Interview : Tadeo

Interview : Tadeo

Tadeo est un artiste passionnant. Outre son talent musical, le producteur espagnol est un puits de science. C’est en alliant ses capacités de production hors norme à sa vision du monde que Tadeo a fabriqué de toute pièce son album « Chronicles Of The Future » sorti le 11 février dernier sur le label Non Series. Pour la première fois, l’artiste madrilène a décidé d’écrire l’histoire de son LP avant même de commencer à composer. On a donc voulu en savoir plus sur cette fresque musicale, à l’accent techno, dépeignant le futur de l’humanité et le rapport de l’homme aux machines. Rencontre avec une personnalité peu banale.

 

english version below

 

Techno Cadeau : le premier titre de ton album “Chronicles Of The Future » a une construction se rapprochant de la musique classique. C’est d’ailleurs le cas de tous les morceaux de ton LP. C’était important pour toi de retrouver cette connexion entre la musique électronique et la musique classique ?

Tadeo : l’adjectif à utiliser ici est plus « nécessaire » qu’ « important » car le fait que la musique électronique amène à de nombreuses possibilités et puisse créer beaucoup de sons différents est une réalité. La techno a néanmoins quelques sonorités spécifiques à l’intérieur même de la musique électronique. D’autres sons vont être plus spécifiques à la house, l’électro ou l’IDM… Un bon moyen d’ajouter de nouvelles textures est d’utiliser de vrais instruments. La musique classique recouvre une bonne diversité d’émotions, et chaque émotion est vraiment similaire à celles qu’on peut obtenir via la musique techno. Je peux voir un parallélisme entre ces deux mondes et l’utiliser tel que je le souhaite dans un moment spécifique.

 

Avec ce LP, tu as décidé d’explorer le futur et la relation entre l’homme et les machines. C’est un sujet qui important à tes yeux ?

Pas spécialement, c’est juste un sujet. J’ai un cahier avec différents sujets. Quelques fois, c’est bien de pouvoir lire ce que j’ai écrit dedans avant de m’installer dans mon studio. Parfois, je me sens à l’aise avec un de ces sujets et si c’est le cas, cela signifie que c’est le moment de démarrer un nouveau projet.

 

Il est vrai que tu as d’ailleurs écrit quelques lignes sur chaque morceau pour que ton album suive une histoire. Tu as même décidé d’écrire ces lignes avant de composer les morceaux. Cela signifie que tu as créé un film dans ta tête avant de produire ?

Oui et non. C’est vrai que j’avais l’histoire en tête en amont mais pas comme un film. C’était plus une observation, car dans un film, tu as des protagonistes ou des acteurs, qui ont l’histoire entre leurs mains. Si personne n’a le poids sur l’histoire, tout est plus général comme lorsqu’on lit une histoire dans un livre. Quand tu lis un livre, l’histoire se développe dans ta tête, pas comme dans un film, c’est plutôt le travail de ton imagination.

 

Comment as-tu décidé d’en venir à ce genre d’histoire ?

C’est tout simplement venu comme ça.

 

Tu dis souvent que l’aspect narratif d’un LP est fondamental. Tu créés aussi un arc narratif quand tu composes un EP ?

Je n’ai jamais créé d’histoire en amont avant ce LP, en tout cas de façon intentionnelle. C’est vrai que je cherche une narration dans mes travaux pour créer des tracks avec des sentiments similaires dans chacune de mes sorties mais je ne l’avais jamais écrit avant de composer. En tout cas, je vais maintenant utiliser cette méthode de narration pour réaliser mes prochaines sorties, parce que je me sens très à l’aise avec cette façon de faire.

 

 

On ne peut pas dire que cet album est à proprement destiné aux dancefloors. Quel serait le meilleur endroit pour écouter ce LP ?

Eh bien, dans l’album, on peut trouver quelques morceaux, qui fonctionnent très bien sur les dancefloors mais je n’ai jamais eu en tête de concentrer l’album sur un schéma d’écoute spécifique. J’y ai quand même inclus certains morceaux emplis d’énergie, et ceux-ci peuvent être considérés comme des morceaux « dancefloor ».

 

Tu as dit que tu avais travaillé sur l’espace dans cet album. Tu peux développer ?

Cet « espace » est en référence à l’utilisation du reverb pour générer une sensation d’espace. Généralement, dans la musique techno, le reverb est utilisé comme un simple fx, mais dans le monde du mix, le reverb est peut-être l’élément le plus important pour donner une sensation spécifique à un morceau. Tu peux mettre ton son à droite ou à gauche, mais en utilisant bien les reverbs, tu peux obtenir une sensation « d’avant/arrière » dans les instruments, comme dans la vraie vie. En fait, j’ai acheté un nouveau module reverb pour travailler sur cet album. J’ai programmé mes propres espaces et reverbs dans la machine pour que ça corresponde à ma propre utilisation. Je n’aime pas utiliser les paramètres prédéfinis des machines. J’ai besoin de m’asseoir, de lire tranquillement les manuels et de travailler sur mes propres réglages, car chaque morceau a besoin d’éléments différents.

 

Tu as beaucoup travaillé sur l’aspect atmosphérique des sons sur cet album, n’est-ce pas ?

Oui, parce que normalement dans la musique techno, le son est très rectiligne et un peu plat. Dans la musique, c’est très important d’étendre certains sons pour immerger le public dans le message que tu veux apporter avec le morceau. Si tu discutes avec un très bon ingénieur son, il peut évoquer l’importance de ce sujet, parce que comme dans la vie réelle, tu perçois beaucoup plus de sons que celui le plus direct. Beaucoup de sonorités entourent l’auditeur et agissent en complément de son expérience d’écoute.

 

L’histoire que tu as écrite pour ce LP prend fin en l’an 4782. Qu’est-ce qu’il se passe après ? La fin du monde ?

La suite n’est pas importante dans l’histoire, parce que l’homme se transforme en une nouvelle entité. La fin du monde va se manifester d’une façon ou d’une autre mais n’a, selon moi, pas d’intérêt dans cette histoire, parce que je pense qu’il est plus intéressant d’imaginer des histoires qui ont une fin déjà connue.

 

« Je pense que surprendre le public est une obligation pour les artistes. »

 

Tu nous as dit avoir travaillé avec de vrais instruments dans ton processus de création. Tu penses que le son généré est plus chaud qu’avec des VST ?

Oui, totalement, car un vrai son est toujours plus chaud. En l’enregistrant avec des préamplis et en l’utilisant comme un réel flux, cela donne une sensation de « vrai » qu’on ne peut pas obtenir avec les VST. Cependant, les VST sont intéressants dans d’autres conditions, parce qu’il arrive que tu n’aies pas besoin de quelque chose de chaud. Parfois, tu as besoin d’un son plus transparent et plus précis. Le bon choix réside dans la faculté à utiliser les deux outils à des moments précis.

 

Tu n’as pas travaillé avec des samples et tu as créé ton son de 0, pourquoi ce choix ?

En fait, j’ai travaillé avec des samples, mais plutôt avec mes propres samples. J’ai différents enregistreurs et micros. Je passe donc beaucoup de temps à enregistrer des sons dans mon studio, dans la rue ou au parc. Après, j’utilise différentes techniques d’édit du son comme le morphing ou la superposition pour créer différents instruments. J’ai toujours créé la musique en partant de zéro mais pour ce travail, j’ai spécialement commencé à écrire sur le papier avant même de commencer à produire. Je préfère trouver un mode de composition dès le début pour créer une logique. Il est possible d’utiliser différents mode d’écoute mais les morceaux fonctionnent ensemble et correspondent au moment afin de garder un équilibre entre eux.

 

Combien de temps as-tu pris pour composer cet album ?

Pas tellement de temps. Entre trois et quatre mois.

 

Avec la majorité de tes sorties, tu parviens à surprendre ton public. C’est un de tes principaux objectifs quand tu produis ?

Surprendre est quelque chose d’important en musique, parce que tu veux écouter quelque chose de nouveau. Bien sûr, les gens aiment écouter quelque chose qui reste dans leurs goûts personnels mais qui est quand même différent de ce qu’ils ont déjà entendu. Je pense que surprendre le public est une obligation pour les artistes.

 

 

Tu as une approche scientifique sur tout ce qui compose le monde qui t’entoure. C’est la même chose pour ta musique ?

Oui. Quand tu travailles sur quelque chose – dans ce cas précis, la musique – tu dois savoir ce que tu fais et ce que tu obtiens. Tu as besoin d’avoir un plan en tête pour une quantité de détails. Quand tu te lèves le matin, tu planifies ce que tu vas faire dans la journée. C’est la même chose pour la musique… Tu as un objectif en tête et tu dois t’en approcher avec un plan clair et simple.

 

Tu étais le genre de gamin, qui voulait devenir astronaute ?

Oui totalement ! Je voulais vraiment être astronaute, quand j’étais enfant.

 

Tu es intéressé par le futur. Alors tu peux nous dire quel sera la futur de la musique ?

Je pense que la musique va continuer à se développer d’elle-même. Il va y avoir des rapprochements avec les techniques utilisées dans le passé pour pouvoir comprendre et continuer à développer cet art-là.

 

Tu ne penses pas qu’on est dans une période où il y a de plus en plus d’artistes qui produisent le même type de sons ?

Non mais peut-être qu’il y a un son dominant ou un style, qui inspire les producteurs à suivre ce chemin. L’objectif pour un artiste, c’est de découvrir son propre chemin mais cela prend du temps, ce n’est pas facile de trouver son propre cheminement et parfois, à certains moment de sa carrière, un artiste a besoin de suivre ce style du moment. Utiliser certains sons n’est pas un problème tant que tu le fais à ta façon.

 

« A chaque fois que j’écoute les morceaux de Zadig ou Antigone ou que je les vois jouer, j’apprends quelque chose. »

 

Tu ne penses pas que dans l’industrie d’aujourd’hui, l’argent est en train de tuer la beauté de la prise de risque artistique ?

Mais sans argent, on ne peut pas prendre de risque. C’est aussi simple que ça. Il faut mettre son argent en jeu à propos de ces risques. Sans argent, on ne peut pas presser de vinyles, ni payer les designers, les distributeurs et les autres, qui font partie du jeu.

 

Que penses-tu de la scène espagnole, et plus précisément madrilène, d’où tu viens ?

C’est un point très vaste, peut-être même un peut trop pour une seule question, parce que la scène est composée d’artistes, des clubs, des promoteurs, des clubbeurs, des médias, des journalistes et d’autres. On doit vraiment analyser cet ensemble pour avoir une réponse correcte. Si j’ai un week-end de libre, je ne vais pas en club, je préfère me reposer et dormir paisiblement parce que quand je voyage et que je joue, je ne dors que 3-4h par jour et la semaine je travaille sur mes morceaux en studio. Je travaille tous les jours de la semaine. Tout ça pour dire qu’à propos de la scène, je ne sais que ce que je lis dans la presse ou ce que mes amis me racontent. Mais bon, la scène est plutôt bonne en ce moment. Il y a des soirées tous les week-ends à Madrid et spécialement les dimanche soirs au Cassette Club. Il y a aussi énormément de bons producteurs à Madrid.

 

Tu peux nous donner quelques artistes français que tu apprécies et nous expliquer pourquoi ?

Bien sûr : Zadig et Antigone. Nous sommes amis depuis quelques années maintenant. Je connais aussi d’autres artistes mais je me sens plus proche d’eux, parce que j’aime beaucoup leur capacité à façonner leur propre style. A chaque fois que j’écoute leurs morceaux ou que je les vois jouer, j’apprends quelque chose. Depuis quelques années, je peux les voir se développer rapidement.

 

Tu disais dans une interview que la première fois que tu as joué un set techno, c’était un cauchemar. Tu nous racontes ?

C’était la première fois que j’étais devant un public et certains problèmes techniques sont apparus (rires). Je n’avais aucune expérience de ce genre de problème et je ne savais pas comment les résoudre. Du coup, je ne faisais que me concentrer sur ces soucis techniques et pas du tout sur la musique, ni sur le public. (Rires) C’est marrant de se rappeler ça aujourd’hui, mais crois-moi, je ne trouvais pas ça drôle du tout le jour-même.

 

Quiz express

 

Vinyle ou digital ?

Les deux

 

Live ou DJ Set ?

Les deux

 

Si tu pouvais jouer en B2B avec n’importe qui (décédé ou vivant), qui ça serait ?

Psyk et Jonas Kopp parce que je joue avec eux de temps en temps et c’est très facile pour nous. Mais j’aimerai également essayer avec Zadig !

 

Le dernier film que tu as vu ?

The Revenant

 

Le dernier livre que tu as lu ?

« El Anacronopete », c’est un livre sur une machine à remonter le temps et il a été écrit des années avant « Time Machine » de H.G. Wells.

 

La dernière série TV que tu as vue ?

Désolé mais je ne regarde pas de séries TV, juste des films et de la lecture.

 

Le morceau de 2015 ?

Impossible d’en choisir un

 

Le morceau qui ne te quitte jamais ?

Rhetorica (Jonas Kopp remix)

 

 

Before ou After ?

Canas à midi

 

Le lieu où tu rêves de jouer un jour ?

Le Dekmantel Festival

 

Ta plus grande peur ?

Je n’ai pas de peur.

 

Le bonheur le plus simple, c’est ?

La brise d’été

 

Romain Conversin

 

Suivre Tadeo : Facebook/Soundcloud/

 

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English version

 

The first title of your album has a construction like some classical music. This is obviously the case in all tracks of this LP. For you it was important to have this connection between electronic music and classical?

The adjective to use is « necessary » more than « important » because it’s true that the electronic music have a lot of possibilities and you can create and use a lot of different sounds, but, the techno music have some specifics sounds inside the electronic sounds for use, others sounds are more related with house music, electro, idm…. A good way to add new textures is using real instruments. The classical music have a good diversity of emotions, any of this emotions are really similar to the emotions obtained with the techno music. I can see and feel a parallelism between this two worlds and use it as I want in a specific moment.

 

You decide with this LP to explore the future, and the relation between men and machines. Is this an important topic for you?

No, not too much. It is just a topic. I have a notebook with different topics, sometimes is good to read « what I have write there » before to sit down in my studio and sometimes I can feel comfortable with one of these topics. If that happens… it meanes that it’s time to start a new work.

 

You´ve write some line about all tracks in order to make a story which follow all this LP. You´ve decided to write the story even before producing the track. It means that you have to see a film in your head before producing, right?

Yes and not, It is true that I had the story in my mind but not as a film. It was more like an observer because in a film you have some protagonists or principal actors that have the story in their hands, in this case nobody have the weight, everything is general like to read a story book. When you read a story book a develop of the story appear in your mind, it is not a film, but your imagination.

 

How did you decide to come up with this kind of story?

Simply come.

 

You said that the narrative aspect of this LP is fundamental, do you create a narrative thread when you compose EP as well?

I never create a narrative for the releases before this work, talking in an intentional way. It is true that I was looking for a narrative trying to have tracks with similar feelings inside the different releases, but I never wrote about it before to make the music. Anyway from now on I’ll use this « narrative » method for producing the next releases because I feel very comfortable with it.

 

 

We cannot say that this album is dancefloor oriented, what would be the best place to listen this album?

Well, inside the album you can find some tracks that work very well in the dance floor but I didn’t have in mind to focus the album in a specific way. Obviously I made some tracks with a lot of energy… These tracks can be considered like dance floor tracks.

 

You´ve said that you´ve worked a lot with the space in this album, can you develop?

That « space » is referenced to the use of the reverb to generate a sensation of space. Usually in the techno music the reverb is used as a simple fx, but in the world of mix, the reverb is perhaps the most important element to give the tracks a specific sensation. You can put your sounds in the left or right, but with a good use of the reverbs you can obtain a front/back sensation in the instruments, like in the real life. In fact I bought a new reverb module for work in this album, doing and programming my own spaces and reverbs in the machine for my own use. I don’t like to use the presets of the machines, I need to have seat, read with calm the manuals and work in my own presets, because each track need different things.

 

You´ve worked a lot of the atmospherical aspect of the sound in this album, right?

Yes, because usually in the techno music the sound is very straight and a little flat. In music it is very important to expand some sound for immerse to the audience inside the message of the track. If you talk with a good mixer engineer, he can talk you about the importance of this topic, because as in the real world you perceive more sound than the direct sound, a lot of sound surrounding you and complete your audition experience.

 

You´ve decided to stop your story at year 4782. What?s next? The end of the world?

Next is not important in the story, because the man turn in another entity. The end of the world will happen in a way or another and does not have interest for me inside this story because I think is better to imagine stories that talk about a know end.

 

You´ve worked on a lot of organic sounds coming from instruments. Do you think that this sound is warmer as only VST?

Yes, totally, because a real sound is always warm. You must record it with preamps and use a real signal flow. This give you a real sensation that a vst never can give you, but vst are good for other purpose because sometimes you don’t need something warm, sometimes you need something transparent and precise. The good choice is to use both in their precise moment.

 

You didn´t work with samples, and you´ve created your music from 0, why this choice?

Indeed I’ve worked with samples, but my own samples. I have some different recorders and mics, usually spent time doing recording in my studio and in the street or the park, after that I use different edition techniques as morphing or layering for built different instruments. To create the music from 0 is something that I always do, but specially for this work I started to write in the paper before to play any key. I prefer to find a mode of composition in the first step to stabilize a logic. You can select different modes and listen if work together and use in the moment that you need and keep the balance between tracks.

 

How many time did you take to produce this album?

Not too much, between 3/4 months.

 

With the majority of your release you manage to surprise your audience. Is this one of your main goal when you produce a new EP or LP?

To surprise is always something important in music, because you want to listen something new, you like to listen something that of course is in your « like » but different of the previous tracks that you listened. I think also, to surprise the people is an obligation for the artists.

 

You have a scientific approach of what compose the world. Is this the same thing with your music?

Yes. When you approach something, in this case.. music, you must know what do you what to obtain. You need a plan in your mind for a lot of things, when you wake up in the morning have a plan about the things that you will do in the day, is the same for the music, you have an objective an have to approach it with an easy and clean plan.

 

Did you was the kind of kid, who dreamt to become an astronaut or something?

Yeah, totally. Indeed I wanted to be an astronaut when I was a child.

 

You are interested in the future, what will be the future of the music?

I think the music will be continue developing by itself, also rescuing techniques and uses from the past to learn and can continue it own development

 

About the industry of electronic music today, what is your feeling ?

It is good, because techno is important right now and a lot of artists can develop their own music without damages.

 

Don´t you think that there are more and more artists who produces same kind of sound?

No, perhaps be a dominant sound or style right now than inspire to the producers to follow a way. The objective of an artist is to discover his own way, but that needs time, is not easy to find your own way and in some moments of every career, some artists need to follow this particular « moment style ». To use a kind of sound is not a problem while you do in you own way.

 

Don´t you think that money is killing the beauty of risk taking?

Without money you can not take risk, is easy. You must put your money in the game about these risk. Without our money you can not press some vinyls, pay the designer, the distributor and others than be in the game.

 

What do you think of the Spanish scene, especially in Madrid where you come from?

This is a very big point, perhaps too much big for an only question, because the scene is composed by artists, clubs, promoters, clubbers, medias, journalists and more. We need to examine every point for obtain a correct answer. If I have a free weekend, I don´t go to the clubs, I prefer to have rest and sleep properly because when you are traveling and playing usually sleep 3-4 hours per day and in the week I go to my studio for work in tracks. I work all the days of the week. Anyway about that I read in the net or friends let me know… the scene is good right now, you can go to a lot of great parties in Madrid all the weekends, specially the Sundays nights in Cassette club. Also be lot of good producers, streaming channels and more from Madrid.

 

Can you name some of French artists who you like to listen to and tells us why you decided to pick them in particular?

Yes of course, Zadig and Antigone. We are friends from some years ago. I also know others artists but I feel closer to this two, because I like their way to make his personal style. I always learn something each time that I see they play or listening their tracks. I can see a good development in them along this years.

 

You´ve said in an interview that the first time you´ve played a techno set, it was a complete nightmare. Can you tell us this story?

It was the first time that I was in front the people and some technical problems appear hahaha. I did not have experience about to resolve these problems and I was more focused in these problems than the music and the people. hahaha is funny to remember today but believe me, back in that day it was not funny.

 

Quiz express

 

Vinyl or digital?

Both two

 

Live or DJ Set?

Both two

 

If you can play a B2B with one person (dead or currently living) who would that be? Why?

Psyk and Jonas Kopp, because I do with they sometimes and is very easy for us. I would like to try with Zadig too.

 

The last movie you´ve seen?

The Revenant

 

The last book you´ve read?

« El Anacronopete », is a book about a time machine wrote years before than « Time Machine » by H.G. Wells

 

The last TV show you´ve seen?

Sorry, I don’t see TV show right now, just films and read books.

 

The track of 2015?

Impossible to choose one

 

The track which absolutely never leaves you?

Rhetorica (Jonas Kopp remix)

 

Predrinks or afterparty?

Cañas at Midday

 

A place where you dream to play one day?

Dekmantel Festival

 

Your biggest fear?

I don´t have fear

 

The simpliest thing which help you to be happy?

The summer wind

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