Interview : AFFKT

Interview : AFFKT

AFFKT s’est largement imposé comme un producteur de renom, autant en Espagne – son pays d’origine – que dans le monde entier. Il faut dire que le DJ a fait ses armes sur des labels plus que prestigieux comme Suara ou Kling Kong. Surtout, AFFKT a décidé de s’occuper de son propre label, baptisé Sincopat, qui est désormais une structure très respectée dans le milieu. Surbooké mais jamais fatigué, le producteur espagnol nous a parlé de cette année 2016, qui s’annonce comme la plus remplie de sa carrière avec de nombreuses sorties et un LP, qui devrait pointer le bout de son nez à l’automne.

 

English version below

 

Techno Cadeau : avant toute chose, on voulait te demander une chose. Pour tous ceux qui se sont déjà posé la question, moi y compris, peux-tu expliquer la signification de ton alias AFFKT ? Tu as raconté dans une interview donnée à TheClubbing.com que c’était un nom, qui pouvait être interprété de différentes manières. Comment en es-tu venu à cette idée ?

AFFKT : à tous ceux qui m’ont posé la question, j’ai toujours répondu que je voulais faire de la musique sans aucune frontière ni cliché avec cet alias. Mais depuis le temps des débuts du projets, je me dis que je préfère simplement être plus ouvert et laisser une forme de liberté à la signification du nom. J’ai toujours préféré demander ce que ce nom pouvait signifier pour toi plutôt que de l’expliquer (rires).

Je pense que AFFKT est un monde imaginaire créé avec ma musique et les sentiments des gens qui écoutent et apprécient mon travail. Donc cela donne plusieurs pistes d’interprétation de la signification car c’est un concept assez complexe à expliquer.

 

Tu as travaillé avec des chanteurs tout au long de ta carrière. La dernière fois c’était avec Thomas Gandey pour ton EP sur Kling Klong. Pourquoi avoir décidé de travailler avec lui ?

C’était la deuxième fois que je travaillais avec Thomas, on avait déjà collaboré pour un EP sur Suara. Travailler avec lui est toujours très simple car il est très talentueux et expérimenté. De plus, il a sa propre signature que j’adore. Concernant, la sortie sur Kling Klong, je me suis simplement dit qu’il était la bonne personne pour collaborer.

 

Selon toi, les lyrics ont leur importance même dans la musique électronique ? Pourquoi ?

Oui, je pense. Les lyrics sont importants dans la musique en général, ils permettent d’inclure plus de sentiments qu’avec la simple mélodie. Cependant, c’est vrai que ça peut quelque peu tuer la vibe… Personnellement, les lyrics m’ont toujours aidé à faire de la musique et pas simplement des morceaux, qui peuvent être joués dans un set. Je veux faire de la musique que les gens écoutent même en dehors des clubs.

 

D’ailleurs, cet EP avec Thomas n’était pas ton premier sur le label Kling Klong. Quelle relation entretiens-tu avec ce label ?

C’est toujours un plaisir de travailler avec eux. Kling Klong, c’est un peu ma maison. Ces gars-là (ndlr : qui composent l’équipe de Kling Klong) savent comment gérer un label. D’ailleurs j’ai juste terminé un remix pour un titre en collaboration de Martin Eyerer avec Ruede Hagelstein pour son album. Je suis personnellement très content de ce remix.

 

« Je veux faire de la musique que les gens écoutent même en dehors des clubs. »

 

En parlant de label, tu es aussi reconnu pour être le fondateur du label Sincopat. Avant de t’occuper de ce label, tu gérais Barraca. Qu’est-ce qu’il y a de si spécial à être à la tête d’un label selon toi ?

Quelquefois, je me pose exactement la même question (rires). Sérieusement. Je trouve que de pouvoir gérer et sortir de la musique créée par quelqu’un d’autres, c’est quelque chose de très spécial et de très nourrissant artistiquement parlant.

 

J’imagine que c’est beaucoup de travail. Cela a des conséquences sur ton travail en studio ?

Oui, ces dernières années ont été folles en terme de travail entre le label et Pobla, l’entreprise de mastering et de mix. Ca a pris presque tout mon temps donc j’étais obligé de faire de la musique tard le soir, surtout qu’en parallèle je tournais un peu partout aussi.

Ca nous prend énormément de temps à Alberto, Mattia et moi-même pour sortir de la musique de manière propre mais crois-moi, on ne fait pas ça pour l’argent, on fait ça parce que nous aimons ça.

 

Quelle est la chose dont tu es le plus fier à propos de Sincopat ?

Je suis personnellement fier de la famille que l’on a pu créer tout au long de ces dernières années et de l’amour que l’on met dans chaque sorties. Je mixe et mastérise la plupart des sorties et nous pouvons contrôler tous les plus petits détails. C’est vraiment sympa de pouvoir se retourner sur le chemin parcourir et voir tout ce qu’on a réussi à accomplir depuis nos débuts.

 

En février, le label a sorti un EP de Third Son. Tu peux nous parler un peu de lui ?

Joe est vraiment un bon gars et c’est un producteur impressionnant. C’était son deuxième EP sur le label et je peux vous dire que d’autres vont aussi venir. Il a un son vraiment à part et il ne s’arrête jamais de travailler pour aller encore plus loin.

 

 

Depuis 2014, ton nombre de sorties est assez énorme. Tu as trouvé un moyen d’être plus productifs ces dernières années ?

Le fait de ne pas avoir beaucoup de temps m’a permis d’apprendre à travailler vite et à forcer l’inspiration un peu partout. Mais le fait d’avoir une équipe à qui déléguer certaines tâches pour Sincopat et Pobla me permet d’avoir quand même un peu de temps pour moi.

 

Qu’est-ce qu’on peut attendre de 2016 ?

Cette année est probablement la meilleure de ma carrière en terme de sorties. J’ai déjà sorti un EP sur Kling Klong, un sur Noir Music, et maintenant on peut s’attendre à voir arriver quelques sorties sur Suara, Exploited, Kittball et This and that. Sans oublier le remix dont je t’ai parlé sur Kling Klong.

Enfin, un tout nouveau morceau que j’ai composé avec la chanteuse Sutja Gutierrez devrait arriver l’été prochain sur Sincopat. Il fera aussi partie de mon prochain album, qui sortira fin Octobre sur Sincopat également.

 

D’ailleurs en parlant de cet EP sorti sur Noir Music. Tu peux nous dire quelle était l’idée principale derrière ce disque de deux titres ?

Je voulais être un peu plus brute en sortant un EP sur Noir Music. La plupart des sons viennent d’un synthé moog et pour les drums, j’ai samplé quelques anciens grooves de vieux funk. Parfois, se fixer quelques barrières et réduire les instruments ou les machines que tu peux utiliser, te permet d’être plus créatif.

 

 

Tu nous parlais de la sortie d’un LP. Tu peux nous en dire plus à propos de celui-ci ?

Oui il est bientôt prêt. J’ai passé beaucoup de temps à expérimenter avec les synthés et à tout enregistrer. Tout se prépare tranquillement. Le nom de l’album sera « Son of a Thousand Sounds » et ça sera donc mon deuxième LP.

Je sens que cet album est un peu comme le journal intime de mes sentiments des dernières années. Il parle du passé parce qu’il regroupe beaucoup d’influences de la musique que j’ai écouté tout au long de ma vie mais il parle aussi du futur, avec ce qui est en passe d’arriver pour moi. Je suis sûr qu’après cet album, ma musique sera très différente.

 

Quelle est ta relation avec la France ? Tu as des souvenirs de soirées ou de ce que tu as pu visiter dans ce pays ?

J’ai joué plusieurs fois à Paris, mais aussi à Marseille et j’ai toujours bien aimé y jouer. J’aime beaucoup ce pays et les Français, j’ai beaucoup d’amis là-bas. J’ai également quelques souvenirs de Paris. C’est le premier endroit que j’ai visité en dehors de l’Espagne étant enfant. J’étais avec mon père, je devais avoir environ 7 ans.

 

Il y a des artistes français dont tu veux parler ?

Il y en a beaucoup que je pourrais évoquer. En fait, mon son est influencé par des gens comme Daft Punk, Vitalic et même Laurent Garnier. Mais si je devais parler plus en détail de certains, je préfère le faire à propos de quelqu’un que je connais très bien comme Darlyn Vlys. C’est un peu comme un frère pour moi et il est l’un des producteurs les plus talentueux que je connaisse. Il vient de Nîmes mais il a vécu quelques années à Valence. On a un projet tous les deux que l’on a appelé « You & Oui » et dans les prochains mois, nous allons retourner en studio pour bosser sur de nouveaux sons.

 

 

Quiz express

 

Vinyle ou digital ? Les deux !

 

Live ou DJ set ? Les deux sont fun.

 

Si tu pouvais jouer un B2B avec n’importe qui, qui choisirais-tu ? DJ Harvey, car il a toujours été une source d’inspiration.

 

Le dernier film que tu as vu ? The Smell of Us de Larry Clark

 

Le dernier livre que tu as lu ? After the Quake de Murakami

 

La dernière série que tu as vue ? Je ne suis pas sûr, probablement Silicon Valley ou The Walking Dead.

 

Le morceau qui ne te quitte absolument jamais ? Radiohead – Creep

 

 

Before ou After ? Before.

 

Un endroit où tu rêves de jouer ? Sur Mars.

 

Ta plus grande peur ? Perdre quelqu’un que j’aime.

 

Le bonheur le plus simple c’est ? Faire un barbecue.

 

Romain Conversin

 

Suivre AFFKT : Facebook/Soundcloud/Site Officiel

 

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English version

 

First of all, for those who are wondering (and me by the same time), what’s the meaning of AFFKT? You’ve said in an interview for TheClubbing.com that it was a name which could be interpreted in many differents ways. Ok but how did you come with this precise idea?

I always said when people ask me about the meaning that with my Alter ego I wanted to make music without borders or ‘clichés’. But at the same time and some years since the beginning of the project I just prefer to be open minded and that leave some freedom to the meaning, I always like to ask what it means for you? Instead of being the one who has to explain, hehe.

I guess AFFKT is the imaginary world I create with my music, the feelings of the people who listen and enjoy my work. So that was the meaning that could be interpreted in many different ways…because is a complex concept to explain.

 

You’ve worked with some singer in your career. Last one was with your release on Kling Klong with Thomas Gandey. Can you tell us how did you decide to work with him?

This was the second time have worked with Thomas, we did it before for an EP in Suara. Working with him is always easy; he is so talented and experienced. Also he has is own signature which I really like, for the release on Kling Klong I just felt he was the right one.

 

According to you, lyrics are important even in electronic music? Why?

Yes, I think so. Lyrics are important for music in general. You are adding more feelings that just music, but yes sometimes can kill the vibe as well. For me lyrics always help me to make music and not just tracks to be played by a DJ, I want to do music that people also listen outside the clubs.

 

It was not your first work for Kling Klong. What is your relation with this imprint?

Is always great to work with them I feel Kling Klong like one of my home, this guys knows how to manage a label. Also I just did a remix for Martin Eyerer´s collab with Ruede Hagelstein for his album, which I am personally really proud of.

 

Talking about imprint, you’re well known because you’re the founder of Sincopat. Before that you’ve taken care of Barraca. What’s so special about being a head of a label according to you?

Sometimes I make my self this question as well, haha, not just joking. I find managing a label and releasing music from others something really special and artistically at the same time.

 

I assume it’s a lot of work to do that, does it affect your producing tasks sometimes?

Yes, last years have been crazy lot of work with the label and Pobla, the mastering & mixing company. It took almost all my time, so I was doing music until late at night and meanwhile I was touring.

Even being Alberto, Mattia and myself working on Sincopat to release music properly takes a lot of time, and believe me we don’t do this for money we do it because we love it.

 

What is the thing you’re the most proud about with Sincopat?

I am personally proud of the family we have created along these years and about the love we put on every release, I personally mix & master most of the releases, but not just on this, on very detailed we can control. It is really nice to look back and see all what we do since the beginning.

 

In February the label has released an EP produced by Third Son. What can you tell us about him?

Joe is such a good guy and an amazing producer, it was his second release on the label and for sure more will come. He has a really special sound and he is working so hard to go further and further.

 

Since 2014, your amount of personal releases is huge. Did you find a way to be more productive this past years?

Having not much time I have learn to work fast, and force inspiration everywhere. But also having an amazing team of people working with me for Sincopat and Pobla gave me the chance to have more time for me.

 

What can we expect this year?

This year is probably my best ever in terms of releases. I have already EPs for Kling Klong and Noir music and now are coming new ones for Suara, Exploited, Kittball and This and that.  And the remix I told before for Kling Klong.

And last but not least a new track along the vocalist Sutja Gutierrez for Sincopat is coming also next summer and this one will part of my next album that will be released next October on SIncopat.

 

By the way what’s the idea behind your 2 tracks EP released in April on Noir Music?

I wanted to be rawer on the Noir Music EP, most of the sounds were coming out of a moog synth and for the drums I sampled some old funk grooves. Sometime having borders and reducing the things you can use is the best way to be more creative.

 

Can you tell us more about your LP, you’ve said it will be coming next October?

Yes, it is almost ready, I have spent much time experimenting with synths and recordings and everything is being cook slowly. The name of the album is ‘Son of a Thousand Sounds’ and will be my second album.

I feel this album like a diary of my feelings during last years, talks about the past because it has a lot of influences of all the music I listen along all my life, but also talks about the future about what is coming next for me, I am sure after this my music is will be different.

 

What is your relation with France? Have you some memories or parties or tourism around this country?

I have been playing several times in Paris and also in Marseille and I have really good times there, I love the country and the people, I have really good friends there. I also have really good memories about Paris, it was the first place I travel outside of Spain being a child, it was with my dad and I was 7 years old.

 

Are there some French artists you want to talk about?

There is a lot I could talk about, in fact my sound is quite influenced by people like Daft Punkt, Vitalic and even Laurent Garnier. But if I have to talk about some I prefer to do it of someone I know well like Darlyn Vlys who is like my brother and one of the most talented producer I know, he is from Nimes but living some years in Valencia. We have a project call You & Oui and next months we will back in the studio to work in new music.

 

Quiz express

 

Vinyl or digital? Both!

 

Live or DJ Set? Both as well are fun.

 

If you can play a B2B with one person who would that be? Dj Harvey because is always inspiring.

 

The last movie you’ve seen? The smell of us by Larry Clark

 

The last book you’ve red?  After the Quake of Murakami

 

The last TV show you’ve seen? Not sure, probably one of Silicon Valley or Walking dead.

 

The track of 2015/2016? This is difficult…So many!

 

The track which absolutely never leaves you? Radiohead – Creep

 

Predrinks or afterparty? Preparty

 

A place where you dream to play one day? In Mars

 

Your biggest fear? Loosing someone I love.

 

The simpliest delight for you is to? Doing a BBQ

 

 

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