Le tout nouveau clip d’Odezenne pour « Novembre »

Le tout nouveau clip d’Odezenne pour « Novembre »

Découvrez le tout nouveau clip du groupe Odezenne. Il est tiré du titre « Novembre » sorti sur l’EP « Rien » et a été réalisé par Jérôme Clément-Wilz. Nous avons posé quelques questions à Alix, auteur de la chanson, et au réalisateur.

 

Le groupe Odezenne voue un attachement très particulier à l’image en plus de la musique. C’est donc avec beaucoup de recul qu’ils décident de travailler les clips de leurs chansons. On les avait quittés sur l’excellente mise en image de « Souffle le vent » tourné en 16 milimètres à Berlin. Ils nous dévoilent désormais leur tout nouveau clip, du morceau « Novembre ».

 

 

Une collaboration avec le documentariste Jérôme Clément-Wilz

 

Alors que c’était Alix, un des paroliers du groupe, qui était derrière la caméra pour le clip de « Souffle le vent », Odezenne a décidé de faire équipe avec Jérôme Clément-Wilz pour clipper « Novembre ». Le documentariste, à qui l’on doit « Un Baptême de Feu » sur les premières expériences de guerre des jeunes reporters, a passé beaucoup de temps à filmer les évènements lors de Nuit Debout et des récentes manifestations à propos de la loi travail. Il se trouvait que les évènements dans la capitale française faisaient fortement écho au texte du morceau « Novembre », traitant d’un soulèvement populaire dans la ville de Paris. Tout était donc réuni pour faire un clip sur mesure pour ce morceau écrit il y six ans !

 

Le résultat est ainsi bluffant tant Jérôme Clément-Wilz a réussi à capter des moments poignants des rapports de force entre les autorités et le peuple. Jamais dans le sensationnalisme, ni dans le voyeurisme, le clip déroule un fil poétique et réaliste, qui s’allie parfaitement à la fiction décrite dans le morceau écrit par Alix d’Odezenne. L’aspect sombre et un peu pesant de la manière de filmer accentue d’ailleurs fortement la mélancolie qui se dégage de la mélodie. On retrouvera forcément le documentariste aux commandes d’un clip du groupe français puisqu’ils pensent à réaliser une trilogie de clip-docu, dont « Novembre » serait la première pierre.

 

 

Alix : « C’est d’abord le point de rencontre entre un réalisateur et un groupe de musique, sur l’admiration mutuelle du travail accompli seul. »

 

Alix et Jérôme Clément-Wilz nous ont parlé de leur rencontre et de la genèse de leur collaboration. Ils ont également évoqué en filigrane la suite qu’ils donneront à cette trilogie de clip-documentaire qu’ils préparent.

 

Clip Odezenne

 

Alix, après avoir créé le clip de « Souffle le vent » vous-même, c’était une envie conjointe de faire de nouveau appel à une aide extérieure pour la mise en place du clip de « Novembre » ?

Alix : non, ça fait longtemps qu’on a la chance de pouvoir travailler avec des réalisateurs talentueux, comme Romain Winkler, Vladimir Mavounia-Kouka ou Adrien Benoliel. Jérôme, c’est plus son aspect terrain couplé à son sens de l’esthétique qui a suscité beaucoup d’intérêt chez moi et l’envie de travailler avec lui.

 

Pourquoi avoir choisi Jérôme en particulier ?

Alix : c’est pas vraiment comme si j’avais eu un choix à faire entre plusieurs personnes, on ne passe pas de casting de réalisateur ! C’est plus une rencontre par hasard. Je suis tombé sur l’un de ces films un soir sur Arte et j’ai adoré. Ça s’appelait « Être cheval » et c’était très réussi. Ensuite, j’ai eu la chance que notre musique lui ai parlé aussi… C’est d’abord, là, le point de rencontre entre un réal et un groupe de musique, sur l’admiration mutuelle du travail accompli seul. C’est ça qui donne envie de faire quelque chose ensemble.

Jérôme : en effet, il n’y a pas eu d’entretien d’embauche ! Quand Alix m’a contacté, j’étais justement en train de couvrir les Nuits Debout. Mais je n’arrivais pas à trouver la forme que prendrait ce nouveau projet. La rencontre avec Odezenne est arrivée pile-poil.

 

Le morceau « Novembre » a été écrit il y a plus de six ans. Tu nous racontes le contexte d’écriture de ce titre, qui s’avère particulièrement d’actualité aujourd’hui ?

Alix : à vrai dire, je ne sais plus très bien dans quel contexte j’ai écrit ce texte, celui de tous les jours en fait. Pas grand-chose n’a changé en 6 ans finalement. Les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres. Il y a comme un gout de foutage de gueule quand on regarde dans le retro. Puis la violence des inégalités, qui s’accroissent de jour en jour, est forcément source d’inspiration de ce type de morceau. Un jour ça déborde, et on écrit.

 

Jérôme, pourquoi avoir accepté de travailler avec Odezenne ? Tu connaissais déjà leur travail avant de les rencontrer ?

Jérôme : en fait, quand Alix m’a contacté, je n’avais pas du tout remis qui c’était. Puis j’ai fait le lien avec Odezenne, et découvert qu’en effet, je connaissais que quelques-uns de leurs morceaux.  J’ai travaillé avec eux car j’aime leur sincérité et leur intégrité, en plus de leur musique bien sûr.

 

Tu nous expliques comment tu as monté le clip ? Tu t’es immergé de l’ambiance un peu mélancolique du morceau avec des images graves, sombres sans pour autant basculer dans le sensationnalisme.

Jérôme : j’ai participé à pas mal de mouvements sociaux par le passé, et sentais encore la bonne odeur de la matraque. Pour être sincère, j’ai abordé le mouvement avec un certain fatalisme. L’impression que l’appareil d’Etat est, quoiqu’il arrive, trop fort et trop lourd pour qu’on puisse le secouer. Cela raisonnait bien avec la mélancolie du titre. Quant au sensationnalisme, je n’avais pas envie de tomber dans le riot porn, mais je voulais tout de même de faire ressentir le combat de David contre Goliath.

 

Vous parlez de créer une trilogie de clip-docu dont « Novembre » serait la première pièce. A quoi peut-on s’attendre pour la suite de la trilogie ?

Alix : oui, c’est exactement ça. Il s’agit du premier volet. Le dénominateur commun de cette trilogie pour l’instant c’est le réel au sens large. Je trouve que c’est déjà un beau terrain de jeu que d’essayer de faire coller trois de nos chansons avec trois des réalités de Jérome… On a quelques idées déjà pour le deuxième tome, un marin peut-être.

Jérôme : oui, les suivants seront bien différents, mais l’idée est de chorégraphier le réel, en faire comme un ballet des corps. Un marin-pêcheur punk est sur les rails, si si.

 

Romain Conversin

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