ITW : Manos a réussi son changement de cap

ITW : Manos a réussi son changement de cap

Moitié du duo Inner Rebels aux côtés du Français Rafael Cerato, Manos, producteur grec de 26 ans, s’est récemment tourné vers une techno plus deep et plus pointue. Il faut dire que le DJ méditerranéen s’était d’abord fait un nom grâce à une deep-house plus commerciale. Après quelques temps de tâtonnement, Manos s’est trouvé, et il a plein de projets. Rencontre.

 

English version below

 

Techno Cadeau : comment ça se passe quand on veut devenir DJ en Grèce ?

Manos : la Grèce est un pays assez étrange pour un tout nouveau DJ. Il y a deux trois collectifs de DJs dans le pays, et ce sont eux qui aimantent tout le système. Au début de ma carrière, j’ai participé à quelques concerts dans le pays, mais avec le temps, j’ai réalisé que c’était très difficile de percer ici. Ça m’a forcé à commencer à composer et à me voir comme un DJ, qui puisse marcher à l’international.

 

A quel point la crise économique a-t-elle eu un impact sur la santé financière des DJs du pays ?

La crise économique a touché tous les domaines en Grèce, et bien sûr, la vie des DJs également. Dans ma ville, à Thessalonique, nous avions 2 clubs et 3 bars qui organisaient des évènements, et qui faisaient venir des DJs du monde entier, mais aussi des artistes locaux. Aujourd’hui, il n’y a plus que deux petits bars et ils ne sont pas souvent remplis en plus… On peut dire que la vie nocturne est en difficulté en Grèce. Par contre, en dehors du pays, je trouve qu’elle est en pleine expansion. La musique électronique brasse de l’argent, et il y a énormément de bons organisateurs et de managers dans le monde entier. Je prends beaucoup de plaisir à tourner un peu partout.

 

Tu nous dis que l’offre est faible en Grèce aujourd’hui, il y a si peu de DJs internationaux qui viennent ?

Oui, en ce moment, la Grèce n’est pas très généreuse sur les programmations d’artistes internationaux. On peut dire qu’il y a entre un et deux gros évènements par mois dans tout le pays.

 

Du côté du public grec, on peut dire qu’il est plus branché musique underground ou commerciale ?

Le public grec s’est remis à aimer la vraie techno underground. L’année dernière, il y a eu pas mal de soirées avec des artistes techno, j’espère vraiment qu’il y en aura d’autres l’année prochaine…

 

« Au début de ma carrière, je rêvais d’écouter mes musiques en radio et dans les clubs mainstream de Grèce »

 

Venons-en au début de ta carrière. Comment s’est passé ton premier contact avec les musiques électroniques ?

J’ai joué du piano pendant 8 ans. C’était mon premier contact avec la musique. Lorsque j’avais 15 ans, je suis tombé follement amoureux de la musique électronique, et j’ai commencé à me lancer dedans. J’ai acheté un clavier MIDI et j’ai commencé à produire de la musique avec le logiciel Cubase. J’ai réalisé mes premiers tracks, mais je n’étais pas prêt à les sortir. Après deux ans d’essai, j’ai sorti mon premier track à l’âge de 17 ans.

 

On a pu voir un bon nombre de tes productions dans certaines compilations d’Ibiza ou autres. C’est un peu le genre de procédés utilisés dans le monde de l’EDM… Tu étais dans le commercial à l’époque ?

Lorsque j’ai lancé mon projet « Manos », j’étais parti dans l’idée de faire quelque chose de plus commercial oui. Quand j’ai commencé à composer, je rêvais d’écouter mes musiques à la radio et dans les clubs les plus « mainstream » de Grèce. Je n’avais dans l’idée de produire forcément du commercial, je voulais juste être joué en radio. Je suis content d’avoir réussi à le faire avec ma première sortie. Cependant, après quelques années, j’ai réalisé que j’étais plus à l’aise dans la scène « underground » et j’ai commencé à changer de style.

 

Depuis quelques temps, ton son est plus profond, peut-être même plus mélancolique qu’avant. C’est le style dans lequel tu veux t’imposer aujourd’hui ?

Oui c’est mon son maintenant. Je veux produire des tracks plus deep, plus techno. J’ai d’ailleurs passé pas mal d’heures en studio ces dernières semaines, et j’ai encore pas mal de morceaux que j’ai hâte de présenter à tout le monde.

 

Ce qui nous a aussi marqué dans ta discographie, c’est tes nombreuses collaborations. C’est un exercice que tu affectionnes particulièrement, on se trompe ?

J’ai produit de la musique tout seul pendant 4 ans. Au bout de cette période-là, j’ai reçu quelques demandes de collaborations, de la part de très bons producteurs. J’ai donc décidé de faire quelques tracks ensemble. Après mes deux premières collaborations, j’ai réalisé que c’était une manière très intéressante de produire de la musique. J’ai tout de suite eu envie de continuer.

 

« Je pars du principe que chaque producteur de musique a quelque chose à offrir »

 

Quelle est la différence entre produire seul et en collaboration ?

C’est un peu comme finir ton propre track et demander à des amis de te donner leur opinion sur ton travail. Sauf que l’ami en question est aussi un producteur. Il ne va pas seulement te donner son opinion mais aussi rajouter des sons sur le projet. Ensuite, tu écoutes encore et tu reconstruis le morceau, et ça continue comme ça jusqu’à ce que le morceau soit satisfaisant pour tous les deux, et que cela devienne la version finale.

 

Il n’y a pas quelques difficultés à travailler avec quelqu’un sur un morceau ?

J’ai produit seul pendant un moment et je le fais encore. Mais à chaque fois que je reçois une demande de collaboration de la part d’un producteur, qui fait de la musique que j’aime, la réponse sera positive de ma part. Je pars du principe que chaque producteur a quelque chose à offrir

 

Pourtant, on se demandait si produire un morceau avec quelqu’un n’était pas propice à faire des compromis…

Non pas du tout, il n’est pas question de compromis. Pour moi, une collaboration doit pousser chacun à donner le meilleur de lui-même pour parvenir à un excellent mix des deux personnalités. Si tu collabores avec quelqu’un et que tu as l’impression de faire des compromis, alors ce travail d’équipe a peu de chances de fonctionner.

 

En parlant de collaboration, tu peux nous parler de tes premiers contacts avec Rafael Cerato, avec qui tu formes le duo Inner Rebels ?

C’était en 2012. On commençait à parler avec Rafael par Facebook. Au départ, on se disait simplement qu’on était réciproquement fans de la musique de l’autre.

 

A quel moment avez-vous décidé de travailler ensemble ?

C’était également en 2012, on s’est dit qu’il fallait que l’on réalise un track ensemble. Je lui envoyé deux projets que je n’avais pas fini, et je lui ai dit « Essaye de faire quelque chose et tiens moi au courant ». Deux jours plus tard, Rafael est revenu vers moi en me disant qu’il avait fini les deux tracks. J’ai tout de suite senti une connexion folle entre nous. On a signé ces deux tracks en seulement deux jours sur le label de Kevin Yost, I Records. Seulement deux semaines après, nous avions déjà quatre autres morceaux de prêts.

 

 

Qu’est ce que vous voulez apporter d’original avec ce projet Inner Rebels ?

Nous voulons montrer notre autre facette au public : notre côté un peu plus techno. Notre dernier EP (ndlr : Radux EP) sur le label de Nick Warren (ndlr : Hope Recordings) fonctionne très bien en ce moment. Nous sommes très heureux de le voir bien placé dans le top 100 de Beatport. C’est aussi un bonheur d’entendre les musiques de cet EP dans les sets de Warren tout autour du globe.

 

Quels sont tes futurs projets avec Inner Rebels ? Et en solo ?

J’ai mis ma carrière solo entre parenthèse pour un petit laps de temps, car le projet Inner Rebels prend tout mon temps en ce moment. Notre prochaine sortie sera un EP sous format vinyle le mois prochain sous le label Malatoid. Nous allons également sortir un remix pour le label Sincopat Records et pour Pete Oak. On ne peut pas vraiment annoncer plus de choses pour le moment, mais je peux vous dire que l’année 2016 sera une année faste pour Inner Rebels.

 

Quizz Express

 

Vinyle ou digital ?

Vinyle, car c’est de cette façon que j’ai commencé à mixer.

 

Live ou Dj set?

Dj set.

 

Soirée dans un grand club ou fête intimiste ?

Soirée dans un grand club.

 

Ton film préféré ?

Interstellar

 

Ta série favorite ?

Breaking Bad

 

Ton artiste préféré ?

Solomun

 

Ton son favori ?

Maceo Plex – Can’t Leave You. Parce que c’est un morceau, qui a changé la musique à cette époque là.

 

 

Ton album favori ?

Bob Sinclar – Champs Elysees

 

 

Romain Conversin

 

English Version

 

What’s like to be DJ in Greece?

Greece is a strange country for a new DJ. There is 2-3 standards teams with DJs around Greece that does all the work. At my first steps I did some gigs around Greece but by the years I realize how hard it was to work here. That push me to start producing and start thinking myself as an international DJ.

 

Does the economic crisis impacted the life of DJs in your home country?

-Sure. Economic crisis effects everything here. The life of DJs too. In my city, Thessaloniki, we had 2 clubs and 3 bars that was doing events with international DJs and also local DJs. Now there are only 2 small bars and it’s still hard to see them full of crowd.

 

What is the nightlife’s offer today?

Nightlife in Greece is really hard right now. Outside Greece nightlife has a lot to offer. Moneys are still good and there are some great organizers and managers around the world that can offer a great gig to the DJ. I am really happy when i work with this kind of people.

 

Are they lots of DJs who comes to play in Greece?

Nowadays Greece has not so much to offer to an international DJ. It’s like 1-2 gigs per month.

 

What kind of music like this country for partying? More EDM or Techno?

Greece is back on Techno now. Last year was full of gigs with Techno artists. I hope to see more next year.

 

When did you begin to do some music?

I was playing piano for 8 years. That was my first touch with music. When I was 15 I realize that electronic music was my big love and I did my first tries. I bought a midi keyboard and I started producing with Cubase. I did my first productions but I wasn’t ready to publish them. After 2 years trying I was ready and I released my first track at the age of 17.

 

We’ve seen your productions in a lot of Compilations (Ibiza sound for example). Don’t you think it looks like EDM?

As my project Manos begun I was more on commercial music because when I started producing, my first thoughts and dreams was to listen my tracks on the radio and on the mainstream clubs around Greece. After some years I realize that I was more into the underground scene and I start changing my style.

 

As a fact, your earlier productions sounds a bit more like some radio hits? Was you ready to make some commercial music at this time?

 

-I never thought to produce commercial music. I just wanted to produce radio hits because that was my first dream and I am really happy that I make that happen with my first release.

 

Since a bit, your sound is more deep, and maybe more melancholic as before. Is this your wish to do this kind of music now?

-Yes. That’s my sound now. I want to produce more deep and techno tracks. I’ve spent some hours on studio in the last weeks and I can’t wait to show to the people my next tracks.

 

You’ve made a lot of productions in collaboration. Is this something you prefer?

I was producing alone for 4 years and after that I got some requests from great producers to collaborate and do some tracks together. After my first 2 collab’s i discovered it was a great way to produce! I really saw myself into this and was really happy with the result.

 

What is different when you produce with someone?

It’s like when you finish your own track and then ask some friends to tell you their opinion. But this time the other guy is a producer too… This friend doesn’t only say his opinion but also add sounds on the project. Then you listen again and re-build it. It goes like this until the final version is something that you and the other DJ are happy for.

 

You cannot do all alone. Is it something difficult to accept?

I was producing alone for many years and still do. But every time I got a request from a nice producer to collaborate I say yes because every producer has something to give.

 

But producing tracks with someone is about compromise, doesn’t it?

No it’s not about compromise. It’s about both of you gives the best you can to deliver a great final mixdown. If you feel like you make compromise then the collaboration will fail.

 

Talking about your collaborations. Can you talk about the first time you meet Rafael Cerato with whom your team-up as Inner Rebels?

It was back in 2012. We start talking with Rafael through Facebook. We were saying to each other that we are fan of our music.

 

When did you decide to work together?

The same year we said “Let’s try to make some tracks together”. I send him 2 unfinished projects I had. I told him “give a try and let me know if you do something”. After 2 days, Rafael gets back to me and he says “I finish both of them” and he sends me a link with 2 finished tracks. The connection between us was crazy. We sign these 2 tracks just in 2 days on Kevin Yost’s label “I Records” and in the next 2 weeks we already had 4 more originals ready.

 

What would you want to bring with Inner Rebels?

We want to show people our new side. Our Techno side. Our last EP at Nick Warren’s label is on fire right now and we are really happy to see it climbing the Beatport’s top 100 and also see Warren plays it all around the world.

 

What’s next with Inner Rebels? And in solo?

I decided to do a little break from my solo project because Inner Rebels is taking all of my time right now. About Inner Rebels, our next releases is a vinyl EP that will be out next month on Malatoid, and a remix for Sincopat Records and Pete Oak. We can’t announce more now but stay tuned because 2016 will be a really hot year for Inner Rebels.

 

 

Quizz express

 

Vinyl or digital

Vinyl because it’s how I started Djing.

 

Live or Dj set?

DJ set

 

Party in a big venue or more intimate?

Party in a big venue

 

Your favourite movie?

Interstellar

 

Your favourite TV show?

Breaking Bad

 

Your favourite artist?

Solomun

 

Your favourite song?

Maceo Plex – Can’t Leave You. Because it was a track that change the music at that period.

 

Your favourite LP?

Bob Sinclar – Champs Elysees

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