Interview : Dragosh

Interview : Dragosh

Né en Roumanie, mais ayant grandi en Italie, Dragosh s’appuie sur une expérience musicale riche. Le producteur a d’ailleurs touché à un peu tout les styles avant d’arriver à imposer sa propre touche sur ses compositions. Une house profonde et enjouée. Le DJ tente simplement de simplifier le processus de création. Et pour s’aider, il s’appuie sur la méditation.

 

English version below

 

Techno Cadeau : quel est ton historique musical ? Il est un peu mélangé avec ton enfance entre Roumanie et Italie.

Dragosh : quand j’étais plus jeune en Roumanie, j’écoutais un peu de musique classique. C’était ce qu’écoutait ma mère. Mais aussi un peu de folk, de jazz. A l’époque en Roumanie, la musique électronique était très house parce qu’elle suivait le mouvement des Etats-Unis. On écoutait ce qui passait sur la chaîne MTV. Quand je suis arrivé en Italie, j’ai commencé à écouter de plus en plus de musique classique comme Mozart. J’allais souvent à l’opéra. J’ai découvert à quel point cette musique était magnifique. J’écoutais Lucio Dalla aussi. Quelque chose de plus vocal et plus moderne. Mais à l’intérieur de la musique de Dalla, j’ai trouvé beaucoup d’élément électroniques.

 

Comment est-ce vu d’être un DJ en Roumanie ? 

Je ne vis plus en Roumanie donc je ne peux pas vraiment dire mais je pense que c’est pareil que dans d’autres pays. Ce n’est pas un vrai boulot selon beaucoup de personnes. Par exemple, quand j’ai dit à mes parents que je voulais devenir DJ, ils ont d’abord dit « Mais bon sang qu’est ce que c’est que ça ? » C’était difficile de leur faire comprendre que c’est quelque chose que j’aime faire. Maintenant, c’est plutôt une bonne chose quand ils voient un flyer avec mon nom ou une interview. Ils ont accepté la chose. Pour le moment, ils ne m’ont vu mixer que sur Youtube. C’est mon rêve qu’ils viennent me voir jouer un jour.

 

Mais tu n’es pas seulement DJ, tu es aussi opticien. Comment parviens-tu à combiner les deux activités ?

C’est parfois difficile. Il faut savoir faire la scission entre les deux choses. C’est important de trouver le juste milieu. Opticien, c’est mon travail normal. Mais parfois, j’ai besoin de lui dire au revoir pour me concentrer sur l’activité de DJ. Les week-ends par exemple. Quand je fais quelque chose, j’ai besoin de le faire à 100%. Un jour, je sais que je devrais arrêter d’être opticien, mais je n’arrêterai jamais d’apprendre. Je continuerai à suivre des cours, mais j’arrêterai de pratiquer. Je ne prendrai des rendez-cous que quand je pourrai. Ce sera le mieux pour être DJ.

 

 

Qu’est ce qui est important pour toi quand tu commences une production ?

C’est vraiment important d’être tranquille et de ne pas avoir trop de choses dans ma tête. C’est assez difficile de produire donc j’ai besoin d’avoir l’esprit libre. Parfois, je vais marcher dans le parc ou je vais faire un peu de méditation. Il ne faut pas trop penser et juste commencer à produire. Si la mélodie et les basses fonctionne, tout va marcher.

 

Tu prends beaucoup de temps pour produire ?

Cela dépend mais en général, ça va très vite. En une soirée, je peux produire un track ou la moitié. Parfois, ça peut prendre jusqu’à deux semaines. Je n’aime pas passer trop de temps à produire. J’ai toujours peur de perdre en créativité. Parce que je dois être concentré sur la technique, le mastering, le mix, je n’aime pas trop ça. En général, quand je mix mes tracks moi-même, ça sonne mal. Je suis meilleur quand je produis seulement.

 

Est ce que tu t’inspires grâce à des films ou des livres ?

Comme tout le monde j’aime Netflix. J’aime lire des livres sur la méditation et la physique quantique. Je viens d’un milieu scientifique donc j’apprécie ce genre d’ouvrage. Pour être honnête, je ne sais pas si ça aide pour la production. Peut-être.

 

« Je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour l’industrie de la musique de penser que tout le monde fait le même type de son dans un pays. »

 

Aujourd’hui, la Roumanie est très connue comme étant le pays de la micro-house. Tu penses que c’est une bonne chose de réduire le pays à ce simple genre ?

En Roumanie, il y a tellement de styles : techno, la house basique et d’autres. Je n’aime pas dire que je suis de Bucharest et qu’on me réponde « ah tu joues de cette manière alors ». Moi je joue simplement mon propre style. Dans les années 90, l’Italie avait l’italo-disco mais elle n’était pas jouée par tous les producteurs. C’est la même chose en Roumanie aujourd’hui avec la micro-house. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour l’industrie de la musique de penser que tout le monde fait le même type de son dans un pays. C’est stupide. Personnellement, je me vois comme un producteur. Je ne sais jamais quel type de son je produis.

 

Un de tes derniers EP est sorti sur Memoria Recordings à la fin 2017. Quelle était l’idée principale derrière cet EP?

Je voulais jouer avec mes nouveaux jouets dont le Korg Minilog. La mélodie vient de là. C’est comme ça que je me sentais en faisant de la musique avec cet objet. J’ai laissé mon modulaire de côté car je voulais vraiment produire quelque chose de nouveau. Izaak (De Bruin) de Memoria m’a dit que c’était vraiment différent de ce que j’avais pu lui envoyer plusieurs mois auparavant. J’ai essayé de rester simple.

 

 

Quel est plan pour 2018?

J’ai déjà quatre sorties de prévu. Je n’ai pas sorti autant de musique que je voulais en 2016 donc fin 2017 et surtout 2018, c’est le moment pour sortir des choses. J’ai même certains EPs prévus pour 2018 qui ont été composé il y a cinq ans, même plus.

 

Ce n’est pas un peu bizarre de sortir une musique si vieille ?

Ca l’est oui. Quand j’envoie de la musique à des labels ou des amis, je joint trente à quarante fichiers et je les laisse choisir ce qu’ils aiment. Je suis assez surpris quand ils choisissent des sons que j’ai composé il y a cinq ans. J’étais dans un état d’esprit différent par rapport à aujourd’hui. Mais c’est bien de voir que les gens aiment et investissent de l’argent dans ces vieux tracks. Je me sens bénis quand des personnes ont envie de sortir ma musique, même si je l’ai composé il y a quatre ans.

 

Suivre Dragosh : Facebook/Soundcloud

 

Propos recueillis par Romain Conversin

 

English version

Techno Cadeau : what is your musical background? It’s a bit mixed with your childhood between Romania and Italia.

Dragosh : when I was younger in Romania, I had classical background with the stuff my mother was listening. Some folk, some jazz. Electronic music in Romania back then was mainly housy because it was copied from american sound. We listened to what was on the channel MTV. When I came to Italia, I began to listen to more classical music, like Mozart. I went a lot to Opera. I found out how beautiful this music is. I listened to Lucio Dalla too. Something more vocal and modern. But inside Dalla’s music, I found a lot of electronic element.

 

How is it seen to be a DJ in Romania?

I’m not living in Romania anymore, so I cannot say. But yeah that’s pretty much the same in every country I think. It’s not a proper job for a lot of people. For example, when I said to my parents I wanted to become a DJ, they’ve first said « What the hell is that ». It was difficult to make them understand, it’s something I like to do. It’s actually a nice thing when they see a flyer with my name or an interview. So they’ve accepted it. For now, they’ve only seen me Djiing on Youtube, but it’s my dream that they see me play.

 

But you’re not only a DJ, you work also as an optometrist. How do you make those two activites work?

It is difficult sometimes. You have to make a scission between the two things. The important is to find the right balance. Optometry is my normal job. But I need sometimes to say goodbye to optometry to concentrate on the DJ life. The weekends for example. Because when I do one thing I want to do it at 100%. One day I’ll need to stop optometry but I will never stop learning and follow some courses but practising. I’ll only make some appointment when I can. It will be the best for DJing.

 

 

What is really important when you start a production?

It’s really important to be relax and to don’t have too many things in my mind. It’s difficult to produce so I have to keep my mind free. I’m taking a walk in the park or doing some meditation. It’s important to not think too much and just start doing it! If it works with the melody and the beats, it will work.

 

Are you taking a lot of time to produce?

It depends but normally It comes out very fast. In one evening I can build up a track or a half-track. Sometimes, it takes one or two weeks. I don’t like to spend too much times on producing. I’m affraid of losing my creativity. I’m focusing on technics, mastering, mixing. I don’t like that. The most of my mixing sounds like shit. I’m better at just doing music…

 

Do you inspire you with some movies or books?

As everyone I like Netflix. I love to read some books about meditation and quantum physics. I come from a scientific background so I like those kind of things. To be honest I don’t know if this helps for production. Maybe yes.

 

« You can’t see one country thinking everybody is doing the same sound. I think it’s bad for music industry. »

Today, Romania is well known as the country of micro-house. Do you think it’s a good thing to reduce this country to that only style?

In Romania you have so many things. We have techno, normal house and whatever. I don’t like when I say I’m from Bucharest and the people answer « Oh so you play like that… ». It’s just my style. Back in 90’s, Italy had italo-disco but not all producers were producing that kind of sound. This is the same today in Romania with micro-house. You can’t see one country thinking everybody is doing the same sound. I think it’s bad for music industry. It’s stupid. I see myself as a producer. I never know which style I’m doing.

 

You’ve release one of your last EP « Relov » on Memoria Recordings in late 2017. What was the main idea behind this EP?

I wanted to play with my new toy : the Korg Minilog. The melody come from that. It’s the way I feel doing the music with this machine. I left my mini modular system aside, because I wanted to produce new sounds. Izaak (De Bruin) from Memoria said to me that it was really different that tracks I sent to him monthes ago. I tried to keep it simple.

 

 

What is the plan for 2018?

I have already planned like four releases. I didn’t release as much music as I wanted in 2016 so I think late 2017 and mostly 2018 is time to release some stuffs. I have some EPs coming out in 2018, which I’ve done five years ago, even more.

 

Isn’t it that a bit weird to release music as old as that?

It is actually. When I sent music to label or friends, I have maybe 30 or 40 tracks and let them pick what they like. When they chose some song I’ve produced five years ago, I’m surprised because I was in a different state of mind that today. But it is nice to find out that people really like and want to invest money in that kind of old music. It’s amazing. I’m feeling blessed when people want to release music I do, even if I produced it four years ago.

 

Follow Dragosh : Facebook/Soundcloud

 

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *