ITW : Anton Dhouran, le meilleur est à venir

ITW : Anton Dhouran, le meilleur est à venir

Fin 2014, le label Diynamic sort sa compilation « Four To The Floor 02 » avec différents artistes. Aux côtés d’artistes comme Undercatt, on découvre le nom d’Anton Dhouran, avec son titre « Mirage ». En creusant un peu, on apprend que le garçon n’est âgé que de 20 ans, et qu’il est français. Depuis ? Le producteur s’est enfermé en studio pour continuer à produire, et il a sorti l’EP « Tales of Phyre » sur le label MNL. Cependant, le meilleur reste à venir, 2016 étant une année chargée côté sorties, l’occasion pour Anton Dhouran de pleinement confirmer le talent entrevu dans ses premières compositions.

 

Techno Cadeau : fin 2014, tu signais un morceau sur le célèbre label Diynamic et sa compilation « Four To The Floor 02 ». Avec du recul, quels changements ont découlé de cette sortie ?

Anton Dhouran : ça a tout changé, dans le sens où c’était seulement ma 3ème sortie, et que ma première sortie n’avait eu lieu que 4 mois avant. Premièrement, la sortie sur Diynamic m’a apporté de la visibilité et une certaine « reconnaissance », même si je n’ai encore quasiment rien fait, on est tout de suite plus pris au sérieux quand on sort un morceau sur un label comme Diynamic. Puis, ça m’a aussi apporté des dates d’autres contacts, et de futures releases.

 

Comment se sont lancés les contacts avec Diynamic pour cette sortie ?

J’ai tout simplement envoyé mes demos à Solomun, j’ai ensuite eu la chance qu’il écoute, et qu’il aime mon morceau.

 

Après « Mirage », tu as enchaîné avec un titre qui a bien marché « Tales of Phyre », qui a notamment été choisi pour être sur de nombreuses compilations. Quel est le véritable impact de ces compilations ?

Les compilations n’ont souvent pas un impact énorme. Elles apportent surtout plus de visibilité donc c’est toujours bon à prendre.

 

Tu as été consulté pour qu’on place ton titre dessus ? Les compilations, ce n’est pas un moyen pour la personne qui la produit de se faire de l’argent sur le dos des artistes en question ?

Non, on consulte plutôt le label en général. On peut voir ça comme ça, après il faut savoir que l’argent des ventes revient tout de même en majorité au label qui sort les titres et à l’artiste. Après, de toute façon ce n’est pas avec les ventes de titres qu’on gagne sa vie dans ce style de musique. (rires)

 

 

Tu n’as pas eu l’impression que tout est allé très vite, peut-être un peu trop pour toi après cette signature sur Diynamic ?

Non pas vraiment, déjà parce que même si « j’existe » publiquement depuis seulement un an et demi, je fais de la musique depuis très longtemps. De plus, l’année 2015 a parfois été un peu plate et plutôt orientée vers la production en studio et live, avec pas tant de sortie que ça. J’espère que ça va aller vite, et même plus vite car j’adore ce que je fais et j’ai hâte de la suite.

 

Ce n’est pas un peu compliqué à gérer de se retrouver aussi rapidement sous les feux de la rampe ? Bien sûr, en tant qu’artiste c’est forcément bon signe, cela veut dire que ta musique plaît, mais en tant qu’homme, c’est difficile à gérer, surtout quand on a 21 ans non ?

Je n’ai pas vraiment l’impression d’être sous les feux de la rampe en fait (rires). Je pense avoir le temps avant que ça devienne difficile à gérer, c’est tout le mal que je me souhaite en tout cas. C’était par contre très cool d’avoir réussi à signer un titre sur une grosse maison comme Diynamic dès le début de ma carrière, ça c’est certain !

 

Comment tout a commencé avec la musique électronique ?

Tout a commencé en écoutant des morceaux trouvés parfois par hasard ou que des amis m’ont fait écouter, tout bêtement (rires).

 

Tu étais plutôt branché rock plus jeune, pourquoi ne pas t’être lancé dans cette voie ?

Au début, je me suis lancé dans le rock, mais j’ai vite eu la sensation que je n’arriverai pas à faire mieux que ce qui a déjà été fait et je me suis dit qu’il valait mieux que je tente quelque chose de plus moderne – bien qu’on puisse faire des choses très modernes et intéressantes en rock aussi.

 

 

On peut d’ailleurs lire dans ta bio que tu es toujours influencé par le rock progressif. Quelle incidence cela a sur tes morceaux ?

J’ai toujours aimé les musiques progressives. Dans mes morceaux, j’aime beaucoup qu’il y ait ce côté progressif, et puis j’utilise beaucoup mes guitares. J’aime aussi les batteries acoustiques que j’utilise pas mal, surtout dans mes sons à venir. D’ailleurs, dans mes prochains titres, on trouvera quelques pistes de 10 voire 15min, avec un caractère très progressif.

 

Niveau influences, on évoque The XX et Stephan Bodzin, quelles sont les autres ?

J’en ai beaucoup, comme tout le monde je pense. On pourrait parler de Pink Floyd, Jon Hopkins, Air, Moby, Massive Attack, Philip Glass, Kiasmos, Extrawelt…

 

Ta capacité à pouvoir jouer avec des instruments te poussent à composer avec des machines en parallèle des VST. Quel est ton set-up de studio du coup ?

J’ai une guitare électrique Gibson avec un ampli Marshall, une guitare acoustique Arts & Lutherie, une guitare classique, plusieurs micro, un Nord Lead, Maschine de NI, un Korg Wave Drum, beaucoup de synthé en VST comme le Mini Moog, le Prophet, le Jupiter, le Modular, etc… J’ai aussi la collection Komplete de NI, une carte son avec un casque Ultrasone Pro 900, des enceintes de monitoring Yamaha HS8, j’ai aussi beaucoup de VST pour le mixage, EQ, compresseur, reverb… et puis Ableton!

 

Comment tu t’y prends pour composer, tu nous expliques un peu ton processus créatif ?

Je n’ai pas vraiment de marche à suivre en fait. Parfois je commence par composer à la guitare ou au piano, parfois je commence par faire les drums. Je trouve ensuite tous les éléments puis je me mets à faire la structure pour finir par le mixage.

 

Un LP ? Oui j’y pense depuis pas mal de temps, mais je ne veux pas aller trop vite

 

Tu vas collaborer avec Rafael Cerato, qui est aussi un espoir de la scène techno française. Comment vous vous êtes rencontrés ?

On a signé sur Diynamic tous les deux, puis on a sorti un remix sur Be Free Recordings et un autre sur Chapter 24 sur les mêmes EPs. Au final, on a décidé d’essayer une collaboration. On a déjà fait 2 tracks et une des deux est déjà signée sur Jeudi Record le label d’Adana Twins et Doctor Dru.

 

Pourquoi avoir décidé de vous mettre à travailler sur des morceaux ensemble ?

On fait tous les deux des morceaux assez mélodiques, mais tout de même assez différents, lui très pêchus et très orientés sur les arpèges, moi plus deep et plus basés sur des mélodies de fond avec des nappes bien présentes. On s’est dit que ça pouvait donner un mélange sympa de confronter nos deux univers.

 

Tu as beaucoup de sorties qui arrivent dans cette première partie d’année. Tu vas lâcher un peu le studio du coup ?

Oui cette année commence plutôt bien, j’ai déjà une dizaine de sons prévus d’ici juillet. Après, je ne lâche jamais vraiment le studio, je fais de la musique pour ça, composer c’est que j’aime profondément et je ne me vois pas passer plus d’une semaine sans aller en studio composer un peu.

 

Avec ta musique mélodique, et ton attachement à la structure du morceau, on est persuadés que tu as l’idée d’un LP en tête. Vrai ?

Oui j’y pense déjà depuis pas mal de temps, mais je ne veux pas aller trop vite. Je préfère pour l’instant sortir des EP, et attendre encore un petit peu avant de prévoir un album.

 

A quoi pourrait-il ressembler ?

Tout d’abord dans un album je trouve important le fait qu’il y ait une « histoire », un fil conducteur et un enchainement cohérent. Je construirais donc mon album avec ça en tête. J’imagine un mélange entre des sons très deep voir ambient, toujours mélodiques et entre électronique et acoustique, avec l’utilisation d’instruments comme la flûte, le piano la guitare, le violon et des éléments de batterie acoustique. Et puis aussi des sons un peu plus punchy, mais toujours avec des mélodies et des nappes, et ce côté acoustique.

 

 

Tu penses aussi à faire des performances lives, ou c’est encore un peu tôt pour toi ?

J’y pense très fortement oui. En 2015 je n’avais pas encore assez de morceau pour faire un live, mais là je commence à avoir ce qu’il faut et je suis même en train de commencer à le préparer.

 

Tu as 21 ans, on se demandait donc comment tu voyais évoluer la techno, toi qui est de la même génération que nous. Est-ce que tu penses que ça va continuer à grandir encore et encore jusqu’à finir par exploser et revenir à un certain anonymat, ou bien c’est voué à rester aussi haut ?

Je pense que ça va continuer à monter encore quelques années, puis que ça va évoluer vers un mélange plus intense entre musique électronique et acoustique. Je pense que c’est surtout la grosse techno style Berlin, qui ne va pas durer encore très longtemps. Mais j’imagine un bel avenir pour les styles de techno house plus mélodiques et plus acoustiques.

 

D’ailleurs, tu te vois faire de la techno encore longtemps, ou tu restes prêt à varier progressivement de style au fur et à mesure de ta carrière ?

Je ne suis pas du genre à me cloitrer dans un style en particulier, je fais ce qui me plait au moment donné, en ce moment c’est la deep house, techno. En fait c’est surtout le style d’ambiance assez deep, et le côté mélancolique et émouvant que je pense faire pendant encore très longtemps. Après pour le style de musique, je suis ouvert à beaucoup de chose, j’adore par exemple le trip hop et la musique classique, et même particulièrement la musique de film, j’aimerai beaucoup en faire plus tard, et je pense déjà à me lancer dans des projets incluant de la musique cinématique.

 

 

Quiz express

 

Vinyle ou digital ?

Digital.

 

Live ou DJ set ?

Live.

 

Le dernier film que tu as vu ?

Seigneur des anneaux pour la 1000ème fois (rires).

 

Le dernier livre que tu as lu ?

« Pour en finir avec dieu » de Richard Dawkins.

 

La dernière série que tu as vue ?

Game of Thrones.

 

Ton morceau fétiche du moment ?

Immunity de Jon Hopkins.

 

 

Le morceau qui ne te quitte jamais depuis des années ?

Shine on you Crazy Diamond de Pink Floyd.

 

 

Le LP qui t’as marqué en 2015/2016 ?

Stephan Bodzin – Powers of Ten bien sûr…

 

Plutôt before ou after ?

Before.

 

Le lieu où tu as joué qui t’as le plus impressionné ?

Je n’ai pas encore joué dans énormément d’endroits, mais j’ai beaucoup aimé le social club à Paris.

 

Le lieu où tu rêves secrètement de jouer ?

DGTL festival.

 

Au fond, le bonheur le plus simple, c’est quoi ?

Une sieste avec un live dans les oreilles après un bon repas (sourire).

 

Romain Conversin

 

Photo en UNE : © Jade Bouchardeau

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