Interview : Exos

Interview : Exos

Présent sur la scène techno depuis 1997, Exos a forgé sa légende grâce à des sorties sur des labels dont la réputation n’est plus à faire tels que Thule Records, Force Inc ou Trip. Alors qu’on avait plus entendu de nouvelles sorties du producteur islandais depuis 2005, celui-ci revient avec un tout nouvel EP, « Downgarden ». Fidèle à sa réputation, Arnvidur Snorrason balance une dub-techno pleine de groove et mystique. Nous avons pu discuter avec lui et il nous a avoué travailler sur un tout nouvel album, qui devrait arriver à l’automne.

 

English version below

 

Techno Cadeau : comment est arrivé ton intérêt pour la musique électronique, la dub techno en particulier ?

Exos : j’ai découvert quelques éléments techno dans la dance music ici et là. Quand j’écoutais Ongaku – Mihon #3 en 1992-1993, j’étais tout excité. J’ai découvert la dub techno plus tard, vers la fin 1995, le début 1996. Quand la techno commençait à aller de plus en plus loin. Je trouve que la dub techno convient parfaitement àl’Islande pour énormément de raisons : l’environnement, la nature et cela correspond parfaitement à notre ville.

 

Peux-tu nous parler de ton premier gros souvenir en écoutant de la techno ?

Quand j’avais 14 ans, j’ai écouté « Red 1 » de Dave Clarke. J’en garde un souvenir impérissable. Pour moi, 1994 représentait l’âge d’or de la techno. Joey Beltram faisait des titres qui sont restées des références. Sans oublier « The Waveform Transmission Vol. 3 » de Jeff Mills, qui était aussi un disque très important. L’année 1994 marque ma découverte de la techno comme d’un art de vivre.

 

Et alors ta première expérience en club. Tu nous racontes ?

C’était aussi en 1994. J’avais 14 ans et je me suis rendu à ma première rave. C’était dans le centre de Reykjavik dans un immeuble qui avait été fermé pendant quelques mois. Avec mes amis, nous sommes arrivés super tôt. La plupart des gens autour avaient dans les 20 ans. Tout était dans l’obscurité, il y avait seulement une petite lumière bleue en fonctionnement. C’était la toute première fois que je voyais des gens danser sur de la véritable techno. L’ambiance était tellement excitante ! Je me souviens entendre le DJ jouer le morceau « C.T.C » de Speedy Jack. C’était la première fois que j’entendais ce track et je suis tombé amoureux et ne peut plus m’en passer depuis. Quand la rave a pris de l’ampleur au fil de la soirée, un énorme groupe de policiers sont entrés et ont arrêtés la fête. Les gens étaient assez choqués et sont partis mais cela reste un très bon souvenir.

 

Ton tout nouvel EP « Downgarden » est ta première sortie en solo depuis 2005. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de faire ce retour ?

J’ai eu quelques sorties prévues en 2003-2004, avec mon label également. Malheureusement, le marché vinyle a plongé en 2005. La plupart des shops, des labels et des entreprises de distribution ont disparu même les plus grands. Beaucoup de choses ont changé dans la culture techno à l’époque. Le marché digital a pris la suite et beaucoup d’artistes ont pris une pause pour se concentrer sur des choses différentes. De mon côté, j’ai commencé à faire plus de Djing au lieu de sortir de la musique.

 

 

Cependant, « Downgarden » est, comme tes précédents travaux, plein de groove avec des parties très atmosphériques. Quel était ton état d’esprit au moment de la composition ?

Chaque morceau de l’EP ont une histoire différente. Le track « Downgarden » est assurément un morceau pour l’hiver, quand le temps pousse les gens à bouger d’un endroit à l’autre à cause de la neige. Le morceau « Ormus » tourne autour d’un liquide monoatomique d’or qui active la glande pinéale avec des effets spirituels intéressants. Quant au track « The Heilaga Threnning », il est dédié à moi et deux autres personnes très spéciales que j’ai rencontrées et avec lesquelles j’ai passé d’excellents moments.

 

Mais alors pourquoi avoir choisi le titre « Downgarden » pour lier tout ça ?

En fait, Downgarden est un endroit secret, un de mes endroits favoris, dans lequel j’adore me rendre. J’y vais très régulièrement pour garder mon équilibre.

 

« Downgarden » marque une nouvelle étape dans la vie du label Thule Records. Depuis la ré-ouverture du label en 2013, c’est la première nouvelle sortie (ndlr : il y a eu beaucoup de re-releases de disques déjà sortis sur le label). C’est le début d’une nouvelle aventure encore plus vertigineuse pour le label ?

Thule a toujours été l’histoire d’un groupe d’artistes qui sont tous connectés les uns aux autres grâce à la musique. Il apparaît que nous sommes également tous de très bons amis. Certains de mes meilleurs amis sont sur le label, même mon père a sorti de la musique sur Thule. Nous sommes en train de sortir les anciens disques rares du label mais on est aussi en train de sortir du nouveau matériel avec Ohm et Octal Industries, Nonnimal et Waage. Ce sont nos nouveaux héros. On peut voir Thule comme un mélange entre les vieux artistes et les plus récents, qui souhaitent voir le label et la famille continuer leur route.

 

Est-ce que tu penses à faire un nouveau LP ? Quelle serait l’idée derrière celui-ci ?

Je suis effectivement en train de préparer un long-format, qui devrait sortir pour l’hiver. C’est très profond et ça sera une bonne continuation de mon album « My Home Is Sonic », qui est sorti en 2001.

 

« Il y a quand même une certaine rareté et un son assez spécial en Islande. Comme le son de Bjarki, qui est totalement unique. »

 

Avec quel matériel tu composes ?

Toute sorte de choses. J’enregistre des sons à partir de matériel analogique, j’utilise des synthés. Et j’ai gardé mon vieux matériel que j’utilise toujours après autant d’années.

 

Tu as des sources d’inspiration en particulier ? Un voyage en nature ?

J’adore venir au parc national en Islande, il s’appelle le « ÞIngvellir ». Cela me donne toujours une bonne dose d’inspiration avec laquelle je peux travailler.

 

Tu travailles beaucoup avec Nina Kraviz sur le label Trip. Comment en êtes-vous venus à cette collaboration ?

J’étais très intéressé par ses performances en DJ Set. Elle a toujours fait des sélections osées et rares et elle était une de mes DJs préférées. Il y a deux ans, elle m’a contacté pour faire une collaboration. Elle m’a dit qu’un de ces disques favoris était mon EP « Grasshunter ». C’était sorti sur le label Plast Trax en 1998. Elle m’a avoué que ce disque avait eu une influence dans ses plus jeunes années. Elle voulait ressortir un morceau de l’EP sur son label Trip et quand elle est venue en Islande, on est allé ensemble en studio et on a fait un morceau ensemble.

 

On dirait quand même que Nina a un lien à part avec les artistes islandais. Tu sais pourquoi ?

Nina a une vraie connexion avec l’Islande, elle adore ce pays. En fait, elle a été très influencée par la musique électronique islandaise il y a quelques années. Il y a quand même une certaine rareté et un son assez spécial en Islande. Comme le son de Bjarki, qui est totalement unique, ou même le son des nouveaux artistes sur Thule.

 

 

A la fin du mois de juin vous allez joué en B2B avec Nina Kraviz à l’Awakenings. On peut s’attendre quoi ?

On a déjà fait des sets en duo avant. A la Fabric, au Robert Johnson ou à Concrete. A chaque fois, c’est plein d’énergie, d’excitation et de surprise. Après, je vous conseille simplement de prévoir l’imprévisible, attendez-vous à des surprises. C’est ça qui fait le Djing est intéressant.

 

Justement tu nous parles de Concrete. Tu y as joué en janvier 2016 avec le label Trip. Comment c’était ?

J’ai joué deux fois à deux horaires différents en fait. D’abord j’ai fait un set de 10h du matin à 13h et ensuite je suis revenu derrière les platines à minuit pour faire ce fameux B2B avec Nina Kraviz. C’était un sacré voyage ! (ndlr : il fait le jeu de mot avec le nom du label trip qui signifie voyage en français.)

 

« Je pense que la France a la meilleure scène techno du monde en ce moment. »

 

Plus généralement, quelle est ta relation avec la France ? Il y a des artistes que tu souhaites mettre en avant ?

Je pense que la France a la meilleure scène techno du monde en ce moment. Il y a énormément de choses positives qui se passent un peu partout dans le pays. J’adore le son que mettent en avant des artistes comme Francois X, Shlømo ou Antigone pour en citer quelques-uns.

 

Que peut-on attendre des prochains mois te concernant ?

Je suis en train de créer un label pour cet automne avec de la musique variée sans véritable ligne directrice. Il y aura de tout entre techno, house et ambient. De la musique islandaise pour la plupart. Sinon j’ai des collaborations, avec Ohm notamment, un nouvel EP en solo et de la nouvelle musique venant de l’artiste en forme du moment : Nonnimal.

 

 

Quiz express

 

Vinyl ou digital ? Les deux.

 

Live ou DJ Set ? Faire du DJing sur un live

 

Before ou after ? Toujours l’after.

 

Si tu pouvais jouer un B2B avec n’importe qui ? ? Jimi Hendrix, pour lui montrer comment faire.

 

Le dernier livre que tu as lu ? The birthday book

 

La dernière série que tu as vue ? Moomin Elfs

 

Un morceau qui ne te quitte jamais ? Joey Beltram – The Start Is Up

 

 

Le Bonheur le plus simple, c’est ? Quand je vois le monde sourire. Et aussi de la bonne bouffe.

 

Romain Conversin

 

————————–

 

English version

 

How did take an interest in techno music? Dub techno in particular?

I noticed some Techno elements in dance music here and there but when i heard
Ongaku – Mihon #3 in 1992-93 i was stoked. I discovered dub techno late 1995, early 1996.
When techno was going deeper. dub techno fits with Iceland for so many reasons. The environment, the nature and it fits with our city just perfectly.

 

Can you tell us your first big memories about you listening to techno?

I was 14 when i heard Dave Clarke – Red 1.  That was quite memorable. For me, this was the golden age of techno in 1994. Joey Beltram was also a very memorable at this time. “The waveform transmission vol 3” by Jeff Mills was also important record at this year. 1994 was the year for me were i discovered techno as the way of life.

 

What was your first experience in club?

It was 1994, when i was 14 i went to my first rave. It was in the center of Reykjavik, in a building which was closed for some months. Me and my friend, we were there very early. Most people were around 20 years old, the location was pitch black and there was only one blue strobe light in use. This was the first time I really saw people dance to real techno music. The vibe was very exciting and the Dj was playing « Speedy Jack – C.T.C.” I was hearing this track for the first time and fell in love with that track ever since. When the rave was getting on a higher level a big group of policemen burst in and stopped everything. People were shocked and left. But it was a great memory.

 

Your new EP, “Downgarden” is your first full solo release since 2005. Why did you decided to wait so long to make a “come back”?

I had some releases lined up in 2003 -2004, Including my label at that time. Unfortunately the vinyl market went under in 2005. Record stores, distributions and labels stopped or went out of business. Even the big ones. A lot of things changed in the Techno culture at that time. The digital market took over.. A lot of artists took a break and focused on other things. So I began to dj more instead releasing music.

 

As usual Downgarden is full of groove with some atmospheric parts. Can you tell us what your state of mind was when you compose theses tracks?



The tracks all have a different stories, The Downgarden track is definitely a winter track where the Icelandic weather is making people having a hard time going from place to place because of  snow. The Ormus track is about a Monoatomic Gold liquid that activates the pineal gland with some nice spiritual effects.  The Heilaga threnning track is dedicated to me and two other very special people who I meet and spent my favorite moments with.

 

Why did you decide to name your EP “Downgarden”?

Downgarden is a secret place and one of my favorite places to visit. I go there allot to maintain balance.

 

“Downgarden” is a new step for Thule Records because since the reopening of the label, it’s the first real new release, right? Is this the beginning of something even bigger for the label and for you?



Thule has always been a group of artists who are all connected musically and turn out to be very good and strong friends. Some of my best friends are on the label. Even my father has released music on Thule. We are releasing the good rare Thule releases and we are also releasing a new one with Ohm and Octal industries, Nonnimal and Waage. Our new heroes. So its a blend of the old and new artists who will keep the label and the family going.

 

Is the idea of a new LP is in your mind? Do you have any leads about it?

I am preparing an minimal ambient album for the Winter. It’s very deep and is a good continuation from my album “My Home Is Sonic” which came out in 2001.

 

With what kind of material do you compose?

All kinds of things. I record sounds, I record sounds from analog gear, I use soft synths and I connected my old set up which I used when I was making music back in the day.

 

Have you some keys to find inspiration? A trip in nature maybe?

I love going to the national park here in Iceland called « ÞIngvellir ». It always gives me a great inspiration to work with.

 

You’ve worked recently with Nina Kraviz and her label Trip. Can you tell us how did you guys met each other and why did you decide to begin to work together?



I was really interested in her dj sets. This rare selection was a mystery to me and she was definitely one of my favorite djs. So 2 years ago she contacted me and wanted to do some collab. She told me that one of her favorite records was my old ep called « Grasshunter « . It was released on Plast Trax records in 1998. That record had a great influence on her back in the day. She wanted to re release the track on her label, Trip and When she came to Iceland we went together to the studio and made a track together.

 

It seems like she have a strong interest in artists coming from Iceland. Do you know why?

Nina has a really strong connection with Iceland and loves it a lot. She was very influenced of electronic music coming from Iceland many years ago. This rare specialty of the Icelandic sound is coming up strong. Like Bjarki´s sound is totally unique and the new artists on Thule records are truly amazing.

 

In end of June, you’re gonna play with Nina in Awakenings. What can we expect?

We have done some back to back sets before, Fabric, Robert Johnson, Concrete, etc etc and they are full of energy, excitement and surprises. Expect the unexpected. Expect surprises. Thats what makes the djing interesting.

 

What is your relationship with France? Are there some French artists you want to talk about?

I think France has the best techno scene in the world at the moment. There are a lot of positive things going on regarding Techno in all cities of France. I love the sound of Francois X, Shlømo and Antigone to name a few.

 

You’ve make a performance in Concrete, Paris in January 2016 with Trip’s label. How was this party for you?

The party was sceduled in a bit different time frame. I played 2 times. The first was from 10 in the morning til 13.00. And then again at midnight when i did back to back with Nina. It was a hell of a Trip.

 

What can we expect for the future? Some new releases are coming?

I am starting a label this Autumn with random music and no direction. Everything from House, Techno to ambient. Mostly icelandic music. I have a collab, Exos and Ohm, another ep from me which is harder this time and new music from my favorite artists at the moment, Nonnimal.

 

 

Quiz express

 

Vinyl or digital? Both

 

Live or DJ Set? Djng the liveset

 

Predrinks or afterparty? Always the Afterparty

 

If you can play a B2B with one person, who would that be? Jimi Hendrix, to show him how to do it.

 

The last book you’ve read? The birthday book

 

The last TV show you’ve seen? Moomin elfs

 

The track which absolutely never leaves you? Joey Beltram – Start up

 

The simpliest thing which help you to be happy? When i see the world smiling. And of course, healthy food

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *