Chronique : Monoloc – The Untold Way

Chronique : Monoloc – The Untold Way

Un premier album reste toujours un rite de passage assez important dans le monde des EPs de la musique électronique. Monoloc a réussi l’étape avec les honneurs en proposant sa vision de la techno avec une profondeur et une justesse rarement égalée.

 

Monoloc a toujours su s’entourer. En plus de son talent indéniable, c’est une de ses forces. Proche des pontes de la musique électronique actuel comme Tale of Us ou Dixon (coucou le nouveau classement Resident Advisor), le producteur de Francfort a également créé des liens avec Rodhad. Ce qui lui a permis d’être le tout premier artiste à sortir un album long-format sur le label Dystopian, rien que ça.

 

Avec « The Untold Way », Monoloc explore les facettes de la techno qu’on lui connaît déjà, mais il va plus loin dans l’esthétisme du son. Prenant le parti (finalement logique pour un LP) de se débarrasser des contraintes d’efficacité sur les dancefloors. On se retrouve ainsi avec un album empreint d’un énorme potentiel ambient et qui peut même se révéler un brin difficile d’accès au premier abord. Passé cette micro-barrière, toute la finesse de la production de Monoloc se niche dans les douze titres du LP.

 

 

Les synthés sifflent, l’ambiance atmosphérique se dessine rapidement avec l’introduction « Revive ». Le morceau éponyme montre la facette plus déstructurée de Monoloc avec un rythme non binaire. Les plages de synthés, marque de fabrique de l’allemand sont bien présentes dès l’entame et les arpèges mélancoliques aussi. Le tout enrobé dans un package plutôt downtempo.

 

Tout au long de l’album, Monoloc alterne entre des phases plus ambiant, bien noire, parfois dénuées de basses comme « Lowa » ou le morceau « NO GHSTS » en featuring avec Tijana T, et des tracks bien plus rythmées et qui auraient leur place dans un maxi. On pense ici à « Momentum » ou à l’immense « Michigan Lights », qui parvient à construire son ambiance pierre par pierre. Le producteur allemand s’est également autorisé quelques sorties de pistes avec l’interlude « Gently Falls » ou l’outro « Ground Disorder », qui n’est composé que d’un arpège de notes de guitare sèche et par quelques nappes atmosphériques, pour un son vibrant.

 

Monoloc a réussi son entrée dans la cours des producteurs de LP et prouve qu’il peut aussi bien exceller sur le long format. Cet album vient couronner une année 2016 qui aura été exceptionnelle pour le DJ allemand.

 

Romain Conversin

 

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