Interview : Greg Gow

Interview : Greg Gow

Greg Gow roule sa bosse depuis quelques années dans le paysage de la house et il fait partie des fers de lance de la scène canadienne. Influencé par les sonorités des pionners des années 1990, le producteur a fait ses armes sur plusieurs labels de renom tels que KMS, ou Systematic Recordings. En 2001, il a d’ailleurs créé son propre label, Restructured, qui s’est imposé comme une des meilleures structures de la house des années 2000. Ce que l’on sait moins, c’est que le Canadien est un fan invétéré de Laurent Garnier et qu’il voit la musique électronique d’un très bon oeil. Pourtant, il n’a encore jamais eu l’occasion de jouer en France.

 

english version below

 

On connaît une véritable renaissance de la scène house en Europe. Le magazine Trax a d’ailleurs sorti un numéro spécial sur le sujet récemment. Que penses-tu de cette vitalité retrouvée de la house ?

C’est une très bonne chose de voir cela. J’espère que cela va aussi permettre à beaucoup de gens de faire leurs propres recherches pour aller voir comment ce style est né et étudier les origines.

 

Le même mouvement est-il perceptible en Amérique du Nord ?

Je ne peux pas dire qu’il y a une renaissance en Amérique du Nord mais il y a une scène relativement forte que ce soit aux Etats-Unis ou au Canada. Pour en nommer que quelques-uns, on a des festivals comme le BEMF à Brooklyn, le Movement à Détroit ou le Mutek à Montréal. De plus, il y a énormément de très bons clubs qui mettent l’accent sur les musiques underground.

 

Quand on écoute tes sons, on se retrouve complètement dans les années 90 avec un très bon groove et quelques effets mélancoliques et taillés pour le dancefloor. Parle nous un peu de tes influences.

Mes influences sont doubles. D’abord, il y a mes nombreuses sorties dans les événements undergrounds de Détroit dans les années 90. J’ai pu y voir des artistes comme Robert Hood, Kevin Saunderson, Derrick May et Laurent Garnier. Ensuite, c’est, encore aujourd’hui, voir des DJs jouer dans des soirées à Toronto, notamment Masters at Work, Dave Clarke ou Adam Beyer. Sans oublier ma participation à une émission radio à la fac qui était appelée The Rhythm Method sur CHRY (ndlr : une radio house au Canada). On y jouait des disques house et garage.

 

Quel est ton objectif quand tu composes ? Faire danser les gens en premier lieu ?

Tout d’abord, il faut que quelque chose m’inspire. Je ne fais pas des morceaux juste pour faire des morceaux. En même temps, j’essaie de faire des sons avec des éléments soul et avec un sentiment. Si le titre a un bon groove, c’est forcément un plus. La plupart du temps, je pars sur des morceaux dits « 4-to-the-floor » (ndlr : destinés à faire danser), mais j’ai un album qui va arriver sur le label Social Experiment, où j’ai décidé d’emmener les choses vers un côté plus deep avec même quelques tracks ambient.

 

 

J’ai lu que tu étais un très grand fan du label F-Communications, ancien label de Laurent Garnier. Tu peux nous en dire plus ?

Oh que oui ! Laurent est un de mes héros, une véritable inspiration depuis de longues années. A mon avis, sa musique dégage une véritable passion, car il joue avec son cœur et il excelle dans l’art de mixer à la fois des titres house et techno. C’est vraiment impressionnant. J’ai d’ailleurs eu la chance de jouer avec lui à plusieurs reprises à Toronto. La dernière fois, c’était il y a un an et demi au Coda.

 

Il y a d’autres artistes français que tu voudrais mettre en avant ?

En France, ils produisent vraiment une des meilleures techno mélodique du monde. Je pense notamment à des artistes comme Mason Rubinstein, Laurent Maldo & Jules Wells et Marst. J’ai d’ailleurs pu sortir des morceaux de Rubinstein ou de Maldo & Wells sur mon label Restructured. D’ailleurs un des derniers EPs de mon label a été composé par Mason Rubinstein. Il est sorti en décembre dernier et a été longtemps défendu par Laurent Garnier.

 

On le disait, on voit une renaissance house en Europe. Il y a peu, c’était la techno qui revenait en force. A ton avis, que nous réserve la suite ?

Je ne suis pas sûr. Du moment que l’EDM meurt complètement et dès maintenant s’il vous plait haha. Plus sérieusement, je pense que la techno va continuer à grandir. Il y aura forcément des petits virages sur ce style précis mais j’espère simplement qu’on restera proche des racines. Il ne faut pas que la techno soit diluée.

 

« La musique de Laurent Garnier dégage une véritable passion, car il joue avec son coeur »

Cela tombe bien que tu parles de l’EDM. Dans une interview à When We Dip que l’EDM était un vrai désastre. Soit, je suis complètement d’accord. Mais la house n’est-elle pas un oasis de tolérance ?

Je pense que la house est très bien du moment que les artistes prennent le temps de faire de la bonne musique et ça s’applique à tous les genres musicaux. Excepté l’EDM.

 

En France, on ne sait pas trop comment est développée la musique électronique au Canada. Tu nous racontes ?

Au Canada, on a deux mondes différents. D’abord l’underground, avec un public qui vient pour la musique et qui est à la recherche d’expérience musicale et qui veut simplement danser. On a de bons clubs comme le Coda ou le Nest à Toronto, le Stereo à Montréal ou des festivals comme l’Electric Island à Toronto, le Piknic Electronique de Montréal ou le Meme Festival à Winnipeg. On a aussi des clowns qui vont dans des événements commerciaux et qui se foutent complètement de la musique. Ils veulent simplement leurs photos avec des meufs sur Facebook et prendre des bouteilles…

 

 

Quiz express

Si tu pouvais jouer un B2B avec n’importe qui ?

Hum, match nul entre Laurent Garnier et Derrick May, j’ai déjà joué avec les deux. Ils ont tous les deux eu une influence énorme sur ma musique. Ils ont vraiment un son unique.

 

Le dernier film que tu as vu ?

Bad Santa 2

 

Le dernier livre que tu as lu ?

Hum… Je ne suis pas un grand fan de lecture. Peut-être un manuel pour programmer une Roland TB 03 haha. Je préfère regarder Youtube.

 

La dernière série ?

The Walking Dead, excellent !

 

Le morceau qui te suit cette année ?

Oh, c’est compliqué d’en sortir qu’une seule. Bon c’est peut-être vieux, mais je suis toujours emporté par le morceau Dali’s Madness de Laurent Maldo et Jules Wells, sorti sur KMS.

 

Le morceau qui ne te quitte jamais ?

Je vais t’en donner trois : « Acid Eiffel » de Laurent Garnier, « Can You Feel It » de Mr. Fingers et « Groove La Chord » de Aril Brikha.

 

 

Un endroit dans lequel tu rêves de jouer ?

Le Rex Club à Paris. Je n’ai jamais joué en France, donc j’ai vraiment envie d’y tâter les platines. La Concrete, ça me tente aussi. J’aimerai aussi jouer à Barcelone.

 

 

english version

 

There is a big revival of House music in Europe. A French magazine has made a special issue about house this month. What do you think of this house vitality?

It is great that there is a revival of house music. Hopefully, more people will get in touch with the roots of where it started and what it is about.

 

Is this the same thing in North America?

I would not say there are any revivals in North America, but there are strong scenes in the US and Canada. We have Festivals such as BEMF in Brooklyn (US) and Movement in Detroit, plus Mutek in Montreal to mention a few. Plus lots of great venues which focus on the Underground scene.

 

When we listen to your sound we are totally left out in 90’s with a big groove and some melancholic dancing effect. What are your influences?

My influences are two-fold. First, going to lots of underground events in Detroit back in the late 90’s where I was exposed to artists like Robert Hood, Kevin Saunderson, Derrick May, and Laurent Garnier. Then, seeing many DJs at events in Toronto from Masters at Work, to Dave Clarke and Adam Beyer. As well, I was part of a College Radio show with Mitch Winthrop called The Rhythm Method on CHRY back in the mid-nineties where we played house and garage records.

 

What is your main goal when you are composing? To make people dance?

Well first off, I need to be inspired by something, I am not just making tracks for the purpose of making tracks. As well, I try to make music that has an element of soul and a feeling, plus has a nice groove. For the most part, I have made 4- to-the-floor tracks but I have an album upcoming on Social Experiment where I take things slightly deeper and even do some Ambient tracks.

 

I’ve read that you was a big fan of F-Communications, former Laurent Garnier’s label. Can you tell us more about that?

Oh yes! Laurent is one of my long time heroes and a true inspiration. In my opinion, his music is so passionate, he plays from the heart and mixes it up between house and techno. Absolutely sick!

 

Do you have met him?

Yes, as a matter of fact I have. I’ve met him on several occasions. Plus I had the honour of playing alongside with him several times in Toronto. Last time was about year and half ago at Coda.

 

How about other French artists, do you want to speak about some of them?

In terms of French artists – especially from France- they are producing some of the best melodic techno in the world. People such as Mason Rubinstein and Laurent Maldo & Jules Wells and Marst. I have been fortunate to put out music from Rubinstein, Maldo and Wells in this past year on my own label, Restructured. In fact, the next EP on my label is by Mason Rubinstein out late December 2016 called Greater Than Ourselves, which Laurent GarnIer has been supporting for several months.

 

We’ve seen a big revival of techno in 2010, then house is coming back in the charts. What’s coming next?

Not sure, as long as EDM just fucking dies and Now Already Please lol!! Honestly, I think techno is going to keep coming. There will be some twists to it but I just hope it stays to the roots and does not get diluted.

 

You’ve told in When We Dip’s interview that EDM was a fucking disaster. I totally agree with you, but house music isn’t a style of tolerance?

Again, House, is great as long as the artists take the time to make good music. That applies to any genre to be honest, minus EDM.

 

In France we don’t really know how electronic music works in Canada. Can you tell us how is the scene?

The scene in Canada is composed really of two worlds. Underground, with people coming for the music who want to dance and experience music. We have some great Clubs such Coda (Toronto), Nest (Toronto), Stereo (Montreal), and Festivals such as Electric Island (Toronto) and Piknic Electronique (Montreal) Meme Festival (Winnipeg) or we have some clowns that go to more commercial events who don’t really care about the music and want their picture on FB with some chick and have great bottle service.

 

 

Quiz express

If you can play a B2B with one person (dead or currently living) who would that be? Why?

Well It’s a tie between Derrick May and Laurent Garnier (I have actually played with both.) Because these people have been the biggest influence on my music. And always bring the good shit :) Plus they are truly unique and do there own thing.

 

The last movie you’ve seen?

Bad Santa 2

 

The last book you’ve red?

Meh. not big on reading books. If it was a Manual on programming a Roland TB 03, maybe. (LOL)

I would rather watch Youtube.

 

The last TV show you’ve seen?

Walking Dead – too dope.

 

The track of 2015/2016?

Geez that is a hard one even though its a bit older I am still smashing Laurent Maldo and Jules Wells’ Dali’s Madness on KMS.

 

The track which absolutely never leaves you?

Acid Eiffel by Laurent Garnier or Mr. Fingers – Can You Feel it and Aril Brikha – Groove La Chord

 

A place where you dream to play one day? (a club or a place which have never host gig)

Rex Club in Paris (I have never played in France so Rex Club or France), Concrete in Paris or Barcelona.

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