Chronique : Camille Luciani – Aphteraq EP

Chronique : Camille Luciani – Aphteraq EP

Premier EP mais grand frisson avec « Aphteraq » du Français Camille Luciani sorti au début du mois de septembre sur le label Steyoyoke.

 

Camille Luciani, ce nom ne dit peut-être pas grand-chose au public et pourtant il gagne à être reconnu. Le producteur du sud de la France a sorti quelques morceaux par-ci par là, mais n’avait pas encore produit un EP fondateur de son début de carrière. « Aphteraq » est indéniablement celui qui comptera vraiment.

 

D’abord parce qu’il est sorti sur le label Steyoyoke. Depuis 2012, le label allemand empile les productions de qualité que ce soit en deep-house ou en techno. C’est donc une belle performance pour le producteur français de signer sur la structure. Une performance loin d’être usurpée tant les quatre tracks du disque s’inscrivent pleinement dans l’ADN du label.

 

 

Dans cet EP, Luciani s’est plutôt lancé dans une esthétique techno sombre, non dénuée de variations. Le premier morceau, « Amontath », lance l’EP armé d’un beat très lourd. La tension se dessine grâce à une montée dans les aigus et quelques sonorités empruntées à l’acid. Les synthés laissent entrevoir la touche émotive nécessaire pour ne pas tomber dans une autoroute techno sans ambiance. « Aphteraq » se veut encore plus rythmée avec un BPM plus élevé et toujours des sonorités sombres dans les synthés, qui se déploient doucement. Les drops sont travaillés pour être d’une efficacité redoutable, sans exagérer sur la reprise des basses. Ce qui donne une vraie montée en gamme au fur et à mesure du morceau.

 

 

L’ambiance reste bien dark dans « Ascendere » même si les touches de synthés sont plus lumineuses et douces. La ligne de basse fait encore bien le boulot avec une lourdeur qu’on a hâte d’entendre sur un bon matériel de club. Les claps qui arrivent au fil du morceau donnent une esthétique dancefloor au track. Avec « Mirage », l’EP se termine sur des basses toujours aussi profondes. Les notes d’acid se font entendre rapidement, entourées par de longues nappes synthétiques. L’ambiance pesante emmène l’auditeur au bout de l’EP avec la véritable impression d’avoir voyagé.

 

 

Camille Luciani le dit lui-même, il a passé du temps à travailler dans son coin pour composer plusieurs morceaux dont les quatre qui composent cet EP. On sent déjà une maturité et une structuration des morceaux un cran au dessus de ses premiers travaux. Un constat prometteur qui ne demande qu’à être confirmé.

 

Camille Luciani – Aptheraq EP [Steyoyoke]

Sorti le 6 septembre 2018

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Romain Conversin

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