés et a même fait quelques incursions au cinéma (« Bye Bye Macadam » était notamment dans la bande annonce du film Et ta soeur de Marion Vernoux). Sur son deuxième album, « Créatures », Erwan Castex s’est s’infiltré dans de nouvelles contrées musicales, explorant la porosité entre la musique électronique et la musique classique. Il a d’ailleurs fait appel à de nombreux musiciens extérieurs pour l’accompagner sur son disque. Une période musicale qui a connu l’apogée avec son live à la Philharmonie de Paris en janvier 2017.     Fort de ces différences expériences, Rone a digéré toutes ces pérégrinations sonores pour produire un album qui condense ses influences, toujours sur le label Infiné, avec lequel Erwan Castex semble avoir un contrat à vie. « Mirapolis », est l’album pour lequel le producteur français s’est laissé allé à toutes ses envies. Il n’a jamais fait appel à autant de collaboration extérieure sur un disque et pourtant, jamais un disque ne lui a autant ressemblé. Il a notamment sollicité Michel Gondry pour peaufiner l’univers et réaliser la pochette de l’album. Mais aussi les musiciens John Stanier, Gaspar Claus, Bryan Dessner – ces deux derniers étant déjà sur « Créatures » – et surtout,... read more
Légion d’Honneur de Laurent Garnier : si utile que ça ?

Légion d’Honneur de Laurent Garnier : si utile que ça ?

Qui d’autre que Laurent Garnier pouvait-il recevoir la légion d’honneur dans la sphère française des musiques électroniques ? Pas grand monde à vrai dire. Mais cette récompense n’est peut-être pas si importante qu’elle pourrait laisser le croire et elle décore un peut tout et n’importe qui ces dernières années.   La promotion de la Légion d’Honneur du nouvel an 2017 est plus qu’éclectique avec les présences de Jean-Michel Aulas, président du club de football de l’Olympique Lyonnais, aux côtés d’Evelyne Dhéliat, la présentatrice météo, des différents héros de l’attentat de Nice et de Laurent Garnier donc. Au total, ce sont 761 personnes qui ont été décorées au mois de janvier. Alors que la plupart des médias spécialisés se félicitent de la Légion d’Honneur de Laurent Garnier, nous nous posons quelques questions sur la véritable utilité de cette récompense. Un soupçon d’impérialisme Lancée par Napoléon, je trouve déjà la récompense un poil branchée impérialisme et cet esprit « vieille France » tranche avec l’image véhiculée par la musique électronique. Le côté finalement très protocolaire et l’image de l’armée et de toute l’autorité qui en découle nous laisse un peu dans l’expectative quant au véritable bienfait pour Laurent Garnier de recevoir cette récompense. Certains bénéficiaires ont d’ailleurs tout bonnement décidé de refuser la récompense. C’est notamment le cas de Georges Brassens, qui a détruit toutes les récompenses honorifiques françaises dans le morceau « Légion d’Honneur ». Brigitte Bardot ou Jean-Paul Sartre ont également refusé la médaille. Le célèbre dessinateur de bandes dessinées, Jacques Tardy comparait même la médaille à une prison expliquant vouloir « rester un homme libre et ne pas être pris en otage par quelque... read more