Interview : Justin Robertson

Interview : Justin Robertson

Depuis plusieurs décennies, Justin Robertson marque de son empreinte la scène électronique mondiale. Basé à Londres, le DJ a sorti un nombre incalculable de disques sous différents alias. Son amour pour la musique lui permet de continuer à toujours repousser les frontières même s’il a connu des périodes plus compliquées. Si on le catégorise souvent comme une véritable légende de la musique, le DJ britannique refuse de se voir comme tel et veut voir vers l’avant. Il nous a accordé un entretien, dans lequel on est revenu sur sa carrière. Avec humour et honnêteté, il a répondu à nos nombreuses questions.

 

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Techno Cadeau : tu es souvent placé dans la catégorie des légendes de la musique. Comment tu réagis à tout ça ?

Justin Robertson : (rires) Je ne sais pas ? C’est toujours très sympa de voir que les gens ont aimé ce que j’ai fait dans le passé et valorisent ce travail. J’espère que le public continuera à écouter ce que je fais dans le futur aussi. Personnellement, j’essaie toujours de regarder devant moi tout en prenant des touches d’inspiration dans le passé. Mais je ne veux pas être vu comme un vieux fossile poussiéreux.

 

Etre vu comme une légende, ce n’est pas quelque chose que tu portes comme un fardeau ?

Non, ce n’est pas un fardeau car tu dois toujours rester « frais » pour éviter de stagner ou d’être hors sujet. Je suis un très grand fan de musique, c’est ma force principale. Cependant, je ne suis pas dans la volonté d’être adulé ou de connaître la vraie gloire. Quand j’ai commencé à être DJ, ce n’était pas vraiment vu comme un choix de carrière intéressant. Les DJs étaient des nerds solitaires, qui s’asseyaient dans leur coin pendant les soirées. On étaient vus comme des gens, qui jouaient une musique bizarre.

 

Tu as aussi la chance de ne pas être une popstar, qui ne peut pas sortir de chez elle sans être accostée par des fans. Tu as cependant des anecdotes marrantes sur certains moments de ta vie où tu as eu affaire à des fans ?

Je n’ai jamais eu ce côté-là de la gloire et je ne pense pas que ça me plairait. Cela doit être bizarre de vivre ta vie en te faisant constamment scruter par le public. Surtout aujourd’hui avec l’avènement d’internet où tous tes mouvements peuvent être épiés et faire parler d’eux. En fait, je dois dire que je suis plutôt timide, même si je m’habille comme quelqu’un qui ne l’est pas du tout ! Je me rappelle cependant avoir été reconnu au cimetière du Père Lachaise une fois. C’était un peu bizarre d’ailleurs. Si je me souviens bien, je cherchais la tombe de Marcel Proust.

 

Cela fait une bonne vingtaine d’années que tu es actif sur la scène musicale. Tu ne ressens jamais une certaine forme de lassitude ?

C’est un très bon choix de vocabulaire ! Je dirais que j’ai eu mes hauts et mes bas, c’est le showbiz, je pense. Il y a eu des moments où je me suis senti complètement déconnecté. Heureusement, ces moments sont vraiment rares et ils ne sont jamais dûs à une perte d’enthousiasme. C’est juste que par moment, les sons, les plus répandus ne me correspondent pas. J’ai connu ça dans le milieu des années 2000, la période noisy ne me plaisait pas du tout. J’ai passé beaucoup de temps à tenter de rafraîchir mon son, c’est pour cela que j’ai commencé à travailler sur mon projet Deadstock. Mais sinon, non, je ne suis jamais fatigué par la musique, jamais ! J’adore partir à la chasse de nouveaux sons, et j’apprécie beaucoup être remis en selle en réécoutant des vieux disques. Aujourd’hui, il y a une période tellement excitante que je suis plein d’énergie. Je suis infatigable et je dois toujours faire quelque chose. Que ce soit écrire, peindre ou faire de la musique.

 

 

Plus précisément, comment parviens-tu à surpasser ces moments difficiles ?

C’est un peu l’épicentre de la personne que je suis, c’est en mon cœur. J’ai toujours réussi à séparer cela du reste de ma vie. En fait, si je ne fais rien, je deviens vite dépressif. J’aime beaucoup m’immerger dans de nouveaux sons. Creuser pour découvrir de nouveaux sons, partager des informations font partie de mes passions. On vit dans une période en or pour la musique et il y a beaucoup de points positifs. Il serait terrible d’être blasé alors qu’il y a énormément de très bons morceaux, qui sont produits tous les jours et il m’en reste beaucoup à découvrir. Je pense aussi qu’une bonne dose d’auto-critique est nécessaire, cela signifie qu’il est toujours possible de s’améliorer et de faire progresser la musique que l’on fabrique. Il est aussi important de donner une touche de fraîcheur à la musique que tu vas jouer dans les clubs. Alors bien sûr, ce ne sera pas toujours un succès, parfois la concentration peut faire défaut ou la fatigue peut te submerger mais c’est l’amour pour la musique et le partage de cette passion, qui permet de maintenir le cap.

 

Comment tu parviens à toujours créer quelque chose de différent avec ta musique ?

Le fait d’être infatigable ! Ça, et une dose saine de schizophrénie. Je suis toujours en train d’écouter quelque chose et je me dis : « c’est la meilleure chose que j’ai jamais entendue ! ». Je veux que ma musique brille comme cela. Quand je commence à faire des morceaux, je n’ai pas de plan en tête. Je me laisse entraîner là où le son est censé me mener. J’ai toujours plein d’inspirations diverses qui me viennent en tête. Je ne veux surtout pas prévoir le chemin que ma musique va prendre, je déteste calculer de cette façon. Même quand j’ai essayé de prévoir quelque chose, je parviens toujours à saboter mon propre plan.

 

Tout au long de ta carrière, tu as multiplié différents projets avec de nombreux alias. Tu vois cela comme une façon de combattre une certaine forme de monotonie ?

C’est très éloigné du fait d’éviter de devenir une marchandise. Il y a cette vieille idée situationniste de la « Société du Spectacle », sauf qu’avec internet, on s’est marchandisés tout seuls. Je pense que j’utilise des alias comme un moyen d’être libre. Cela te donne une certaine liberté pour changer et éviter de te faire avoir. J’ai fait une interview récemment sur une radio italienne et ils disaient que c’était difficile de catégoriser ce que je faisais pour pouvoir le mettre sur le hashtag de l’émission. Et je me suis dit « excellent », c’est exactement ce que j’espère faire avec ma musique.

 

« Les artistes sont à la pointe d’une nouvelle économie et nous sommes à peine en train d’essayer de voir comment on peut faire fonctionner cela de manière optimale, mais je suis plutôt optimiste sur le fait qu’on parviendra à trouver le bon chemin. »

 

Pendant ta carrière, tu as été aux premiers rangs pour observer les changements dans l’industrie musicale et par rapport à la consommation du son. Tu en penses quoi ?

C’est une chose à double tranchant, vraiment… Aujourd’hui, c’est très compliqué de vivre de la musique. C’est dur d’amener des gens à acheter ta musique. Mais attention, je ne suis pas un fan du capitalisme, ou en tout cas, de la façon dont l’industrie musicale traite ses clients et les artistes depuis des années. Nous avons besoin de trouver des moyens pour que les gens puissent vivre de manière honnête jusqu’à ce que la révolution arrive. Les artistes sont à la pointe d’une nouvelle économie et nous sommes à peine en train d’essayer de voir comment on peut faire fonctionner cela de manière optimale, mais je suis plutôt optimiste sur le fait qu’on parviendra à trouver le bon chemin. On a notamment vu une belle remontée dans la vente de vinyle et les gens aiment les beaux objets, c’est très positif. Cependant, on peut aussi voir les grands du business parier sur la montée du vinyle aussi, ce qui entraîne un embouteillage dans les usines de productions et cela leur permet de dicter leurs conditions aux plus petites structures. Aux barricades mes amis !

 

Tu n’es donc pas vraiment comme certaines personnes, qui pensent constamment que c’était mieux avant ?

Absolument pas ! Nous vivons dans une société conduite par la nostalgie,  c’est terrible et malsain. Nous ne devons pas rester bloqués dans cette boucle sans fin. Le changement est un facteur inévitable dans la vie et nous devons l’accueillir positivement. Je pense que ce sentiment vient de ces algorithmes qui te rappellent les choses que tu as faites, les choses que tu as achetées, les gens et les endroits que tu as vus, toujours au passé. Tu peux donc être compris et maîtrisé grâce à tes choix passés. C’est comme cela que le marketing sur internet fonctionne et c’est un excellent moyen de contrôle social.

 

Tu as dit dans une interview à DMC que tu avais vraiment apprécié l’Iboat à Bordeaux. Tu peux développer ? Qu’est-ce que cet endroit a de si spécial selon toi ?

C’est un super endroit. Je pense que j’adore les fêtes sur les bateaux, ça doit être une sorte d’instinct primaire que d’apprécier être proche de l’eau. L’Iboat possède une atmosphère très chaleureuse et une énergie à part. Et puis prendre du plaisir ensemble dans les entrailles d’un bateau, comment ne pas aimer ?

 

 

Quelle est ta relation avec la France ?

J’ai toujours aimé ce pays. J’y joue depuis les années 90. J’ai eu une résidence à Lille pendant un moment. Sans oublier le fait qu’on puisse trouver de la bonne nourriture, du vin et des habits en abondance, c’est parfait. J’apprécie aussi beaucoup les philosophes. J’ai étudié la philosophie à l’université et je suis très attaché aux réflexions de certains penseurs français. Je les trouve beaucoup plus cool que les mecs plus dans l’analyse et je les trouve donc généralement plus drôles.

 

Quels artistes français tu places dans ton top ?

J’aime beaucoup mes amis Mondowski, Ivan Smagghe et Morgan Hammer, qui sont dans la même agence que moi. Sinon, je m’intéresse beaucoup à la musique de Crackboy, Black Zone Myth Chant, Nicolas Motte, Vox Low, Jennifer Cardini, Club Bizarre, I’m a Cliché, La dame noire, Monoblok, Jean Nipon, Zombie Zombie… Voilà pour ceux qui me viennent en tête, je suis sûr qu’il y en a beaucoup d’autres. Souvent, je n’ai strictement aucune idée du pays d’origine des artistes…

 

On parle beaucoup de Berlin ou de Paris aujourd’hui comme des endroits très vivants sur la scène électronique en Europe. Bizarrement, on n’évoque que très peu souvent Londres et le Royaume-Unis en général. Tu nous en parles un peu ?

Il y a beaucoup de choses très undergrounds et parfois illégales en fait, mais il y a aussi Fabric qui organise des soirées avec des line-up intéressants, tout comme XOYO, Village Underground, Oval Space, etc. Il y a beaucoup de choses intéressantes mais on manque d’un espace type Berghain. La ville de Londres est opprimée par les riches et les promoteurs immobiliers sans scrupule. La ville en tant que telle vit donc des jours difficiles. Beaucoup de gens créatifs sont expulsés hors de la ville à cause du coût de la vie. La cupidité du capitalisme sauvage est en train de virer la créativité, voire de la nettoyer, en oubliant complètement les raisons qui ont fait que Londres était une bonne ville, qui attirait beaucoup de gens. Mais encore une fois, je suis optimiste, les gens trouveront un moyen de combattre cela.

Si on évoque l’extérieur de Londres, il y a aussi des endroits superbes comme le 303 à Liverpool, Hidden and Warehouse project à Manchester et d’autres que je pourrais citer. Cependant, ce mouvement n’a pas le même degré d’acceptation en Angleterre que dans le reste de l’Europe. Je blâme l’handbag house ! Peut-être avons-nous besoin de penser plus comme les Berlinois pour avoir nos clubs ouverts plus longtemps sans pour autant se mettre la tête à l’envers pour en profiter. Nous avons juste besoin d’être un peu plus détendu sur le sujet. La scène est pourtant fabuleuse. Je pense qu’à certains moments, la presse et le gouvernement veulent mener la vie dure aux clubs de musiques électroniques en diffusant des histoires, qui font peur et en mettant la pression sur le système de licence. Ils n’aiment pas que de jeunes gens dérangent les riches banquiers, qui ont colonisé l’intérieur de la ville. Mais on encaisse et on continue. La scène ne manque pas d’idées !

 

« Peut-être qu’au Royaume-Unis, nous avons besoin de penser plus comme les Berlinois pour avoir nos clubs ouverts plus longtemps sans pour autant se mettre la tête à l’envers pour en profiter. »

 

Parlons un peu de Daniel Avery. Tu peux nous raconter comment se sont passé les premiers contacts avec lui ? Pourquoi avoir décidés de travailler ensemble ?

C’est un homme très bien et un excellent ami. Je pense que nous gravitons autour l’un de l’autre parce qu’on partage un regard similaire sur la musique, même si nos deux styles sont subtilement différents. C’est simple avec lui, on s’assoit dans mon studio, on écoute quelques enregistrements de psych garage punk un peu fous, on va manger, on enregistre quelques sons sur machines, c’est assez fun. On est actuellement en train de travailler sur quelque chose de plutôt nouveau et de différent… Cela va bientôt sortir, ce n’est pas très axé dancefloor mais c’est assez fascinant.

 

Tu as sorti un EP de remix « Metal Taste/Bajo La Luna » ce mois-ci sous l’alias Deadstock 33s. Comment as-tu choisi tes remixers ? On peut y retrouver Oliver Deutschmann notamment…

Je me suis assis à une table avec le label (ndlr : Skint Records) et on a décidé qu’on voulait des gens de qualité, qui pourront apposer leur patte personnelle à la musique. Je ne voulais pas du tout choisir des gens, qui nous auraient permis d’atteindre le top 10 de Beatport. L’important était de trouver des gens que j’admire, qui n’avait pas peur de modifier les morceaux pour faire leur truc. Je pense qu’ils ont fait un super travail.

 

C’est quoi la suite pour toi ?

J’ai une exposition d’art en juin : 50 nouvelles pièces avec une bande son et un livre, je suis donc très occupé pour réussir à finir d’organiser tout ça. J’ai aussi lancé le projet d’un album sous l’alias Deadstock 33s, et j’ai également fait quelques remix pour Andrew Weatherall, Bryan Ferry, DJ Rocca et Gemini Brothers. Et aussi, j’écris une nouvelle.

 

Il y a quelque chose que tu rêves de faire et que tu n’as pas encore accompli ?

Finir le livre que je suis en train d’écrire et je n’ai toujours pas appris à conduire.

 

 

Quiz express

 

Vinyle ou digital ?

Les deux.

 

Live ou DJ Set ?

J’adore les DJ set. J’ai été dans un groupe en première ligne en chantant, je ne suis pas sûr que ça soit pour moi.

 

Si tu pouvais jouer un B2B avec n’importe qui, qui choisirais-tu ?

Je ne l’ai jamais fait, mais je vais jouer mon premier B2B avec Andrew Weatherall en septembre. Je pense que c’est la situation de mes rêves.

 

Le dernier film que tu as vu ?

J’ai eu un jour off un samedi en mars, donc j’ai regardé un vieux film d’horreur appelé « Horror Express » : Lee, Cushing, Savalas, une équipe imbattable.

 

Le dernier livre que tu as lu ?

J’ai l’habitude de ne lire que quelques livres de temps en temps, tout dépend de mon humeur ou du moment de la journée. Le plus récent est « The Kindred of the Kibbo Kift » d’Annebella Pollen et « Hystopia » de David Means, sa première nouvelle. C’est une histoire assez psychédélique sur la guerre du Vietnam.

 

Le morceau de 2015/2016 ?

Oh ! Il y en a tellement… The Idiot Track de Morgan Geist était plutôt cool ou Sicko par Rex The Dog, je l’ai beaucoup jouée celui-là !

 

 

Le morceau qui ne te quitte jamais ?

On The Grid – Lime

 

 

Plutôt before ou after ?

Cocktails d’avant match.

 

Un endroit où tu rêves de jouer ?

Le set du film « The Spy who loved me » (ndlr : un film James Bond) dans les studios Pinewood. Un ami de mon père était le capitaine du sous-marin. En fait, un sous-marin, ça serait génial !

 

Ta plus grande peur ?

Mon chapeau qui s’envole au moment où je veux monter dans un avion et qui va se coincer dans le moteur.

 

Le bonheur le plus simple c’est ?

De nouvelles chaussettes.

 

Romain Conversin

 

Suivre Justin Robertson : Facebook/Soundcloud/Site officiel

 

Crédit photo : © Nick Mizen

 

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English version

 

You’re very often categorized as a legend of music. How do you react to this?

Ha ha! I don’t know? It’s very nice that people have enjoyed and valued what I’ve done in the past, and I hope people will dig what I do in the future too. For me it’s really about trying to look forward, but still taking some inspiration from the past, but I don’t want to be seen as some dusty old fossil!

 

Is this something you carry as a burden or you’re totally fan with this idea?

It’s not a burden because you have to stay fresh to avoid stagnation and irrelevance, I’m basically a big fan of music, it’s my driving force, but I’m not in it for fame or adulation, when I started as a dj, it wasn’t exactly a cool career choice. Dj’s were slightly nerdy loners who sat in the corner at parties playing weird music…

 

You have the chance to not be a popstar who cannot going out without being accosted by some fans. Have you some funny stories about being approached by some people because of your celebrity?

Not really, I’ve never had that kind of fame, nor do I think I would like to, it must be bizarre to live your life under constant public scrutiny? Especially now in the internet age when your every move could go viral any time. No, I’m relatively shy I’d say, even though I dress like I’m not! I do remember someone recognised me in Pere Lachaise cemetery once, that was weird, I was looking for Proust as I recall.

 

You take an active part in the scene since more than 20 years now, don’t you feel some lassitude sometimes?

Great choice of word! Well I’ve had my ups and downs, that’s showbiz I guess. I’ve had times when I’ve felt out disconnected, but luckily those times have been very few, and it’s never because I’ve lost any enthusiasm, it’s just sometimes the prevailing sound maybe not to my taste. I think I found that in the middle 00’s, I didn’t really like that noisy period! I spent a while trying to refresh my sound, that’s why I started doing the Deadstock stuff, but no; I never get tired of music, never. I like to hunt for new things as well as becoming refreshed by revisiting great old records. Now there is so much to be excited about that I’m full of energy. I get very restless and have to be making things all the time, that’s either writing, painting or making music.

 

More precisely, how do you fight against the tough moments?

It’s at the centre of who I am, it’s like my core, so I can’t separate it out from the rest of my life. If I’m not doing something I get very depressed. I like to immerse myself in new music, I enjoy hunting for tunes, and sharing information, we live in a golden period for music, and there is lots to be positive about, to be jaded would be a terrible thing when there is so much great stuff being created and unearthed. I also think a healthy amount of self-critic means that you can always try to improve and progress the sound of the music you are making, and keep the music you are playing in clubs fresh, you may not always succeed, sometimes concentration can slip, or tiredness over take you, but it’s love for music and a passion to share it that drives you on.

 

How do you succeed in always making something different in your music?

Restlessness! That and a healthy dose of schizophrenia. I’m always hearing things and thinking ‘’that’s the best thing I’ve ever heard!’’ I want to make my music shine like that. When I start off making tracks, I never have a plan, so I just let it take me wherever it might lead, so if I’m full of inspiration from different places that might come out the other end? I never plan the path its going to take, I hate calculating music in that way, even when I’ve tried to plan something I usually manage to sabotage my own blueprint.

 

In all along your career you’ve multiplied different projects with some alias. This was a way to fight monotony?

It’s really away of avoiding becoming a commodity, it’s that old Situationist idea of ‘’the Society of the spectacle’’ except in this internet age we have commodified ourselves. So I think I use alias as a way of being free, it also gives you a freedom to change and avoid being Pigeon-holed. I did an interview on Italian Radio last week, where they said they found it hard to categorise what I do, for the hashtags on the show, and I thought ‘’excellent’’ that’s what I’m hoping for. That and more hashtags.

 

During your career you’ve been in a FrontPage to see the change in musical industry and musical consummation. What is your opinion about that?

It’s a double edged thing really. It’s hard to make a living from music now, really hard to get people to buy your stuff, but hey I’m no fan of capitalism, or the way the music industry treated its customers or artists for years, but we need to find ways of people to make a living fairly until the revolution comes. Artists are at the cutting edge of a new economy and we are just trying to work out how to make it work, but I’m hopeful we can find that path. Of course we have seen a well published up surge in vinyl sales, people like beautiful artefacts, and I think that’s largely positive. Though we can see big business muscling in on that too, clogging up production plants, and dictating terms to the little guy. To the barricades my friends!

 

You’re not like some person which constantly think that time was better before?

Absolutely not, we live in a terribly nostalgia driven society, it’s unhealthy, we mustn’t get stuck in an endless feedback loop. Change is one inevitable factor in life, we should embrace it positively. I think a lot of it comes from these algorithms that keep reminding you of things you’ve done, things you’ve bought, places and people you’ve seen, but always in the past. So you can be understood and restrained by your past choices, it’s how all internet marketing works, and it’s a great tool for social control.

 

You’ve said to DMC that you loved the I-Boat in Bordeaux. Can you develop? What so special about this place according to you?

Great spot! I think I love parties on boats, maybe it’s a primeval drive to be near water! I boat has a great atmosphere and energy, high octane fun in the bowels of a ship, what’s not to love.

 

What is your relation with France by the way?

Love it always, I’ve been playing here since the 90’s, I had a residency in Lille for a while. Plus, obviously food wine and clothes are all found in abundance, so perfect. I enjoy the philosophers too, I studied philosophy at university, and had a real attachment to some of the French thinkers, so much cooler than the analytical dudes, and generally had a better laugh.

 

Can you tell us what French artists have your favour?

I really like my friends Mondowski, Ivan Smagghe and Morgan Hammer who are on the same agency as me. I dig Crackboy, Black zone myth chant, Nicolas Motte, Vox Low, Jennifer Cardini, Club bizarre, I’m a cliché, la dame noire, monoblok, Jean Nipon, zombie zombie off the top of my head! I’m sure there are tonnes more, often I have no idea where artists are from.

 

Today Berlin and in another way Paris are seen as place to be for techno in Europe. It’s weird not to see London and more generally the UK in this list. Can you talk about it?

Lots of great stuff way underground, lots of illegal stuff! But fabric still puts on decent line ups as does xoyo, village underground, Oval space etc. etc., so plenty of good stuff happening, but we lack a good Berghain type space. The city is getting squeezed by the rich and unscrupulous property developers too, so its having a tough time a s a town, a lot of creative people are being driven out by the cost of living. Its greed and unfettered capitalism, it  drives out anyone creative or sanitises it, forgetting the very reasons London was good in the first place, and why people have always been attracted to it, but again, people will find a way, so I’m hopeful.

Outside London there are some great spots and Still lots going on: 303 in Liverpool, Hidden and Warehouse project in Manchester and lots more I could mention, but it just doesn’t have the mass acceptance it has in Europe, I blame handbag house! Perhaps we need to think more like Berliners, get our clubs open longer, but without getting too smashed to enjoy it, just relax a bit more, But it’s still there just quietly being fabulous. I think there are moments when the press and government make it hard for electronic music clubs, with scare stories and heavy council licensing pressure, they don’t like young people disturbing the rich bankers who have colonised the inner cities, but we endure and keep going, the scene is far from out of ideas.

 

If we talk now about Daniel Avery. Can you tell us how did you met and why did you decide to work together?

He is an excellent man, and a great friend. I think we gravitated towards each other because we share a similar out look on music, even if our styles are subtly different. We just sat in my studio, put on some mad psych garage punk records, went for lunch, then made stripped down lysergic machine boogie, pretty easy fun! We are working on something quite new and different … coming up soon, not very dancefloor but pretty fascinating.

 

If we come to your last EP of remix coming in April. How did you choose the remixers? We can see that Oliver Deutschman have made two reworks of your track Bajo La Luna.

I sat down with the label and we decided we wanted top crafts people who would put their own unique stamp on the music. I wasn’t interested in choosing people to get us in the Beatport top 10, just people I admire, who wouldn’t be scared to rip up the tracks and do their thing! I think they’ve done a splendid job.

 

What’s next for you?

I’ve got a big art show in June, 50 new pieces, with a soundtrack and a book, so busy getting that finished. I’ve also started a new Deadstock 33s album, and done some remixes for Andrew Weatherall, Bryan Ferry, Dj Rocca and Gemini Brothers. Oh yes and I’m writing a novel.

 

Is it something you didn’t have accomplish yet, but you dream to do?

Finish this book I’m writing, and I’ve still not learnt to drive.

 

Quiz express

 

Vinyl or digital?

both

 

Live or DJ Set?

I like djing, I’ve been in a band and sung as a front man, not sure it’s for me.

 

If you can play a B2B with one person who would that be? Why?

I’ve never done it, but I’m doing my first set b2b with Andrew Weatherall in September, I think that’s my dream situation.

 

The last movie you’ve seen?

I had last Saturday off so I watched an old Hammer Horror film called ‘’Horror Express’’, Lee, Cushing, Savalas, unbeatable team.

 

The last book you’ve red?

I have a habit of reading a few books at a time depending on my mood or what time of day it is! So the most recent are ‘’The Kindred of the Kibbo Kift’’ by Annebella Pollen and Hystopia by David Means, his debut novel, I’m reviewing it, pretty out there psychedelic Vietnam War story,

 

The track of 2015/2016?

Oof so many! The idiot track by Morgan Geist was pretty cool, or sicko by rex the dog, I played that a lot!

 

The track which absolutely never leaves you?

On the grid by lime

 

Predrinks or afterparty?

Pre match cocktail

 

A place where you dream to play one day?

The set of the spy who loved me at pinewood studios, my mate’s dad was the submarine captain, in fact a submarine would be far out.

 

Your biggest fear?

Hat blowing off whilst boarding an aeroplane, and it getting sucked into the engine

 

The simplest thing which help you to be happy?

New socks

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