ITW : Heather H. Celeste, une atmosphère à part

ITW : Heather H. Celeste, une atmosphère à part

Fin septembre 2015, l’Américaine Heather H. Celeste a sorti un ovni musical : un album de 21 titres intitulé « Modern Death », dans lequel elle navigue entre cold techno, noise et dub. Outre ce côté expérimental, c’est surtout le fait d’apposer sa voix, calfeutrée derrière les mélodies, telle un autre instrument, qui dessine une trame mystique. Derrière cette musique mystérieuse, se cache une artiste qui travaille sur les textures, mais également sur la notion d’espace temps. Une productrice singulière qu’on a pris plaisir à découvrir.

 

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Techno Cadeau : avec cet album, tu as décidé d’utiliser ta voix comme un instrument. Avec cette direction artistique bien précise, on sent que ta voix permet de dessiner une trame en parallèle de la mélodie. C’est quelque chose de rare dans la musique électronique, peux-tu nous expliquer ce choix ?

Heather H. Celeste : j’aime beaucoup l’équilibre d’une mélodie et j’ai choisi de placer les vocals derrière pour donner un accent à la musique. La mélodie reste la structure principale mais j’ai voulu compenser la symétrie avec ma voix et ses vibrations.

 

Peut-on dire que ta musique est composée de vocals, ou au contraire que la voix est tellement utilisée comme un instrument que ça en devient une musique tout instrumentale ?

Honnêtement je ne sais pas trop. En général j’espère que mes parties vocales apportent plus d’ambiance à un beat qui va être plus percussif, ça permet d’ajouter une touche d’émotion à l’ensemble. Je pense que ma musique pourrait s’avérer plus instrumentale sur certains points, mais je ne m’en rends pas vraiment compte. De toute façon, je laisse le soin à chaque personne de l’interpréter comme bon lui semble.

 

Quelle était l’idée principale derrière ton LP « Modern Death » ?

La manière dont on conçoit le design, la façon dont nous percevons l’architecture sont des formes de gestalt collective (ndlr : Gestalt, dérivé de l’allemand, et qui est utilisé en psychologie pour décrire des formes ou des structures auxquelles sont reliées des perceptions). Tout est histoire de perception. Chacun a une réalité propre à lui-même, et pour moi, la musique est la fondation de la création de la réalité à partir d’une forme à flux constant. La conception peut créer un état d’esprit dans des lieux vides qui peut imiter la mort, et l’idée même de ce qu’est la mort. Certaines formes d’architecture moderne que nous voyons aujourd’hui, surtout en Europe, peuvent contribuer à créer des souvenirs du monde. L’architecture moderne s’attache aujourd’hui aux structures cubiques. Le sens premier du cubique est lié au désire de l’ordre. Ainsi, nous pouvons être nos propres frères de fonctionnement de ce qui nous a conçus. De manière plus transparente, c’est pour cela que j’ai choisi d’ajouter le mot « Death » au mot « Modern ». Je ne suis pas en train de dire que la modernité est négative, au contraire. Cet album tourne autour des espaces ouverts dans les structures modernes, qui imitent les sentiments de néant, ou du moins, le néant est ma perception personnelle de ce que peut être la mort.

 

 

Tu as décidé de placer pas moins de 21 morceaux dans cet album. Quand on évoque un LP dans l’industrie musicale, ce n’est pas commun de voir un album avec autant de morceaux. Pourquoi avoir pris cette décision-là ?

A l’époque, aux alentours de décembre 2014, j’enregistrais énormément de morceaux. 21 morceaux, c’est plus que ce que contiennent généralement les LP, mais j’avais plusieurs styles dans chaque morceau et je voulais absolument les placer dans « Modern Death ». Il y a un art différent à chaque morceau, qui contribue à l’essence même de l’album.

 

Plus spécifiquement, pourquoi avoir appelé cet album « Modern Death » ?

J’ai utilisé ce titre car le mot « Modern » est en constante évolution. Notre manière de concevoir des structures particulières, pourquoi on le fait, comment ? Tout cela peut avoir un sens plus profond dans notre subconscient selon l’endroit d’où l’on vient. Nous sommes des humains placés sur terre pour être des programmeurs, des designers ou simplement des observateurs de la planète et il va arriver un moment où je pense que nous n’aurons plus besoin d’enveloppe corporelle et nous serons dans un vaste océan de conscience. Pour moi, la musique est un bien meilleur moyen de communication. Je pense que nous avons été placés sur terre pour utiliser la technologie avec le but de bonifier le jardin d’Eden, pas pour le détruire ou vivre dessus. Nous quittons le « Jardin » pour une raison dont nous n’étions pas conscient lorsque nous étions encore que des singes, parce que nous ne sommes pas originellement d’ici. La mort est un moyen de revenir de là où l’on vient, pour être ce que nous sommes – des créateurs, des artistes, des ingénieurs – et je précise « Mordern Death » d’une manière positive et non négative. « Modern » pourrait avoir le sens d’origines et la mort explique le retour à nos machines abiotiques.

 

Quelle est ta relation avec la mort ?

Je vois la mort comme quelque chose qui inclue la vie en elle. Pour moi, ce n’est ni négatif, ni quelque chose que l’on doit craindre. C’est un endroit d’où l’on vient et que l’on se représente toujours de façon subconsciente via la solitude et des endroits vides dans la vie, en utilisant des structures de ciment.

 

Quelle serait la mort idéale à tes yeux ?

Ah… Je ne suis pas vraiment prête à répondre à cette question pour être honnête. Je ne suis pas vraiment sûre. Bonne question…

 

Quand j’écoute de la musique, les changements soudains de beats et de groove modifient ma perception du temps.

 

On a découvert avec cet album que tu aimes beaucoup créer des atmosphères lourdes. On se trompe ?

C’est très correct. J’adore les atmosphères dans la musiques, surtout en y combinant un beat ou un rythme répétitif. Selon moi, cela peut rendre une musique tellement plus intéressante et pleine d’émotions.

 

Quelles ont été tes sources d’inspiration lors de ton processus de composition ? Plutôt des films, des paysages, voire des personnages ?

Bonne question. Quelquefois, certaines scènes aléatoires ou des paysages apparaîssent dans ma tête lorsque je chante. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi, mais ensuite, j’écris des lyrics basés sur des sortes d’animations qui me passent dans la tête. Cela m’arrive aussi d’avoir des idées sur certains personnages de scènes qui se sont créées dans ma tête.

 

Certains sons de l’album sont un peu plus catchy et on peut facilement danser dessus. C’était un de tes objectifs en créant l’album, de pouvoir désarmer les sens de tes auditeurs ?

J’ai grandi en dansant et j’ai ensuite été intéressée par les percussions et la batterie. La raison principale pour laquelle je fais de la musique c’est pour pouvoir danser et m’amuser dessus. J’aime beaucoup accentuer cette idée avec des vocals, mais aussi des arrière-plans atmosphériques un peu plus hypnotique, car j’ai fait des recherches sur la perception du temps et sur le processus des formes rythmiques, et j’ai découvert que certain beats de transitions et certaines atmosphères à flux constants pouvaient altérer la perception du temps, et je trouve que cela colle bien à l’écoute de la musique. De mon côté, quand j’écoute de la musique, les changements soudains de beats et de groove modifient ma perception du temps.

 

Evoquons maintenant les performances en live. Qu’as-tu préparé pour présenter cet album à ton public ?

J’ai produit cet album en utilisant un synthé et une station audionumérique que je n’utilise plus actuellement. J’ai refait quelques morceaux de « Modern Death » avec Ableton et je compte les présenter dans un live dans le futur, quand je déménagerai. J’ai préparé quelques sons electroniques, ambient et techno plus récents. J’ai hâte de pouvoir rejouer en live, mais pour le moment c’est compliqué à cause d’un manque de moyens de transport et j’étudie. J’ai envie de voyager dès que possible, car je veux chanter et divertir. C’est ce que j’ai toujours voulu faire depuis que j’ai 4 ans.

 

Ta musique est assez cinématique. Tu as préparé une performance visuelle pour accompagner tes performances en live ?

Oui j’ai créé pas mal de visuels et on peut d’ailleurs en retrouver quelques-uns sur ma chaîne Youtube. Alors qu’on débute 2016, j’ai travaillé sur beaucoup de visuels pour qu’on puisse les projeter sur un mur dans le cadre de performances live. C’est comme ça que je conçois le live de mes rêves.

 

 

Tu peux nous parler un peu de tes premiers pas dans la musique électronique ? Quels artistes ou sons t’ont poussé à te lancer dans la musique électronique ?

Je me suis mise à la musique électronique un peu par accident. J’ai toujours joué de la batterie et du piano en grandissant. Lorsque je suis revenue en Californie, j’ai eu un immense regret de laisser mon vieux clavier Casio et je me disais « Oh, si seulement je pouvais jouer du clavier sur un ordinateur… » Puis j’ai découvert et commencé à utiliser Ableton, et j’ai ensuite acheté un clavier. C’était un vieux Eurorack mixer mais je suis en train de voir pour passer à un produit supérieur. Avant toute cette histoire, j’ai toujours écouté des sons de mes artistes technos favoris tels qu’Abdulla Rashim, Answer Code Request. Je me suis aussi intéressé à la vague minimale et synth pop avec des artistes comme Die Selekion, HØrd, ou encore Blablarism. Puis, j’ai aussi découvert la techno de Détroit et plus récemment, la techno russe, qui constituent tous deux mes goûts actuels.

 

Et quels artistes t’influencent aujourd’hui ?

Tellement. J’essaye vraiment de garder mon propre style et de mêler les idées et les sons que je reçois d’autres artistes, mais je façonne les textures de sons que je crée moi-même dans le but de vraiment avoir mon propre son. Aujourd’hui, il y a des sons, qui m’influencent et qui viennent de beaucoup d’artistes différents. A commencer par Redshape et Function, qui étaient les tout premiers artistes techno que j’ai écoutés, et qui font toujours partie de mes artistes favoris. Function a un son tellement proche des vibrations de la terre, qu’il sonne vraiment différemment, et j’adore ses choix de textures. Un de mes autres artistes techno favori est Answer Code Request, qui a un son très profond et très atmosphérique. Ils constituent une réelle inspiration pour moi depuis mes débuts. Les très nombreux podcast de Berlin, en passant par les sons du Trésor, mais aussi la techno russe, ou sud-américaine sont des sonorités que j’écoute régulièrement en ce moment. Je ne peux pas citer tous les artistes qui émergent en ce moment, il y en a énormément que j’apprécie.

 

Tu peux nous parler un peu de ton matériel de studio ? Comment tu composes de la musique ? Tu es plus du genre à préparer tous les détails en amont, telle une vraie perfectionniste, ou tu préfères te laisser guider par les sons et improviser jusqu’à trouver quelque chose qui attire ton oreille ?

J’utilise un mixer Eurorack, Ableton, un clavier Korg et un micro. Je voudrais utiliser plus de matériel mais j’essaye aussi de me restreindre au minimum. J’aime beaucoup travailler avec Ableton et Max For Live, donc je suis surtout basée sur ordinateur avec un clavier, je pense que c’est le futur de la musique. Il m’arrive d’utiliser un DJ controller pour mixer quelques morceaux ou pour enregistrer une session live de temps en temps.

Des fois, je prévois tout et je commence par trouver un beat et un style de son avec lesquels je veux débuter ma composition, ensuite je travaille jusqu’à avoir la conduite générale du morceau, puis je travaille sur mes lyrics et sur un titre. Quand je produis de la techno, je pars juste sur un rythme et sur les percussions. J’y ajoute ensuite une ambiance. C’est ce que j’apprécie le plus, c’est aussi beau que le chant.

 

Tu es une passionnée de design et d’architecture. Est-ce que ces deux passions ont un impact sur ta manière de composer ?

Oh oui. Toute ma vie, j’ai eu un intérêt particulier pour l’architecture, en particulier l’architecture moderne. Mais ce qui influence mes sons et leur ambiance se trouve plus du côté des atmosphères spatiales et de l’essence des espaces vides et ouverts et l’écho qui s’y rapporte.

 

Il y a de la place pour tous les genres et grâce à internet, on peut écouter des choses variées

 

Tu viens de Los Angeles, mais quand on écoute ta musique, notamment dans « Modern Death », on rêve plus de paysages froids et inhabités. Tout le contraire de Los Angeles en somme… A quel point Los Angeles a influencé ta musique ?

Énormément d’endroits et de scènes inspirent ma musique, y compris les étoiles et les galaxies, mais j’ai grandi en Californie et c’est l’endroit où j’ai commencé la musique. J’ai commencé à jouer du piano à l’oreille à 4 ans et j’ai pris mes premières leçons à 6 ans. Los Angeles a eu une influence positive sur le cœur de ma musique. Ce que ma musique a de plus profond est relié à mes rêves et mes désirs de visiter Los Angeles plus fréquemment, tant cette ville est chaleureuse et chaude. Quand j’ai enregistré « Modern Death », j’ai juste créé des sons pour m’échapper du long et froid hiver de 2014 de Pennsylvanie où je vis actuellement. Je rêvais de plages chaudes et de sable fin où j’ai grandis. Mais il y a beaucoup d’endroits, qui ont une influence sur ma musique, pas seulement Los Angeles.

 

Comment est la scène musicale à Los Angeles ? J’ai toujours vu cette ville comme un endroit où la musique mainstream était majoritaire. Est-ce que je me trompe ?

Il y a une énorme scène musicale à Los Angeles et elle comprend tout un lot de différents styles. Une des raisons pour lesquelles je veux rentrer là-bas comprend le fait qu’il y a une place pour tous les genres musicaux, avec bien sûr des places plus grandes pour la synth pop et le mainstream. Il y a également plein de gens différents, ça m’a marqué la dernière fois que j’y suis allé. J’adore l’esprit et l’ambiance de cette ville et les gens. Cependant, je veux aussi visiter l’Europe et plus spécialement la France et l’Allemagne.

 

Comment parvient-on à trouver l’émulation dans une ville comme celle-ci, lorsqu’on fait une musique expérimentale ?

Je fais la musique que j’aime, et j’adore expérimenter de nouvelles choses. Je trouve ça fun, et c’est ce que font la plupart des artistes. La scène mainstream est aussi bonne. Mais je fais la musique que j’aime et j’espère que les gens aimeront. Si ils n’aiment pas, ce n’est pas grave, je ferais quand même des nouvelles musiques. J’adore tout ce qui concerne les percussions et les sonorités et textures old school, je trouve que ça se mélange parfaitement bien, et je préfère la scène underground de la vague dark techno plutôt que le mainstream si j’avais le choix. Mais il y a de la place pour tous les genres et grâce à internet, on peut écouter des choses variées. Dans les années 90, je pensais que le mainstream était la seule musique existante en écoutant les radios locales. C’était la période où je suis tombée amoureuse du groupe The Raveonettes, sur une très bonne station indie à Los Angeles.

 

Quelque chose à rajouter ?

Je suis vraiment attristée par la récente mort de David Bowie. Il était un musicien incroyable, vraiment…

 

Romain Conversin

 

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english version

 

With this album you’ve decided to use your voice as an instrument. This choice is a way to draw a story but your voice stay behind the rest of the melody. It is something rare in electronic music, so can you explain this creative choice?

I like to balance melody and I choose to trail the vocals behind a bit to give it an accent. The Melody is the structure but I wanted to offset the symmetry with my voice and its vibrations.

 

Can we tell that there is some vocals part in your music, or your voice is like an instrument and therefore your music is only instrumental?

Honestly I don’t quite know but I usually hope for my vocals to add more ambience to the very percussive beat so it adds some emotion to everything. It could be more instrumental at points as I was not quite aware of it but everyone may interpret it as they like.

 

What was the principle idea behind this LP?

The way we go about design, how we perceive shapes in architecture is a form of collective Gestalt. Percept or gestalt, the whole has a reality of its own and to me music is the foundation to create the reality first starting with a form in constant flux. Design can create a state of mind in the empty spaces that may mimic death and what death is. Some of the modern architecture we see today, especially in Europe, can bring about another worldly memory and modern architecture particularly paying attention to cubic structures. Cubic meaning the desire for order so we can be our functioning counterparts of what designed us. “Seamlessly” this is why I choose to add “Death” to the word “Modern”. I am not saying anything negative about modernity, it is quite the opposite. The LP is about open spaces in modern structures that mimic the feeling of nothing, or at least nothing is what I perceive of what death is..

 

You decide to join 21 tracks in this album. When we speak about an LP in musical industry today, it’s not really common to see an album with a title number like that. Why did you take this decision?

At the time I was recording a lot of tracks in Dec of 2014 and 21 tracks is more than what LPs usually have but I had a lot of different styles in each track I wanted to fit into the album Modern Death. There was a different art to each track that brought out the whole essence of the album.

 

This LP is called « Modern Death ». Can you explain this choice?

I use this title because Modern is always changing and what, how, and why we design particularly structures can have a deeper meaning in our subconscious regarding where we come from. We are humans here to be programmers, designers and simply observers of this earth eventually I think we will no longer need a body and we will be in this vast ocean of consciousness and music is such a more efficient way to communicate. I think we were put here to observe the Earth and use technology to enhance it’s Eden or Garden, not to destroy it or live on it. We left the Garden for a reason we were not aware of at first as apes, because we are not originally from here. And death for us is going back to where we are from to be what we are—creators, artists and engineers—and I say “modern death” as a positive thing not a negative thing. Modern as in origins, and death meaning to return to our abiotic machines.

 

What’s your relationship with the idea of death?

I see Death as something that has a life in it’s own and it is not a negative thing or a thing to fear. But a place where we come from and still subconsiously represent its solitude and empty space in life as well, using cement structures.

 

What would be the perfect death for you?

Ha. Not quite ready to answer this question to be honest. Not quite sure. What a question…

 

With this album it appears that you love to create some heavy atmosphere? Am I right?

Yes. Very much correct. I love atmosphere in music especially when combining with a repetitive beat or rhythm. It can make the music so much more interesting and much more emotional.

 

What was your different sources of inspiration in the composition process? Some movies, landscapes, characters?

Good question. Sometimes visual random scenes or landscapes pop into my head while I am singing and don’t understand why, but then I come up with lyrics based on a sort of animation moving in my head when the lyrics come out or ideas I have about certain characters from scenes I create in my head.

 

Some songs of this album are a bit catchier, and we can dance on it. It was one of your goal to upset senses of your listeners?

I grew up dancing and then persued percussion and drums. The main reason I make music is so that I can dance to it and enjoy it. It is kind of my foundation of why I make music because I love to and to mainly to dance to it. I like to accent it with vocals but also to add a bit of hypnotic atmospheric backgrounds because I have done research on time perception and rhythmic pattern processing and have found certain transitioning beats and atmospheres in constant flux can alter your perception of time and I find that the case when I listen to my music. It changes my perception of time when the grooves and beat change subtly.

 

Let’s talk about the live performance. What have you prepared to present this album to the audience?

I did this album using a synth and a DAW that I no longer use but have redone some tracks on Modern death in Ableton that I have planned to present and do live in the future when I relocate. I have prepared some more recent electronic, techno and ambient techno tracks. I long to gig and my current situation is due to a lack of transportation and school at the moment, and want to travel as soon as I can because I want to sing and entertain as I have always wanted ever since I was 4.

 

I think that your music is really cinematic. Have you prepared a visual performance to combine with your live?

Yes I have done some visual material and some of it can be viewed on my youtube channel. As the new year is starting I have been working on a lot of visual animations for projector on a wall for live performances when they roll around in the future as I dream to gig.

 

What were your first step with electronic music? What artists and songs did helped you to love electronic music?

It was an accident that I ended up making electronic music. I always played the drum set and piano growing up never used electronic based instruments and regreted leaving my old Casio keyboard back in California when I left and was thinking “Ah man, I wonder if I can play the keyboard on a computer.” So I discovered that and started using Ableton and then got a keyboard. And old Eurorack mixer but I am looking to upgrade. Before all that, I was always listening to my favorite techno artists Abdulla Rashim, Answer Code Request and also the most recent Synth Pop and Minimal wave from Die Selektion, to HØrd, to Blablarism. I discovered Detroit Techno and most recently this amazing Russian Techno that is my vibe.

 

What artists have an influence on your music today?

So many. I really try to just do kind of my own style and mingle ideas and sounds I get from other artists but I shape textures of sounds I create into my own liking to make it my own. A lot of music that inspires me lately are many many artists, large and small, starting with Redshape, Function was the very very first techno I ever heard it has been to this day my favorite techno artist. His sound has such a down to earth vibe yet it sounds so other worldly and I love his choise of textures. Another one of my favorite techno artists is Answer Code Request, very very deep and atmospheric so they definitly are an inspiration from the very beginning. Tresor to any Berlin podcast and lately Russian and South American Techno I have gotten around to listen to are very very good and I can’t even begin to name all the artists that are emerging now. There are just so many and so many that I love.

 

Can you talk about your studio set-up? How are you composing music? You’re more the kind of artist who love to prepare all details, and who is perfectionist, or you’re more to let you lead by the sound and jam until you’ll find something interesting?

I use Eurorack Mixer, Ableton and Korg keyboard with Mic. I want to use more equipment but I try to keep it as minimum. I really enjoy the workflow of Ableton and Max for live so it is almost entirely computer based with a keyboard and I believe that is the future of music. Sometimes I use a digital DJ controller to mix some tracks or record a live session from time to time. I sometimes plan everything out and first just come up with the beat and style of song I want to begin with then I work my way up until I have the lead then I come up with lyrics and a name. When it comes to techno I just go with the flow and percussion is just what I love to make more than anything and adding ambience is just that much more beautiful as well as singing.

 

You’re a passionate of design and architecture. Do those two passions have an impact on your way of making music? Can you explain why?

Ah yes. All my life I have loved architecture, particularly modern architecture, but it really boils down to spacial atmospheres and the essence of open empty echoed spaces that inspire the sounds and ambience in my music.

 

You’re from LA, but when I listen to your music, I dream about some cold landscape, inhabited. Kind of the Los Angeles opposite. How LA has influenced your music?

Many places and scenes inspire my music including the stars and galaxies but growing up in Southern CA is where I started to learn music. I started playing the Piano by ear at 4 and started taking lessons at 6 and LA has had a very positive infleunce on my music the heart of my music at its very core is deeply rooted In my dream and desire to visit Los Angeles more frequently due to how warm it is. When recording Modern Death I just made music to escape the cold long winter of 2014 where I currently live in PA and dream of the warm beach and sand I grew up in. But there are so many places that inspire me to make music not just LA.

 

What the LA electronic scene is like? I always think it was a city where mainstream music was big. Is this true?

I know there is a huge music scene in LA and it is such a wide range of music there. One of the reasons I want to return there is the fact that there is a place for every genre of music especially Synth pop and Mainstream and there is such a diverse range of people there last time I visitied. I really like the vibe of the place and the people I want to visit Europe too, especially France and Germany

 

How is it to create an emulation in a city like this when you play a song more experimental?

I make music that I like and I like to experiment and try new things It is fun to experiment, it is what artists do. The Mainstream music scene is also good and I just make music that I like the sound of and just hope some people enjoy it if they don’t that is ok I will always make new music and being into percussion and old school sounds and textures I think mingle well and I more prefer the Underground dark wave and Techno music scene over Mainstream if I had a choice. But there is a place for every genre and the internet gives listeners a lot of variety. It used to be the only music I knew existed back in the 90s were on the local radio stations which was when I fell in love with The Raveonettes. On the good indie music stations in LA.

 

Anything to add?

I am very saddened by the death of David Bowie and he was incredible musician. truly

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