Interview : Nik Feral

Interview : Nik Feral

Il fait partie des artistes les plus intéressants de la scène actuelle au Royaume-Uni. Nik Feral est un adepte d’une techno pleine de groove, mais qui revêt un aspect très mental et qui pénètre le cerveau de son auditeur. C’est pleinement l’état d’esprit de son dernier EP « Chains of a Haunted Soul », sorti sur Dynamic Records et qui explore l’histoire des soldats de la Première Guerre Mondiale. Le producteur anglais nous a parlé de la manière dont il anticipe la production et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il avait des choses à raconter.

 

Techno Cadeau : tu as choisi le nom de Nik Feral (ndlr : “feral” signifie “sauvage”). Est-ce parce que tu ne souhaites pas vraiment que l’on parle de toi mais plutôt de ta musique ?

Nik Feral : il y a une histoire intéressante derrière ce choix de nom d’artiste. A la base, j’ai commencé sous l’alias Nick Da Bass. C’est assez embarrassant et je me suis rendu compte que je ne pouvais pas utiliser ce nom pour exercer le métier. Mon véritable nom ne sonne pas vraiment bien pour un nom d’artiste, donc j’ai vraiment du réfléchir à comment je pouvais m’appeler en tant qu’artiste. Beaucoup de mes amis me disaient que j’étais un peu attaché au côté sauvage et le fait que j’aime les chats a permis de lancer l’idée de « Feral ». J’ai donc décidé de réduire mon prénom et j’y ai ajouté « Feral ». Les chats sauvages sont très mystérieux et les comportements instinctifs sont assez imprévisibles, comme mes productions. J’aime beaucoup créer sans aucune autre influence que mes pensées et mes émotions. Ainsi, chacun de mes morceaux est différent.

 

A quel moment et pourquoi as-tu décidé de mettre un pied dans le monde de la production et du Djing ?

J’avais 16 ans à l’époque et j’écoutais déjà de l’acid house. Ma belle-sœur était allée à l’Hacienda et j’ai tout de suite été attiré par le son acid. Mais ce n’est qu’à partir du moment où je suis allé chez mon pote Jay après les cours et que j’ai vu ses deux platines Technics 1210 dans sa chambre que je me suis dit que je voulais aussi en acheter pour jouer de la musique comme ils le font à l’Hacienda. J’ai donc commencé le DJing. Ce n’est qu’ensuite, en 2006, que j’ai voulu aller plus loin en produisant ma propre musique. Je voulais trouver un moyen de mettre mes idées et mes pensées dans la musique, le reste, c’est l’histoire !

 

 

Tu nous raconte ton premier souvenir avec une soirée de musiques électroniques ?

Tu vas probablement tomber de ta chaise soit d’étonnement, soit de rire… Je suis allé à une soirée Ministry of Sound à la Manchester Uni Academy avec mon pote Jay. C’était à la fin des années 90 et Danny Tenaglia était en tête d’affiche. Son set était génial et le voir en train de mixer m’a donné envie de devenir un artiste également.

 

Tu viens du Royaume-Uni. Ce pays est un peu moins vu comme un leader de la musique électronique en Europe par rapport à des pays comme l’Allemagne ou la France. Quel est ton avis là-dessus ?

Je ne suis pas sûr d’être d’accord ou pas sur la question. Il y a énormément de bons artistes qui viennent du Royaume-Uni, que ce soit dans le passé comme aujourd’hui. Tout le monde sait que l’Allemagne et d’autres pays européens, comme les Pays-Bas, la France et l’Italie sont en avant sur la scène, mais nous avons un nombre impressionnant d’artistes géniaux qui viennent de Manchester comme AnD, Setaoc Mass, Cleric, bien sûr moi également en tant qu’artiste en devenir et A.Morgan. Il y en a également qui viennent du sud du pays comme Jay Clarke, Dax J, Gareth Wilde, Chris Stanford, Jason Fernandes. Et je pourrais continuer encore et encore, la liste serait énorme, surtout si j’y inclue d’autres nations du Royaume-Uni. De plus, il y a énormément d’autres très bons artistes au Royaume-Uni, cependant, ils sont perdus dans la masse de grands noms que nous connaissons tous. C’est plus compliqué pour un artiste émergeant de percer sur la scène qu’il y a 5 ou 10 ans.

 

 

On peut caractériser ton son comme de la techno avec un certain groove et une dimension très mentale. C’est un son qu’on n’entend pas forcément au Royaume-Uni. Quels artistes ont une influence sur toi ?

C’est une bonne question. Je vais mixer beaucoup à l’étranger, à Amsterdam, Berlin ou Ibiza. Plus qu’au Royaume-Uni. Je trouve que les DJs poussent beaucoup plus et sont plus créatifs qu’ici, il doit y avoir quelque chose de l’eau dans le coin. Les artistes qui m’inspirent, changent énormément car j’aime beaucoup d’artistes, qui produisent différents styles de techno. Il y a même quelques artistes pas si connus qui produisent des sons géniaux comme Envoy, Deepbass, Antonio De Angelis et Stefan Vincent. En ce moment, je dois cependant dire que je suis plutôt inspiré par des artistes comme Oscar Mulero, Speedy J, AnD, Cleric, Abstract Division, Rodhad, Marcel Dettmann et Marcel Fengler, Floorplan, DJ Bone, Pfirter, DVS1 et Ben Sims

 

Parlons de ton dernier EP, « Chains of a Haunted Soul ». Comment tu es arrivé à ce titre ?

Le concept vient d’une expérience que j’ai eue en tant qu’adolescent. J’avais visité les anciens champs de bataille de la Guerre Mondiale à la faveur d’un voyage d’histoire. C’est également d’actualité avec les 100 ans de la Bataille de la Somme. Les soldats étaient enchaînés à la mécanique de la guerre et je sens que si tu regardais dans les yeux de ces gens-là, tu pouvais voir que leur âme était hantée par les choses qu’ils ont vues. C’est mon hommage à ces bataillons de soldats, dans lesquels on retrouvait des gens de ma famille et probablement des membres de la famille de la plupart d’entre nous en Europe et dans le monde aujourd’hui.

 

 

Du coup, quel était ton état d’esprit quand tu produisais cet EP ? On sent une ambiance très noire. Mais on dirait quand même que tu as vraiment voulu créer une techno mentale dans cet EP, c’est le cas ?

Tu as raison, je voulais créer un EP qui casse un peu les codes, en combinant des sons plutôt mélodiques comme les cordes dans « Bad Behaviour » ou les pads assez étrangers de « Samuraï » avec des percussions un peu abîmées et un beat groovy. Quand j’ai commencé à écrire l’EP, j’étais dans une atmosphère assez sombre au niveau des émotions de ma vie personnelle, mais ensuite, tout a refleuri et les morceaux ont gagné en énergie et en profondeur dans les sonorités. Je voulais aussi mélanger les émotions avec d’un côté, ce que j’avais ressenti quand j’ai visité les champs de batailles encore souillées par la peur de la guerre mais aussi en soulignant la reconnaissance que l’on doit avoir auprès de ces hommes, qui ont traversé cette horreur et qui nous ont permis d’avoir ce que l’on a aujourd’hui… Quelques-unes de nos jeunes générations ne comprennent pas vraiment et il y a un risque que toute cette mémoire et le respect puisse disparaître avec le temps.

 

En plus de cette ambiance assez pesante, tu as décidé d’ajouter des sonorités groovy dans cet EP. C’est important pour toi de faire de la musique qui permet aux gens de danser ?

Certainement, sans groove, qu’est-ce qu’on a ? On a tous du groove en nous ! Notre cœur est un groove naturel avec ses battements. Tu ajoutes ça et un peu de groove à un morceau et tu peux décoller et avoir tout le monde en train de bouger sur le dancefloor.

 

« L’EP « Deurbanisation » a été un tournant dans ma manière de produire. »

 

En 2015, tu avais sorti l’EP « Deurbanisation », dans lequel tu avais produit un morceau très noisy. C’est aussi un style que tu affectionnes ?

Ah oui quel EP aussi ! Ca a été un des tournants dans ma manière de produire. Cet EP m’a dirigé vers la techno énergique que je voulais créer. J’aime aussi y ajouter un soupçon de vélocité mentale et des sons qui font se demander à l’auditeur qui je suis. « Est-ce vrai ce qu’ils disent ? Pour se démarquer, tu dois être plus créatif et différent afin qu’on se rappelle de toi avec le temps ? »

 

On parlait du côté sauvage de ton nom de scène mais tu as quand même réalisé quelques collaborations avec d’autres artistes, notamment Alex Nemec. Comment s’est passée votre rencontre ?

Ah… oui. Je ne suis pas aussi tordu et sauvage quand je fais des collaborations, probablement parce que je ne peux pas être totalement moi-même comme on fait un mélange de deux esprits plutôt qu’un seul. J’aime beaucoup cette variation qui me permet d’être encore plus créatif. En fait, Alex et moi, on ne s’est jamais rencontrés autre part qu’à travers le monde du cyberspace. Il avait signé sur le label Excentric de mon ami Fergie sous l’alias Alex & Nemec. A l’époque, il aimait beaucoup mon son et il a vu que j’avais quelque chose d’unique, il m’a donc approché quand il s’est séparé de son acolyte pour explorer différents sentiers musicaux. J’étais plus que chaud et on a continué depuis. Je pense que notre relation musicale fonctionne parfaitement et le fait que nous avons une sortie de prévue sur Bush Records en est la meilleure preuve. Nous avons également lancé notre propre label GUI Records (Global Underground Intelligence). Malgré le fait qu’il soit qu’au début de son existence, nous sommes très motivés à l’idée de placer le label sur la carte des crèmeries à suivre.

 

 

Du coup, on peut espérer quelques autres collaborations ?

Ces derniers temps, en dehors de ma collaboration avec Alex, j’ai préféré me concentrer sur mes productions en solo. Cela ne veut pas dire que je ne veux pas collaborer avec d’autres mais je voulais développer mes compétences de production. Je voudrais bien faire d’autres collaborations car c’est très amusant de créer une émulation avec différentes idées et différents styles de productions… Donc je suis ouvert aux offres de collaborations.

 

Quels sont tes futurs projets ? Que peut-on attendre de 2016 ?

Je suis en train de travailler sur quelques projets : mes propres productions, une collab’ avec Alex Nemec et aussi un remix pour Ovi M. Mes nouvelles productions devraient être un peu plus lourdes et percutantes car j’utilise plus de matériels différent qu’avant où je ne me servais que de mon ordinateur, d’un clavier midi et de plug-ins digitaux. Mon tout dernier morceau sur lequel je travaille encore a beaucoup plus de groove puisque je me suis senti beaucoup plus créatif en utilisant plus de matos. Cependant, comme tu l’as dit, il y a toujours ces twists mentaux dans mes sons.

J’espère également que Maurice, Dave et Paul de Dynamic Reflection (ndlr : le label où il a sorti son dernier EP) seront chauds pour une nouvelle sorties dans un futur proche car j’aime vraiment ce qu’ils proposent autant au niveau du son que du fonctionnement du label. Et surtout, ils m’ont été d’une grande aide pour me conseiller et me diriger durant notre collaboration.

Je suis également en train de travailler sur un très gros projet en ce moment : mettre en place un live show. Enfin, niveau sorties, j’ai un EP qui va sortir sur Layer909, label d’un très bon ami à moi, Phuket’s, une collaboration avec Alex, comme je te disais, et bien sûr des sorties à venir sur notre label GUI Records.

 

Quiz express

 

Vinyle ou digital ? Ah… le grand débat… Je peux dire les deux ?

 

Live ou DJ Set ? Encore une fois, les deux. Mais s’il vous plait, si vous mixez, ne faites pas seulement en sorte que le beat de la dernière minute et demie du premier morceau ne corresponde à celui du suivant. C’est seulement du « beat matching » et pas du Djing ! (rires)

 

Si tu pouvais jouer un B2B avec un seul artiste, qui ça serait ? Pourquoi ? C’est une question difficile… Je pourrais choisir un grand nombre d’artistes qui m’ont influencer et continuent à le faire… Mais il ne doit y en avoir qu’un seul et c’est le dieu de la techno : le seul et l’unique Jeff Mills ! Tu l’as vu derrière sa 909 et ses decks ?! Ils ne l’appellent pas « The Wizard » pour rien !

 

Plutôt before ou after ? Les deux, ça dépend de comment je me sens.

 

Le dernier film que tu as vu ? Amy

 

La dernière série que tu as vue ? Game Of Thrones

 

Le dernier livre que tu as lu ? Andy Mcnab – Remote Control

 

Ton morceau fétiche du moment ? Ah ça doit être Cleric – The Key Of Night

 

 

Le morceau qui ne te quitte jamais ? Jeff Mills – The Bells

 

Un endroit où tu rêves de jouer un jour ? Si on parle club, j’ai envie de dire le Berghain. Concernant un lieu, je dis les Maldives.

 

Ta plus grande peur ? Je ne suis pas sûr. Ma perception de la peur n’est pas vraiment développée !

 

Le bonheur le plus simple, c’est ? Ecouter de la musique.

 

 

Romain Conversin

 

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English version

 

You’ve decided to take Nik Feral as a stage name. This is because you don’t want to talk about you and just more about your music?

There’s an interesting story behind the name; I originally started out as Nick Da Bass (embarrassing to say the least to admit it) later realising it was not the type of name I could use as a profession. My real name does not sound like an artists name, so I had to really think about what I would call myself as an artist; a lot of my mates said I was a little on the wild side and with liking cats; Feral was brought into the mix. I shortened my first name and added feral to give you what you see before you today. Wild cats are of course mysterious and their behavioural instincts are unpredictable, like my productions in a way…I like to create without any influences other than my thoughts and emotions, so each track is never the same as the last.

 

When and why did you jump into the world of Dj’ing and producing?

I was 16 at the time, already listening to Acid House; my step sister went to the Hacienda and I instantly got an attraction to that acid sound. It was not until I went round to my mate Jay’s house after school and seeing these two Technics 1210 turntables in his bedroom and thinking wow I want to get myself on these and play music like they did in the hacienda. Then I started to dj. It was then in 2006 where I want to take things further and produce my own music; I wanted to find a way of getting my thoughts and ideas somehow into music and the rest is history!

 

What was your first memory with an electronic music party?

You’ll probably either fall of your chair in surprise or laugh…I went with my mate Jay to a Ministry of Sound event at Manchester Uni Academy in the late 90’s with Danny Tenaglia headlining. His set left me amazed and seeing him Dj gave me the bug to become an artist as well!

 

You come from United Kingdom. Today this country is maybe less seen as a leader of electronic music in Europe because of the rise of some artists coming from Germany or even France. What do you think about that?

I’m not sure I can agree or disagree to this; there are so many great artists that have come out of the UK over the years and some more in recent years. Everyone knows Germany and other European countries like the Netherlands, France, and Italy are the forefront of the scene; but we have a number of amazing artist coming out of Manchester at the moment with AnD, Setaoc Mass, Cleric, of course myself as a rising artist and A.Morgan. Plus others in the south like Jay Clarke, Dax J, Gareth Wilde, Chris Stanford, Jason Fernandes. I could keep going but the list would be huge (including other nations of the UK)! I think there are a lot of great UK artists that get lost in the smoke of those big names we all know around us and it is harder for an up and coming artist to break through now than it was say 5-10 years ago.

 

Your sound is techno, with some groove and a big mental aspect. This is not a sound really developed in the United Kingdom. What are the artists which have an influence on you?

That’s a good one and I find myself going to events abroad such as Amsterdam, Berlin or Ibiza than I do in the UK. I feel the dj’s push themselves more and try to be more creative in general than they do here (must be something in the water over here). Artists that inspire me changes as I like quite a number of artists that range through different areas of techno, even some that are not well known have some amazing sounds like Envoy, Deepbass,  Antonio De Angelis and Stefan Vincent. At the moment though I have to say its the likes of Oscar Mulero, Speedy J, AnD, Cleric, Abstract Division, Rodhad, Marcel Dettmann and Marcel Fengler, Floorplan, Dj Bone, Pfirter, DVS1 and Ben Sims lately.

 

Let’s talk about your last EP, “Chains of a Haunted Soul”. Why did you come up with this title?

The concept comes from an experience I had when I went to the once battlegrounds of the World Wars on a history trip as a teenager and the 100 years Anniversary of the battle of the Somme. The soldiers were chained to the mechanics of war and I feel that if you looked into the eyes of some of those men, you would have seen their souls were haunted from the sights they saw. This is my tribute to them, including members of my family and probably most of us in Europe or the world today.

 

What was your state of mind when you were producing this EP? It has a lot of dark ambiance in it… It looked like you wanted to create a real mental techno with this EP, am I right?

You’re right, I wanted to create an EP that breaks the boundaries, combining elements of musical sounds like the strings in Bad Behaviour to the eerie pads of Samurai to broken percussion and a groovy beat. I was sort of in a dark place with emotions of my personal life when I begun to write the EP, but then it bloomed and so you’ll find some of the tracks have more energy and grow in depth of sounds than others. I also wanted blend in emotions of what I felt when I experienced the once blood swept and scared lands from the world wars, as I truly feel that we should all be thankful for what they went through to give us what we have today…Some of our younger generations do not fully know and the memories and respect shall then be lost in time.

 

In addition to this ambiance, you have put a lot of groovy sonorities in this EP, is this important for you to make some music dance floor friendly too?

Most certainly, without groove what do you have?! We all have a groove within us; our Hearts are a natural beating groove, add that with some groove from a track and you have lift off, everyone is bouncing on the dance floor!

 

In an EP, launched in 2015, “Deurbanisation”, you have made a track with some noisy sound. Is this a style you like?

What an EP too!! This was a turning point in my productions, directing me more towards the energetic techno sound I was trying to create. With a hint of mental velocity and sounds that would leave the listener to wonder who I am. “Isn’t it true in what they say…in order to stand out, you have to be more creative and different to be remembered over time?”

 

Your name is Nik Feral, but you’ve made some collaboration with other artists, you’re not as savage as you pretend. How did you met Alex Nemec and decided to work with him?

Ha…yes I’m not as twisted and wild in my collabs, probably because you can’t fully be yourself as it is a blend of two minds rather than one; I like to have that variation as it allows me to be even more creative. Myself and Alex haven’t actually met in person yet other than through the world of cyber space. Alex was signed to my mate Fergie’s label Excentric under Alex & Nemec; He liked my sound at the time and saw that I had something unique and approached me when they split due to wanting to go in different routes of sound. I was more than up for it and we have continued on since. I think the relationship to music we both have blends quite well and to have a release on Bush Records with another on its way, it speaks for itself. We have also launched our own label GUI (Global Underground Intelligence) Records, though in its early stages we feel very motivated to get it on the map as a label to follow.

 

Can we expect some other collaboration to come?

Other than with Alex Nemec, I have been concentrating more on my own productions in recent years; this doesn’t mean I wouldn’t look to do collabs with other artists, but I wanted to develop my sound and production skills further. I would like to do some more collabs as it is fun to bounce of each other with ideas and production skills…so I’m open to offers of collaborations.

 

What are the future projects for you? What can we expect in 2016?

I am currently working on a couple of projects involving my own productions and collabs with Alex Nemec as well as a remix for Ovi M. My own projects shall be heavier and punchier in sound and shall be using more outboard gear than before where I was using the computer, midi keyboard and digital plug-ins.  My most recent piece I’m working on has a lot more groove within it because its allowed me to be more creative and free with movement with using more hardware…but “as you say” with my mental twist of sound still.

Hopefully the good guys at Dynamic Reflection Paul, Dave and Maurice will be up for another release over the coming year as I’m really into what they are doing both as a label and sound. More importantly they have been great to work with to date and helped me with advice and direction.

One big project I am looking into, is to start to put a live show together.

Release wise, I have an EP with Layer909 owned by a good friend of mine Phuket’s, a collab release with Alex on Bush and my own imprint GUI Records.

 

Quiz express

 

Vinyl or digital? Ha, the big debate…can I be allowed to say both?

 

Live or DJ Set? Again both, but please if you do dj, don’t just beat match the last 1 ½ minutes of the current playing track into the next, this is just beat matching not dj’ing ha ha.

 

If you can play a B2B with one person, who would that be? Why? This is a difficult one…I could choose a number of artists who have and continue to inspire me… But there has to be only one and he is the god of techno…the one and only Jeff Mills! Have you seen him on that 909 and decks?!?!? They don’t call him the Wizard for nothing!

 

The last movie you’ve seen? Amy

 

The last book you’ve read? Andy Mcnab – Remote Control

 

The last TV show you’ve seen? Game of Thrones

 

The track of 2015/2016? It has to be Cleric – The Key of Night

 

The track which absolutely never leaves you? Jeff Mills – The Bells

 

Predrinks or afterparty? Both…depends how I feel

 

A place where you dream to play one day? (a club or a place which have never host gig) The Berghain as a club and the Maldives as a place

 

Your biggest fear? I’m not sure…my fear perception hasn’t truly developed!

 

The simplest thing which help you to be happy? Listening to music

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