ITW : De La Swing, l’effet Domingo

ITW : De La Swing, l’effet Domingo

De La Swing – Domingo Bellot de son vrai nom – a su s’imposer comme un DJ très important de la scène espagnole et même mondiale. Le producteur né à Madrid ne veut pourtant pas se reposer sur ses lauriers et il prépare une année 2016 chargée avec beaucoup de sorties de nouveaux sons. L’homme, qui est aussi à la tête du label Elrow, se livre sans concession sur son amour de la musique, sans pour autant éluder l’aspect purement business inhérent à l’industrie musicale. Rencontre.

 

english version below

 

Techno Cadeau : quel a été le moment clé, qui t’a donné envie de te lancer dans la composition de musique électronique ?

De La Swing : très vite après mes premières soirées dans le DJ booth, j’ai senti grandir en moi le désir d’avoir mon propre home studio, et j’ai commencé à produire mes premiers morceaux. Si je me souviens bien, j’ai commencé à faire mes premiers rythmes hip-hop en 2003, pour mes amis du quartier. J’avais enregistré ces beats moi-même dans le sous-sol de mes parents. Le résultat n’était pas si professionnel, mais nous avions bien ri à l’époque.

 

Tu as des liens avec la musique depuis ton plus jeune âge. Tu as joué de la batterie, de la guitare quand tu étais jeune. Pourquoi ne pas avoir continué dans le rock ?

Depuis que je suis adolescent, je baigne dans les rythmes de batterie, les riffs de guitares, les mélodies de piano, et puis, chez mes parents, il y avait des disquettes avec des séquences MIDI de l’orchestre de mon père dans tous les recoins. C’était donc évident que tôt ou tard, j’allais commencer à faire quelques essais avec des instruments. J’ai commencé par la guitare, puis la batterie. J’ai aussi été membre de quelques groupes de mon quartier, et très vite, j’ai réalisé que j’étais le gars bizarre, qui espérait que le week-end arrive enfin pour ne pas jouer avec mon groupe, et aller dans des soirées ou des raves. Peu de temps après, j’étais tout anxieux derrière mes decks, avec la volonté de faire danser les gens.

 

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as opté pour le nom de scène, De La Swing ?

Quand je suis arrivé à Barcelone, j’étais encore actif sur la scène drum & bass, mais comme j’ai décidé de changer de style, je devais aussi changer d’alias. En général, les artistes techno utilisent leur propre nom. Dans mon cas, je n’étais pas sûr que cela fonctionne vraiment – mon vrai nom est Domingo Bellot, ce n’est pas vraiment très vendeur – et j’ai donc dû chercher une alternative. Je voulais quelque chose qui marche autant en Espagne qu’à l’étranger. Après plusieurs jours à réfléchir à des noms, sans être convaincu par un seul, je me suis arrêté, et je me suis dit : « d’où je viens ? ». Je viens de la d&b, du swing. Swing signifie oscillation et la d&b, c’est une constante oscillation. J’en ai donc conclu que je venais du swing, et j’ai donc choisi : De La Swing.

 

Quel était l’état de la scène techno quand tu as commencé à te lancer dans le DJing ?

Quand j’ai démarré la d&b, je vivais à Madrid. A l’époque, la scène techno vivait des années fastes. Je fréquentais des endroits comme Soma (Leganitos), Cocoon (Amaniel), Copelia, Macumba ou l’Aqualum, où tous les week-ends de grands artistes comme Claude Young, Jeff Mills, Marco Carola, Claudio Coccoluto, Oscar Mulero ou encore Carl Cox venaient mixer. Il y avait également un des artistes préférés de la scène techno madrilène, et mon préféré également : Laurent Garnier. Il a provoqué quelques tremblements de terre dans la capitale à chaque fois qu’il est venu. En dehors de Madrid, le club Florida135 connaissait également un franc succès avec Tony Verdi, Francesco Farfa et John Acquaviva en tant que résidents.

 

Si des gens téléchargent illégalement ta musique, ton travail atteint tout le monde. Le temps en studio vaut donc le coup.

 

Quels sont les changements que tu notes entre tes débuts et aujourd’hui sur la scène techno en Espagne notamment ?

Le plus gros changement a surtout été l’arrivée des laptops et des logiciels comme Traktor et Serato, mais aussi la progressive déclinaison de notre cher vinyle. Dans le même temps, de nouveaux DJs essaient de le relancer partout comme une épidémie…

D’un autre côté, nous avons vécu un dramatique changement dans la musique électronique. Il y a encore 10 ans, les styles musicaux étaient plus définis, la techno était la techno et rien d’autre. Aujourd’hui, chaque style a 100 dérivés, maintenant tu as la techno-house, la techno minimale, la progressive techno, la deep techno, et si on commence à parter de la house, on retrouve un nouveau style qui sort chaque jour.

Un autre changement majeur a été la fermeture de centaines de clubs, ce qui a affecté la scène de façon gigantesque. Je me rappelle quand je faisais la fête dans la capitale, à Madrid. On pouvait sortir le mercredi et il était largement possible de ne rentrer que le mardi suivant tant l’offre était grande.

 

Tu disais dans une interview, accordée à Monkey Place Music, que tu étais un peu nostalgique du temps où on devait attendre pour la sortie d’un vinyle, et où on devait aussi attendre de réunir l’argent pour l’acheter. Tu penses que la musique est devenue un produit de consommation à cause de la montée du digital ? On achète, on écoute, on jette…

Pour moi, il y a deux sortes de sorties : celle qu’on écoute, qu’on essaie sur le dancefloor, puis qu’on efface, et qu’on utilise plus jamais ; et celles qui parviennent jusqu’à ta playlist, et que tu vas jouer semaine après semaine. Il y a une grosse différence avec le vinyle, parce que quand tu vas acheter un vinyle, tu vas faire une sélection de 10 à 15 pièces, puis tu vas réduire à 8-10 pièces, pour finir par avoir que de la très bonne musique, que tu auras sélectionnée avec ton âme. C’est l’opposé de ce qu’il se passe avec les téléchargements digitaux. Tu as tout ce que tu souhaites à portée de main, du coup on se retrouve distrait par l’écoute infinie de morceauxpour trouver ce dont on a besoin.

 

Donc tu fais partie de ces gens qui défendent le vinyle car il permet de maintenir la musique comme un objet de valeur ?

Pas seulement à cause de ça. Je n’ai jamais arrêté d’acheter des vinyles. La bonne chose est qu’aujourd’hui, il y a du matériel musical qui n’a jamais été édité en digital, qui sort uniquement en vinyle, ce qui en fait une exclusivité. Je soutiens cette perspective de la part des labels.

 

Que penses-tu du téléchargement illégal ? Certains artistes ont un avis plutôt favorable sur la chose, parce que cela signifie que beaucoup de gens écoutent leurs morceaux…

Je ne suis pas contre le téléchargement illégal. La majorité des producteurs ne font pas de la musique pour vendre et gagner de l’argent, mais pour que nos noms en tant que DJs atteignent le public et les promoteurs. C’est le meilleur moyen d’être booké. Si des gens téléchargent illégalement ta musique, ton travail atteint tout le monde. Le temps en studio vaut donc le coup. Une fois en club, là tu peux faire écouter à ton public ce qui est « unreleased ».

 

Si tu ne commences pas à produire tes propres morceaux, ta carrière a tout de suite une date d’expiration.

 

A propos du streaming, on entend souvent que beaucoup d’artistes ne reçoivent pas l’argent qu’ils devraient obtenir, car la répartition des royalties n’est pas assez bien allouée. Quel est ton avis sur la question ?

La distribution des royalties est une lutte sans fin. C’est toujours difficile d’obtenir les revenus que tu mérites à la SGAE (ndlr : l’équivalent de la SACEM en Espagne). Tu dois leur envoyer une liste des morceaux de chaque performance que tu as réalisée, avec le flyer de la soirée et d’autres documents. Je suis souvent assez énervé par ce système. Pas forcément par l’argent que je ne reçois pas, mais pour les taxes que les clubs doivent payer : 15% sur chaque ticket d’entrée, qui ne vont donc pas aux principaux artistes. J’espère juste que nous allons trouver une alternative, et un système plus juste rapidement.

 

Tu es membre du label Elrow, et donc résident des soirées Elrow. Quelle est l’atmosphère entre les différents producteurs de cette structure ?

L’atmosphère est géniale. On est une famille, avec des hauts et des bas, mais en général on baigne dans l’harmonie et les bonnes ondes. Bien sûr, cela serait mentir de dire qu’il n’y a pas de rivalités entre nous, mais c’est ce qui nous permet de ne pas nous reposer sur nos lauriers, et cela nous pousse à travailler toujours plus dur chaque jour en donnant le meilleur de nous-même. Cependant, entre nous, les portes sont toujours ouvertes. Nous souhaitons tous la réussite de chacun des membres de l’équipe, et on espère que nos carrières suivront des lignes parallèles. Quand on est ensemble, on parle toujours de musiques, des clubs, de production. Bien sûr qu’il y a une certaine émulation entre nous, on n’a aucun secret l’un pour l’autre. J’essaie toujours d’aider quand je peux le faire, et si l’un d’entre nous signe des morceaux sur un gros label, on fête ça tous ensemble.

 

Tu es aussi le manager du label. Quelles tâches cela implique, en dehors de la production de musique ?

Je fais surtout des tâches de A&R (ndlr : artists and repertoire). Je cherche des artistes pour faire des remix. J’envoie les informations aux designers, les sons pré-masterisés aux studios de mastering… Je suis en contact de façon constante avec les managers, qui travaillent avec nos artistes, et avec d’autres, qui sont intéressés par notre label. Je m’occupe également de l’animation des réseaux sociaux, des partenariats entre le label et les distributeurs, etc. En résumé, c’est un travail très intense, mais très intéressant, qui nous récompense en nous ouvrant de nouvelles portes, et des opportunités dans l’industrie musicale.

 

Tu es DJ depuis quelques années maintenant, mais tu as mis du temps avant de composer tes propres morceaux. Pourquoi ?

C’est simple. Le travail de DJ est quelque chose que je vois sur le long terme, si tu veux rester en constante évolution. Si tu ne commences pas à produire tes propres morceaux, ta carrière a tout de suite une date d’expiration. Ça ne veut pas dire que je vois ça comme une obligation, j’adore produire mon propre son, et que les gens puissent danser dessus. C’est juste un autre objectif à atteindre.

 

 

Ça veut dire qu’à un moment donné de ta carrière, tu as pensé ne faire que du Djing ?

Il fut un temps, où je pensais que les bons DJs n’étaient pas de bons producteurs et vice versa. Aujourd’hui, je pense que je n’ai pas tort à 100%. Beaucoup préfèrent faire de la musique non-stop en studio, quand d’autres apprécient plus le fait de digger pendant des heures à la recherche de la sélection parfaite. Personnellement, j’aime combiner les deux, mais je dois avouer que produire sa propre musique, prend un temps fou, et il y a des semaines, où je n’ai même pas le temps de faire la sélection de sons que j’aime avant le week-end.

 

En Espagne, la plupart des DJs se tournent vers un son orienté tech-house. Tu peux nous expliquer pourquoi ?

Ce style ne vient pas juste d’Espagne, mais du monde entier. Ce genre musical est monté en puissance, étape par étape, jusqu’à devenir un des genres les plus puissants de la musique électronique, et c’est vrai qu’il est très apprécié à Ibiza. Pendant l’été, l’île se transforme en showcase des tendances musicales, et la tech-house est très présente dans tous les clubs, ce qui a entraîné une popularité grandissante dans toute l’Espagne. De plus, l’Espagne est un pays avec beaucoup de festivals techno et tech-house, c’est les sons favoris du moment.

 

De ton côté, tu es très versatile, et tu tentes de varier les styles dans tes sets notamment. Pourquoi ce choix ?

J’ai toujours préféré que mes sets soient éclectiques, tout en gardant une logique dans la sélection musicale. Je cherche à ce que mes sets soient dynamiques, et que la foule soit toujours en train de regarder le DJ, tout en se sentant quand même comme le personnage principal. J’ai aussi envie que la foule se demande ce qui va arriver ensuite. « Avec quel son il va nous surprendre maintenant ? ». Je n’ai pas du tout envie de sonner « puriste » et de faire des sets ennuyeux. Tu peux très bien faire un set underground respecté par tes pairs, tout en gardant le côté fun. Les gens veulent s’amuser et oublier leur quotidien.

 

Ce n’est pas un peu compliqué d’avoir du succès en multipliant trop les styles ?

Je ne me suis jamais vu dans cette situation. Pendant plus de 10 ans, ma carrière était centrée sur la d&b, et puis sur la techno/house, donc je n’ai pas travaillé sur les deux styles en même temps. Mais je pense que si tu diriges ta carrière vers une seule direction, les résultats seront plus positifs. Jack of all trades, master of none (ndlr : expression se disant d’une personne, qui a de nombreux capacités, sans avoir un réel talent).

 

Je ne vois pas l’opposition EDM/underground à Ibiza, comme une lutte.

 

Tu nous parlais d’Ibiza, tu y joues souvent. De l’extérieur, l’île est quand même vue comme un temple de l’EDM. Comment la scène techno parvient à se battre contre cette offre mainstream ?

Oui je vais souvent à Ibiza, mais pour être honnête, je ne suis encore jamais allé à une soirée EDM. Je sais que c’est un genre qui attire l’attention d’une grande partie des clubbers de l’île, surtout les étrangers, mais notre genre à nous, a aussi sa place sur l’île. Je ne vois donc pas ça comme une lutte. Pour le moment… (rires).

 

Tu as joué avec beaucoup de DJs de légende. Lequel t’as fait la meilleure impression au niveau de ses qualités humaines ?

Joris Voorn et Laurent Garnier.

 

Quels sont les artistes, qui continuent à t’influencer aujourd’hui ?

Plus que des artistes, je suis constamment influencé par les genres musicaux et leurs styles. Quand je suis en studio, j’aime beaucoup l’aspect funky et hip-hop, qui émerge de mes productions. Très bientôt, au cours de l’année 2016, vous allez comprendre de quoi je parle…

 

Tu as fait beaucoup de remix. Pourquoi, trouves-tu ce genre de production si intéressant ?

Je ne sais pas dire non ! (rires) C’est pour cela que je fais tant de remix, mais je trouve que c’est très intéressant de collaborer avec des artistes que je respecte et d’apposer ma patte personnelle à d’autres créations.

 

 

Mais c’est aussi un moyen d’être plus reconnu si tu remixes des artistes connus, non ? C’est une façon d’améliorer ton réseau ?

Quand tu as l’opportunité de remixer un grand artiste, tu dois vraiment être appliqué, parce que c’est un très bon moyen de promouvoir ton projet, et c’est véritable main tendue vers l’industrie musicale. Mais commencer à ne faire que des remix comme un fou n’est pas vraiment conseillé. Tu dois faire tes propres musiques et les sortir sur un bon label.

 

Toujours dans l’interview accordée à Monkey Place Music, tu indiquais que tu préférais la musique organique. Quel est ton set-up de studio du coup ?

Pour les sons organiques que j’utilise en studio, voici quelques appareils de qualité que j’ai collectés ces dernières années. Je travaille avec des synthétiseurs analogues comme le Moog Sub37 ou le Moog Minitaur, mais aussi avec les Roland 808 et 707. Pour le reste je travaille sur VST ou DAW (ndlr : station audionumérique).

 

Quels sont tes futurs projets ? On a entendu qu’un LP était dans les clous ?

Oui j’ai un album en préparation. C’est une collaboration avec Fran Rives pour le label Florida Music. C’est un projet, qui n’a pas vraiment avancé ces quatre derniers mois, car je suis concentré sur le fait de produire des morceaux originaux pour 2016, et je n’ai pas vraiment été concentré sur l’album. Mais je suis tout de même content des sons que je vais sortir cette année.

 

 

Quiz express

 

Vinyle ou digital ?

Vinyle

 

Live ou DJ Set ?

Dj Set

 

Fête dans un gros club ou plus intimiste ?

Fête dans un club

 

Ton film favori ?

La Vita è Bella de Roberto Benigni

 

Ta série favorite ?

Friends

 

Ton artiste favori ?

Andy C

 

Ton son favori ?

DJ Marki & XRS – Lk feat Stamina Mc

Shy Fx & T-Power – Shake you Body

 

Ton LP favori ?

En ce moment j’écoute So Many Colours de José Padilla et Lydmor sur le label International Feel Recordings

 

Romain Conversin

 

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English version

 

What was the key moment which helps you to decide to do some electronic music?

Shortly after my first appearances at DJ booths, my interest for having my own home studio awoke and I started to produce my own tunes. If I remember correctly, I started in 2003 making hip-hop rhythms for my friends from the hood. I recorded those myself in my parent’s basement. The result was not so professional, but we laughed a lot!

 

You’ve been linked to music when you were very young. You’ve played drums and guitar when you were young. What didn’t you continue to make rock music?

Since I was a teenager, in my home we lived amongst drum rhythms, guitar riffs, piano melodies and there was diskettes with MIDI sequences all over the place, from my dad’s orchestra. It was obvious that sooner or later I was going to start messing around with some instruments, first the guitar, then the drums. I also collaborated with a couple of bands from my neighbourhood, and soon realized that I was the ‘weirdo’, hoping that the weekend finally arrived not for playing with my band, but for going out on party or going to raves. Shortly after that I was anxious to be behind the decks and make the crowd dance.

 

Can you explain to us, what did you choose to be known as De La Swing?

When I arrived to Barcelona I was still active in the d&b scene, and because I switched genre, that forced me to change my alias too. In general, techno artists use their own First and Last names. In my case I wasn’t so sure it will work with me (my real name is Domingo Bellot, not very commercial as you see) and I had to look for an alternative… I wanted something that worked both in and outside of Spain. After days thinking names and not being convinced by any, I stopped and thought “Where do I come from?”… I come from d&b, from the swing, swing means oscillation and the d&b genre is continuous oscillation. So I concluded: “Where do I come from?” I come from the Swing: so De La Swing.

 

What was the condition of Spanish techno scene when you began to Djing?

When I started with d&b I lived in Madrid, the techno scene was living a great moment, I frequented places like Soma (Leganitos), Cocoon (Amaniel), Copelia, Macumba and Aqualum, where each weekend big artist like Claude Young, Jeff Mills, Marco Carola, Claudio Coccoluto, Oscar Mulero, Carl Cox and one of the favourite artist of Madrid’s techno scene and my own: Laurent Garnier. He made earthquakes in the capital each time he came. Away from Madrid, the club Florida135 was also in the hype, with Tony Verdi, Francesco Farfa and John Acquaviva being residents.

 

What are the change between your beginning as a DJ and now in Spain about techno scene?

Mainly, the biggest change has been the arrival of laptops and software like Traktor and Serato, also the fading away of our dearest vinyl and, at the same time that new DJs sprout like a plague everywhere. On the other hand, music has lived a dramatic change, as 10 years ago the styles were more defined, techno was techno and nothing else. Now each style has a 100 last names, now you have techno house, techno minimal, progressive techno, deep techno and if we start talking about house, each day we have a new style in the genre coming out. Other change has been the closing of hundreds of clubs, that have affected the scene tremendously. I remember partying in the capital, in Madrid, and you went out on Wednesday and you could easily come back next Tuesday, as there was a big and strong club offer.

 

You said in an interview that you was a bit nostalgic of time when you was waiting to Vinyl release and when you had to wait to have money to buy it. Do you think music is a consumer product today because of digital? We buy, we listen, we throw…

For me, there are two kind of releases: the ones you listen, try on the dancefloor and erase them after and never use them again; and the ones that made it to your playlist, playing week after week. There is a big difference with vinyl, because when you were going to buy vinyl you made a selection of 10-15 pieces, then reduce it to 8-10 and the result was a repertoire with really good music, carefully selected and with soul. This is the opposite of what happens with digital downloads, you have everything at your reach but we get distracted having to hear infinite tracks to find what we really need.

 

So you’re kind of person who defend vinyls because it maintain music as an object with value?

Not only because of that. I never stopped buying vinyl, the good thing is that, nowadays, there are materials that are never edited on digital but are out only on vinyl, making it exclusive, and I support this perspective from record labels.

 

What do you think about illegal downloading? Some artists think that it is a good thing because it means that a lot of people are listening to their tracks…

I’m not against illegal downloads, the majority of producers don’t make music to sell and earn money from that, but for our names as DJs reach the crowd and promoters, that’s the best way to get booked. If people download music for free but thanks to that your work reaches everyone, the time spent in the studio is worth it. Once in the club, then you can show people what’s unreleased.

 

And about streaming, we heard a lot that artists doesn’t become money they should have earned, because the repartition of royalties is not good enough. What do you think about it?

The distribution of royalties, in general, is a continuous struggle; it’s difficult to get your term incomes at the SGAE (Spanish Copyright society), where you have to deliver a list of tracks of each gig you play at, attaching the flyer of the party and other documents. I always get very pissed off with this, and not because the money I’m not getting, but for the tax that clubs pay for (15% of each entry ticket, that don’t go to the author’s income). I just hope that we find an alternative and a more fair system soon.

 

You’re member of Elrow Label, and residents of Elrow party. What is the atmosphere between producers of this crew?

The atmosphere is great, we’re family, with our ups and downs, but in general we breathe harmony and good vibes. Of course I would be lying if I didn’t recognize that there is some kind of rivalry among us, but that’s what make you not relaxing and working harder each day giving the best of you. But among us the doors are always open, we just want the success of the others and our careers being following parallel linesWhen we get together, we’re always talking about music, clubs, and productions. Of course we stimulate each other, we make music together, we don’t have secrets, I always try to help in what I can and if anyone gets signed by a big label we all celebrate.

 

You’re the label manager. What do you do in addition to you producer tasks?

I mainly do A&R tasks, I look for remixes for the artists, I send the info to designers, the premasters to the mastering studio… I’m in constant contact with the managers working with our artists and with others that we’re interested in, also Social Networks, the partnerships between the label and distributors, etc. Summarizing, a very intense but enjoyable work that pays off by opening new doors and opportunities in the music industry.

 

You’ve been DJ since a few years now, but you’ve waited some time before producing your own tracks. Why?

It’s simple. This job is a long distance run, if you’re willing to keep evolving. If you don’t start producing, you career automatically gets an expiry date. This doesn’t mean I see it as an obligation, I love producing my sound, that people dance to my creations. It was just another goal to achieve.

 

At one time, did you thought about making a career with only Djing?

There was a time where I thought that good DJs were not good producers and vice versa. Today, I think I’m not a 100% wrong. Many prefer be doing music non-stop in their studios, while others prefer to be seeking for music many hours a day to get the perfect selection. I like to combine both, but I must admit that producing music takes you a hell lot of time and there are some weeks that I’ve barely found time to make that selection of songs that I like before weekend.

 

In Spain, a majority of DJs are making a Tech-house sound. Can you explain why?

That style doesn’t just come from Spain, but from all over the world. That sound, little by little, consolidated till becoming one of the strongest genres in dance music and very praised in Ibiza. The island during summer is a showcase for musical trends and tech house is very present in all of the clubs, which lead us to the growing popularity in mainland Spain. Beside, Spain is a country with a lot of techno and tech-house festivals, is our favourite sound.

 

You chose to be more versatile and to vary the styles, why?

I always liked my sets to be eclectic, but always with logic in the musical selection. I seek the set to be dynamic, fun, that makes you feel, that the crowd is always looking to the DJ, but feeling as the main characters and asking themselves what will come next. With which song is he going to surprise us now? I don’t want to sound purist and make boring sets. You can make an underground set fun and respected by your peers. People just want to have fun and forget they daily lifes.

 

Isn’t it a bit hard to have success when you multiply music styles?

I haven’t seen myself in that situation. My career was focused on d&b for more that 10 years and, later on, to techno house, so I haven’t worked both styles at the same time. But I guess that if you point your career in one direction, the results will be more positive. Jack of all trades, master of none.

 

You’re playing a lot in Ibiza. This island is seen as an EDM temple. How is the techno scene fighting against the mainstream offer?

Yes, I go a lot to Ibiza but, being honest, I’ve never been to an EDM party yet. I know it is a genre that drives the attention of a big part of the Island’s clubbers, mainly foreign crowd. But our genre has its space in the Island; I don’t see it as an struggle. For now hahaha.

 

You’ve played with a lot of historical DJs. Who makes you the best impression by his human qualities?

Joris Voorn & Laurent Garnier.

 

What are the artists who continue to influence you even today?

More than artists, I’m being constantly influenced by music genres and styles. In the studio I like funky and hip-hop sounds merging with my productions, soon in this 2016 you’ll understand what I’m talking about…

 

You’ve made lots of remixes. What is interesting for you with this kind of productions?

I don’t know how to say no hahahahaha. That’s why I do so much remixes, but I think it’s interesting to collaborate with other artists that I respect and put my personal character to others creations.

 

It’s a way to being better known when you remix some famous artists no? Is this a way to get to improve your network?

Having the opportunity to remix a great artist is a work you must put all your senses in, because it can be a good way of promoting you and it is a helping hand in the industry. But to start and making remixes as a crazy guy is not very advisable, you have to make original tracks and release them in good labels.

You’ve said in an ITW that you prefer organic music. What is your studio setup?

Referring to organic sounds that I use in the Studio, those are examples of good quality devices I’ve been collecting these years. I’m working with analogue synths as the Moog Sub37 or the Moog Minitaur, also the Roland’s 808 and 707. Everything else I do it on VSTs or DAWs.

 

What are your futures projects? We’ve heard that an LP is coming…T

Yes, I have an album in progress, It’s a collab with Fran Rives for Florida Music label. It is a project that hasn’t moved much in the last four months because I’m focused on producing original tracks for 2016 and I couldn’t pay much attention to it, but I’m happy with the results and the sound I’m gonna release next year.

 

Quizz express

 

Vinyl or digital?

Vinyl

 

Live or Dj set?

DJ Set

 

Party in a big venue (club for exemple) or more intimate party?

Club party

 

Your favourite movie?

La Vita è Bella, by Roberto Benigni

 

Your favourite serie?

Friends

 

Your favourite artist?

Andy C

 

Your favourite song ?

Dj Marky & XRS – Lk feat Stamina Mc

Shy Fx & T-Power – Shake you Body

 

Your favourite LP?

Now listening to: So Many Colours – José Padilla , Lydmor – International Feel Recordings

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