Chronique : Victor Ruiz – Jaws EP

Chronique : Victor Ruiz – Jaws EP

Pour son arrivée sur le label Elevate de Pig&Dan, Victor Ruiz dévoile « Jaws EP », un disque résolument tourné vers les dancefloors. Cependant, loin de tomber dans la facilité, le producteur brésilien parvient à nouveau à régaler son auditoire avec des sonorités profondes et des arpèges travaillés, parvenant à faire monter la tension

 

On a l’impression de ne pas entendre tant que ça parler de Victor Ruiz, pourtant le producteur brésilien jouit d’une popularité à faire pâlir beaucoup de DJs. Il faut dire qu’ils sont rares les DJs underground à posséder une fanbase Facebook de près de 250 000 personnes. Loin d’être notre critère numéro 1 pour juger un artiste, le nombre de fan passe très vite au second plan quand on écoute la qualité musicale fournie par le producteur auriverde. Depuis quelques années, Victor Ruiz distille ses tracks bétons sur des labels comme Stil Vor Talent ou Electric Ballroom.

 

Ce n’est donc pas pour rien que le duo Pig&Dan a décidé de signer le Brésilien sur son label Elevate. « Jaws EP », en référence au film « Les Dents de la Mer », est – qui plus est – la cinquantième sortie du label espagnol. Pour bien faire les choses, Victor Ruiz a décidé de fracasser son monde avec trois tracks entre techno et tech-house rythmée à 125 BPM pour déchainer les foules. La tension du film réalisé par Steven Spielberg est également assez palpable tout au long du disque.

 

 

C’est le titre éponyme « Jaws », qui ouvre le bal avec une rythmique lourde. Comme souvent avec le Brésilien, le côté évolutif et progressif du morceau est bien mis en valeur. Chaque mesure laisse la place à une ouverture des sonorités vers un spectre plus large. Le producteur sud américain s’amuse également à varier le rythme et à retirer quelques sons pour rendre fou l’auditeur. Pourtant, si la construction se veut extrêmement propre et que le morceau remplit l’objectif de faire danser, on trouve que cela manque un brin de profondeur.

 

« KingKlip » dévoile un côté plus infernal et met encore plus l’auditeur en tension. En prenant en compte le titre de l’EP, on s’imagine bien perdu en plein milieu de la mer, et entourés par des requins prêts à nous dévorer au moindre geste. Côté kick, on reste dans l’esthétique techno pure, c’est lourd et ça castagne. C’est dans les aigus que les sonorités basculent dans tous les sens et apportent un vrai atout au morceau. Ce côté alarmant des arpèges s’intensifie pleinement dans les drops, qui nous font énormément de bien lorsque les basses sont lâchées dans l’arène.

 

 

Si les trois morceaux possèdent un BPM similaire à 125 BPM, « Uranus » fait vraiment bande à part dans sa manière d’anticiper le rythme. La ligne de basse est musclée et galope bien mais les sonorités un peu plus dreamy et évasives donnent un côté beaucoup plus crépusculaire au titre. Le fait que le track ait été composé avec Any Mello explique sûrement ce changement d’ambiance. Plus lent, le morceau prend vraiment le temps de nous attraper en plein vol pour ne plus jamais nous lâcher. On a vraiment été pris par surprise et c’est le titre que l’on retiendra vraiment dans cet EP.

 

Si les deux premiers morceaux de l’EP nous plongent dans une techno décapante et orientée dancefloor, on a particulièrement apprécié la profondeur de l’âme du titre « Uranus ». Loin d’être anti-dancefloor, le dernier morceau de l’EP pose des bases plus progressives et il s’impose comme la vraie réussite de cet EP de haut vol.

 

Romain Conversin

 

« Jaws EP » de Victor Ruiz

Sortie le 16 septembre 2016 sur Elevate

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