ITW : Echoes Of October, étoile montante

ITW : Echoes Of October, étoile montante

Echoes Of October est une des révélations de l’année 2015 depuis que son titre « Confusion » a été remixé par Locked Groove, puis joué par d’autres DJs de même envergure comme Mano Le Tough, Pisetzky… Le fait d’avoir lancé son propre label ARDOR, véritable dénicheur de pépites des mines les plus sombres, y a forcément contribué. Plein de justesse et de clarté, il nous fait part de son point de vue rassurant sur le monde de la techno. Ne vous fiez pas aux photos lugubres en noir et blanc, Ben Anders de son vrai nom est en fait quelqu’un de très chaleureux.

 

English version below

 

Techno Cadeau : ton vrai nom c’est Ben Anders, mais désormais tu produis du son aussi sous l’alias Echoes Of October. Pourquoi ce nom ? Parle-nous un peu de ce nouveau projet.

Echoes Of October : exact, j’ai aussi une longue histoire dans le monde de la musique électronique en tant que Ben Anders, notamment depuis 2009 avec des releases sur OFF Recordings, Percusa, et bien d’autres encore. Mais cette année j’ai décidé de prendre un nouveau départ en parallèle au lancement de mon nouveau label ARDOR. La genèse de mon nouveau nom est assez simple : je suis né en Octobre et le « Echoes » représente ma musique, tel un « cri raisonnant ».

 

Comment est née ta passion pour la musique ?

Dans ma jeunesse, j’étais vocalise et j’ai joué de la guitare dans plusieurs groupes de hardcore et emocore. À 20 ans, j’ai commencé à explorer de plus en plus la musique électronique et j’ai commencé à mixer pendant mon temps libre. En 2008, je sentais que juste mixer n’était plus assez et du coup j’ai décidé de me mettre à la production, pour créer ma propre musique.

 

Tu investis ton temps dans la musique, et seulement la musique ou tu fais quelque chose d’autre à coté pour vivre ?

La musique c’est ma principale occupation depuis 2010. Je suis aussi promoteur d’évènements ici, dans ma région, et en plus maintenant je dois gérer mon label. C’est moi qui m’occupe du graphic design, et je gère aussi les soirées ARDOR nationales, et internationales. C’est presque un job à temps plein.

 

On ne pensait pas avoir autant de succès avec le label ARDOR…

 

Tu ne produis et ne joues quasiment que du son bien sombre et mélancolique. Une raison particulière pour ça ?

Comme je viens de le dire, quand j’étais jeune je tapais déjà dans le dark et l’émotionnel. C’est ma passion : La musique du cœur, mythique et pleine de suspens.

 

Cette année, tu as frappé un grand coup avec la sortie de ton EP « Mind The Black Moon » sur ton label tout frais donc, ARDOR. Le 18 décembre, vous avez prévu de sortir un EP très solide de la part de Hush & Sleep, « Valdar », et a priori c’est déjà un grand succès. Tu pourrais nous parler un peu plus d’ARDOR ?

J’ai fondé le label avec mon partenaire Benjamin Vogel cette année. Ça faisait 2 ans qu’on prévoyait ça déjà, et cet été on a enfin lancé ARDOR. Après avoir produit la première release, Maik Lusch, aussi connu sous le nom de Someone Outside, nous a rejoint et maintenant il fait partie inhérente de la famille ARDOR. Franchement on ne pensait pas qu’on allait avoir autant de succès au départ et je crois qu’on ne réalise pas encore le gros soutien qu’on nous apporte depuis ces derniers mois. Notre calendrier est plein jusqu’à l’été 2016, et on a vraiment beaucoup de grosses pépites en stock venant de nouveaux talents et aussi d’artistes réputés.

 

 

Après cette année très productive, 2016 risque de l’être encore plus alors. De ton coté, tu as des projets perso ou des collaborations sur le feu ?

Je vais sortir quelques remix sur des labels comme Click Recordings et Definition:Music. Je vais aussi sortir un EP en solo sur ARDOR l’année prochaine, puis j’ai des partenariats de prévus aussi oui. Il y a d’autres trucs encore en pourparlers, mais je ne veux pas trop m’avancer là-dessus.

 

Personne ne dira le contraire, l’Allemagne c’est LE pays de la techno. On connait des clubs absolument prodigieux dans ta région, comme le Heinz Gaul à Cologne. Mais on ne connait pas trop Essen ou Dortmund. Tu pourrais nous décrire la scène locale ?

Cologne, Essen, Dortmund, Bochum et quelques autres villes font partie de la même région appelée NRW [aine-ère-vée, ndlr], (Nord-Rhein-Westfallen). Notre scène locale électronique est assez multifacette avec beaucoup de clubs comme le Heinz Gaul, Gewölbe, et le Göethebunker, et ça vaut vraiment le coup d’aller y faire un tour. C’est sûr on n’est pas Berlin avec ses clubs ouverts jour et nuit, mais notre culture underground locale se développe en permanence depuis ces dernières année et ça roule bien.

 

Comment cet environnement t’a-t-il influencé ?

Avant ça m’influençait oui, mais l’année dernière j’ai compris que parfois il vaut mieux s’écarter de cet environnement et des attentes des gens pour prendre du recul et se concentrer sur soi-même, afin de trouver ton propre manuscrit pour ta musique ou n’importe quelle autre forme d’art. Plus d’espace pour la créativité!

 

Je ne suis pas vraiment fan des services de streaming. La musique perd de plus en plus de sa valeur dans le « siècle digital ».

 

En France on observe aussi un développement de la culture techno. On pense à certains artistes que tu joues d’ailleurs parfois, comme Julien Piacentino ou Rafael Cerato. T’en penses quoi toi ?

La techno n’a pas de nationalité. Si un track me plait grâce à son humeur, son suspense, alors je m’en fiche de savoir d’où vient le producteur. Après, la France a toujours eu de grands artistes. Je suis un grand fan de Laurent Garnier, et ce, depuis que j’ai commencé à écouter de la techno. Et justement, Julien fait aussi partie des artistes dont je suis un grand fan. C’est pourquoi on a signé un de ses morceaux pour un EP Various Artist sur ARDOR pour le printemps 2016.

 

T’as déjà joué en France? T’as senti qu’il y avait une ambiance différente et un public différent de ce que tu connais en Allemagne ?

Oui j’ai déjà joué à Montpellier il y a 2 ans. J’y suis resté quelques jours et je me suis régalé. Une foule et des promoteurs très amicaux. Personnellement, je ne trouve pas qu’il y ait de différence entre les publics, si ce n’est leur mentalité propre à chacun, mais bon comme je l’ai dit je n’y été qu’une fois. J’espère revenir en France bientôt.

 

La techno n’a pas de nationalité.

 

Que penses-tu du streaming ? Es-tu d’accord avec ceux qui le dénoncent comme un acte de piratage ?

Je ne suis pas fan de ces services de streaming non, parce que la musique perd de plus en plus de sa valeur dans le « siècle digital ». Ce n’est pas toujours facile d’être créatif si tu dois l’être, et c’est devenu vraiment difficile d’en vivre. Mais de toute façon je ne pense pas que les plateformes de streaming soient dangereuses pour le monde des musiques électroniques, parce que nos clients sont pour la plupart DJs et leurs clients à eux ne sont pas musiciens. Ce que je veux dire c’est que ce sujet est très probablement plus sensible à grande échelle avec les plus gros labels au monde et l’industrie de la musique commerciale. J’espère que ça continuera à ne pas vraiment concerner les labels indépendants et la musique underground.

 

 

T’as déjà joué un live ?

Non pas encore. Il y a trop de sons venant d’autres artistes qui sont tellement bons, que je préfère les jouer. Je pense que dans un ou deux ans ça devrait le faire.

 

A quel point es-tu méticuleux quand tu prépares tes gigs? Tu te lances comme ça au feeling le jour J ou tu sais déjà à l’avance quelle histoire tu veux raconter ?

De toute ma carrière je n’ai jamais préparé de set avant un évent’. Je pense que je m’ennuierais un peu si je le faisais, parce moi j’ai besoin du challenge du moment présent, afin de sélectionner le morceau adéquat en fonction de comment se déroule la soirée.

 

En ce moment on voit une grosse montée de la hype autour de la techno, la vraie. Je pense à Maxime Dangles, Maceo Plex ou Tale Of Us, qui avant faisaient de la deep house, et maintenant nous servent de la grosse techno à l’ancienne, et pourtant, leur nombre de fans grimpe de jour en jour. Que penses-tu de cette nouvelle ère ?

Alors, j’ai pu observer la même chose, et ça durant les 13 dernières années. Les tendances, ça vient, ça part. Mais ce genre de musique, c’est l’essence même de tout. La techno sous cette forme a un long passé et à mon avis elle survivra. Je suis très heureux d’avoir de la musique de qualité et intemporelle en boîte.

 

 

Quizz Express

 

Artiste préféré ?

Ce n’est pas facile d’en nommer qu’un seul, mais je dirais Scuba.

 

Le morceau le plus joué dans ton iTunes ?

Max_M & Wrong Assessment – 1004A

 

 

Ton film préféré ?

Requiem For A Dream

 

L’endroit le plus fou où tu rêves secrètement de joue ?

Burning Man

 

Plutôt before ou after ?

Afterhour!

 

Téo Dréan

 

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English version

 

 Echoes Of October is one of the top newcomers of 2015. His success has been dazzling ever since his track Confusion has been remixed by Locked Groove, and then played by just as famous DJs like Mano Le Tough, Pisetzky… The fact that he launched his own label ARDOR, which is a proper talent pool, probably helped. Always remaining accurate and clear, he offers us his humble and reassuring point of view on the techno world. Don’t trust the dark and morbid pictures, Ben Anders of his real name is actually probably warmer and more cordial than you’ll ever be. Make sure to keep an eye on him and his label, he will rock your 2016.

 

Your real name is Ben Anders, but you now produce music under the alias Echoes Of October. Why this name? Tell us more about this new project.

 

Yes, I also have a long history in electronic music as Ben Anders since 2009 with releases on OFF recordings, Percusa and many more but this year I decided to make a restart parallel to the launch of my label „ARDOR“. The genesis of my new name is quite simple: I was born in October and the “echoes” represents my music like a shout-out.

 

How did your passion for electronic music arise?

In my youth I was vocalist and played guitar in several Hardcore / Emocore Bands.

With about 20 years I explored more and more electronic music and started djing in my spare time. In 2008 I felt just djing wasn’t enough anymore and I decided to produce my own music as well.

 

Do you devote your time only to music or do you so something else for a living?

Music is my main business since 2010. I also promote events here in my local area and now there’s my record label, which I make the graphic design for and where I also manage national and international ARDOR-showcases. It’s almost a full time job.

 

You produce and play almost only dark and melancholic music. Any particular reasons for that?

As I already said, I made already emotional and dark music in my youth. That’s my passion: Music with heart, mystic and suspense.

 

This year, a big release for you was your EP Mind The Black Moon on the fresh label ARDOR, which is ready to release soon an EP from Hush & Sleep, of whom we are big fans as well. Could you tell us more about this label?

I founded the label together with my business partner Benjamin Vogel this year. We planned this for over 2 years and this summer we finally launched ARDOR. After the first release which was produced by Maik Lusch, also known as Someone Outside, he also joined us and now he is also an inherent part of the Ardor-family. We didn’t expect such a great start and we still don’t realize the big support in the last months. Our schedule is already full till summer 2016 and we have a lot of outstanding material from very interesting new talents and well-known artists in the pipeline.

 

After this very productive year, is 2016 to be even more so? Do you have some projects or collaborations cooking?

I’ll release a few remixes on labels such as Click Recordings and Definition:Music. Also a second solo EP on Ardor is planned for next year and some collabs are already planned, too. There are also some unconfirmed things, but I don’t want to reveal too much.

 

One can only acknowledge the greatness of the german techno scene. We know amazing clubs over there like Heinz Gaul in Cologne. But we don’t know much about Essen or Dortmund. Could you describe us the local scene?

Cologne, Essen, Dortmund, Bochum and a few other cities are all part of the same area in Germany called NRW ( North Rhine-Westphalia). Our local Electronic Music scene is quite multifaceted and many clubs, like Heinz Gaul, Gewoelbe and Goethebunker, are really worth a visit. Of course we are not Berlin with such a huge selection of clubs and where you could go out 24/7 but our local underground club-culture continuously developed in the last years and I think we’re on a good way.

 

How did this environment influence your music?

That coined me a lot in the past, but last year I also recognized that sometimes it is better to fade out this environment and other people’s expectations in yourself to find an own manuscript for your music or any other kind of art. More space for creativity!

 

We have in France an ever growing techno culture as well. I think of some local artists that you actually play sometimes, and that we also interviewed: Julien Piacentino and Rafael Cerato. For what reasons are you fan of their work?

Techno has no nationality. If a track catches me with its mood or suspense, it doesn’t matter where an artist comes from. France had always really great artists. I’m a big fan of Laurent Garnier since I started listening to Techno for example. Anyway I’m a big fan of Julien’s work, which is why we signed a track of him for an ARDOR Various Artists EP which is due for release in spring 2016.

 

Have you ever played in France? Did you feel the public was different that the one you know in Germany?

Yes, I played in Montpellier two years ago. I stayed there for a couple of days and I really had a good time. Very friendly party crowd and promoters. In my opinion there are no big differences between the public’s apart from their both own mentality, but as I said I was there just for a single time. I hope to make it to France again in the near future.

 

How do you stand towards streaming? Do you share the same point of view of those who think it’s some kind of piracy?

I’m not a fan of all this streaming services, because the music is losing value more and more in the digital century. It’s not always easy to be creative, if you have to and it became very difficult to live of making music. But anyway I don’t think the streaming platforms are dangerous for the Electronic Music world, because our customers primarily consist of Djs and the most part of their users are no musicians. I mean, this topic is probably a bigger bone of contention for Major Labels and the more commercial industry. I hope the Independent Labels / Underground music business will be spared from that.

 

Have you ever played live?

Not yet. There is too much great music by other Artists, which I love to play. I think in one or two years it could be possible.

 

How meticulous are you when you prepare your acts? Do you just dive in and play it by ear according to the crowd or do you know exactly what kind of story you want to tell?

I have never prepared any set in my carrier before a gig. I think I would be bored a bit, because I need the challenge to pick the right records for the different situations in the night.

 

We can observe a magnificent regain of popularity for the real techno music. I think of Maxime Dangles or Tale Of Us for example, who used to play electro-deep house and play now a strong techno. And yet, their numbers of fans increase everyday. What do you think of this new era?

Well, I observed that with a lot of sub genres in the last 13 years. Trends come, trends go, but this kind of music is the essence of all. Techno in this form has a long history and in my view it will survive. I’m very happy that we have more quality and timeless music in the clubs again.

 

 

Quizz Express

 

Favorite artist?

Difficult to name only one, but I think Scuba.

 

Most played track in your iTunes?

Max_M & Wrong Assessment – 1004A

 

Favorite movie?

Requiem for a Dream

 

The craziest place you secretly dream to play at?

Burning Man

 

You can attend only one: pre-drinks or afterparty?

Afterhour!

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