Interview : Several Definitions – Reborn After The Road

Interview : Several Definitions – Reborn After The Road

Jeremy Vieira sort aujourd’hui son premier album, Reborn After The Road, le fruit de deux ans de maturation. Entre beats techno, deep house rêveuse et breakbeats, le jeune Suisse nous emmène dans une épopée surprenante aux tons nostalgiques et futuristes à la fois. Il revient dans cette interview sur le pourquoi du comment. 

Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs? 

Je m’appelle Jeremy Vieira, j’ai 28 ans et je vis à côté de Lausanne . Je suis né et j’ai grandi dans la région francophone de la Suisse, entre Genève et Lausanne. Je suis très vite tombé dans le bain de la musique en commençant la batterie à 8 ans. 

J’en ai fait durant 7-8 ans puis j’ai acheté mes premières platines vinyles. De fil en aiguille je suis passé des scratch sur du  Hip Hop à mixer de la House. Puis j’ai commencé à produire sur mon ordinateur :-)

 

Combien de temps ça fait que tu avais comme projet de réaliser cet album?

J’ai toujours voulu faire un album. Pour moi c’est quelque chose de vraiment différent qu’un EP de deux ou trois morceaux. Sur un album tu peux vraiment exprimer ce que tu es. Il n’y a pas besoin de se concentrer sur une sortie pure dancefloor, mais sur ce que tu souhaites vraiment produire!

 

Qu’est-ce qui t’a inspiré?     

J’ai perdu ma grand-mère durant l’album. Cela m’a beaucoup touché et cela a eu une répercussion sur mes productions. J’ai tenté d’introduire dans mes morceaux des feelings familiers que chacun peut ressentir. Cela va de la joie, de la nostalgie, de l’amour ou encore de la perte.

 

As-tu rencontré des problèmes particulier tout au long de sa conception?

Il y a toujours un moment où tu deviens sceptique sur tes propres tracks. Tu commences à te poser plein de questions sur les éléments et la pertinence des morceaux. A ce moment c’est important d’avoir le soutien de tes amis (ce qui a été mon cas). L’album a été produit sur deux ans environ. Du coup j’ai eu le temps de retravailler au mieux les morceaux sur lesquels j’avais des doutes.

 

Pourquoi l’avoir nommé « Reborn After The Road »

C’est renaitre au bout du chemin! Après de fortes épreuves (décès de proches), de moments durs ou baisse de motivation, tu ressors toujours plus fort. Tu as appris de tes erreurs et tu te sens différent. Reborn After The Road représente ce nouveau moi. 

 

Quel matos as-tu utilisé pour le produire ?

De l’analog et du digital! On peut facilement reconnaitre le son du Moog Sub 37 dans mes morceaux. Il y a aussi le Korg Minilogue, la TR-8 de Roland, ainsi que le Dreadbox Erebus. 

Quelques VST également, comme la suite Native Instrument ou le Mini V et CS 80 d’Arturia.

 

Est-ce que tu as composé l’album chez toi, dans ta ville d’origine Lausanne?

Oui! Je produis dans mon Home Studio. Cela me permet d’être tout de suite derrière l’écran lorsque j’ai une idée. Tous les sons naturels (pluie, orage, etc) que vous entendez dans l’album ont été enregistrés lors de promenades en forêt ou autres :-)

Il y a également quelques percussions qui ont été enregistrées en live depuis le studio.

 

Comment est la scène électronique là bas?

Grandissante! Pour moi il y a deux clubs qui se démarquent vraiment. Le D! Club, où je suis résident, et le Foklor. L’un prend de très grosses têtes d’affiches et l’autres de plus petits que l’on a moins l’habitude de voir dans la région. Il y a également de plus en plus de cool festivals. On peut dire que la région francophone pourra bientôt rivaliser avec des villes comme Zürich ou Bâle.

 

On a beaucoup aimé Don’t Stop to Fall et Senility. 2 bombes sur le dancefloor. Qu’est-ce tu peux nous en dire ?

J’adore Don’t Stop To Fall! C’est un track qui me fait penser à la Trance, j’étais fan étant petit.  Ce morceau est assez fédérateur. C’est un gros beat 4 to the floor avec un premier arpeggiator tiré du Moog 37. Ensuite il est sublimé par deuxième très mélodique tiré du classique synthé Juno 106. Tout ce que j’aime :-)

Senility est beaucoup plus sombre. Il me fait penser à quelque chose de bipolaire, quelque chose de non acquis qui fait que de changer et de s’adapter. Il crée une super vibe en club. Le morceau fait que de monter pour ensuite retomber sur un beat très minimaliste avec quelques sons détunés.

Goldsun avait déjà collaboré avec Marc DePulse. Est-ce que c’est comme ça que vous vous êtes rencontrés? Comment décrirais tu cette collaboration avec lui?

Oui c’est grâce à Marc que je l’ai découvert. J’ai tout de suite été séduit par son grain de voix. Je savais exactement quel track j’avais pour lui! Vivant à Barcelone, nous avons travaillé via échange d’emails. C’est une super personne qui a tout de suite compris ce que je souhaitais. Son premier jet de voix a été payant.  Je suis tellement content du résultat, il a vraiment fait un super travail.

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Et avec La Meduza?

J’ai découvert Krizia via un ami. Nous avons travaillé sur un morceau qui est sorti l’année passée sur le label espagnol Sincopat. J’accroche vraiment à sa voix. Je trouve qu’elle correspond totalement à mon univers musical. Lorsque j’ai commencé l’album, je lui ai demandé si elle était d’accord de retravailler avec moi. Lorsqu’elle a dit oui j’ai directement bossé sur un nouveau track. A la base, c’était un morceau avec un beat plus orienté deep house. Ses voix collaient parfaitement dessus, ça me donnait la chair de poule! A force d’écouter le morceau, je me suis dit qu’il pouvait être encore mieux et encore plus original. Du coup je suis parti sur un thème break beat. La différence est flagrante! C’est un de mes préférés sur l’album. 

 

Tu peux nous parler de l’artwork?

L’artwork est une peinture fait par un artiste berlinois. Il a fait beaucoup des artworks du label. J’aime beaucoup cette peinture car il me représente bien étant jeune. Une enfant l’air innocent avec pleins d’intentions et de détermination. Le garçon tient son propre vinyl. De ce fait il crée une boucle temporelle qui reproduit ce sentiment de renaitre à nouveau.  

 


 

Reborn After The Road est disponible depuis le 29 septembre en ligne ici.

 

Téo Dréan

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