Chronique : White Night Ghosts – Exorcism Party

Chronique : White Night Ghosts – Exorcism Party

Le producteur français White Night Ghosts a sorti, le 14 mars dernier, son deuxième EP sur le label Cranes Records, en collaboration avec le label M’Com Musique. Avec « Exorcism Party », White Night Ghosts explore les sonorités les plus enfouies de la techno en les faisant correspondre au mouvement shoegaze. Attention : OVNI ! 

 

On ne connaît que très peu Antoine Warneck alias White Night Ghosts. Le producteur de 25 ans réside actuellement à Rennes. Après un premier EP, sorti en 2013, l’artiste a effectué une jolie percée dans le monde du cinéma en participant à la bande originale du film « Tangerine ». Loin d’être rassasié, Antoine a continué à s’enfermer en studio pour produire de nouveaux titres.

 

Très intéressé par les rythmes et les ambiances musicales, White Night Ghosts sort de terre l’EP « Exorcism Party » composé de quatre titres originaux. Les influences allant de la techno, au shoegaze, mais par moment à quelques sonorités brillantes plus électro-pop plongent l’auditeur dans une bulle noire. Les influences musicales de l’artiste français sont tout sauf actuelles, pourtant la musique d’Exorcism Party n’a jamais été autant dans l’ère du temps.

 

 

L’EP s’ouvre sur morceau « Post Love ». Le titre démarre tout de suite avec un kick lourd pour appuyer le rythme, destiné aux pistes de danse. Le grain du son est sale, et accentue cette idée de mélange des genres entre la techno et le shoegaze. Les vocals sont voilés, et le son est presque distant, ce qui accentue la sensation d’apesanteur. La lumière du salut vient de ces sonorités cinématiques, qui se marquent tout de suite au fer rouge dans l’esprit de l’auditeur. Une sorte de M83 essoré par la machine techno.

 

 

Le second morceau « Deviance » porte lui aussi cette gravité. On reste dans cette mixture techno/shoegaze, avec des vocals qui apportent la lumière. Le travail du rythme est extrêmement précis, laissant une porte ouverte à un passage de ces titres dans les clubs. Plus lancinant, le titre « Deviance » porte moins la patte du kick que le premier morceau. C’est les vocals et les pérégrinations synthétiques qui dictent la marche du morceau.

 

 

Avec « Body Destruction », on repasse à une ligne de basse calibrée pour un style techno. Si le titre s’ouvre toujours avec ce style un peu sali, il se retrouve épuré après la première introduction et s’ouvre à des sonorités presque pop. Le titre se veut moins noir, et les notes de synthés sont plus enjouées. Pourtant le rythme dicté par le kick est omniprésent. On se retrouve avec le titre le plus « accessible » de l’EP, cependant on n’est à des années lumières du morceau « tubesque » tombant dans la facilité.

 

 

On se retrouve ensuite avec le dernier morceau de l’EP, intitulé « Fake ». Si l’intro commence simplement avec des accords électros, on rentre ensuite dans le côté plus shoegaze du morceau. Cette symphonie mélodique témoigne une nouvelle fois des nombreuses influences électroniques qu’Antoine Warneck a voulu insuffler sur cet EP. Si le shoegaze et la techno sont les deux maillons forts, de nombreuses autres expérimentations font leur apparition. Dans « Fake », on aurait tendance à y voir quelques touches de LCD Soundsystem, voire de french touch.

 

Avec « Exorcism Party », White Night Ghosts a frappé un grand coup ! En prenant le parti de s’intéresser à des influences ne datant pas d’aujourd’hui, il a foncé tête baissé vers le risque de produire un EP daté. Or, c’est tout le contraire tant il parvient à collecter chaque touche stylistique avec une grande maîtrise. Alors, oui cet EP ne plaira pas forcément aux plus fermés des auditeurs, mais dans une industrie musicale quelque peu cloisonnée et alors qu’on fustige régulièrement la manque de prise de risque des artistes électroniques, le travail d’Antoine Werneck est un coup de pied dans la fourmilière. Nécessaire.

 

Romain Conversin

 

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