ITW : Rodion, artiste aux racines classiques

ITW : Rodion, artiste aux racines classiques

A l’aube de sortir son deuxième album intitulé « Generator », le producteur Rodion a offert une petite mise en bouche à son public avec l’EP « Allee der Kosmonauten ». Entre musique électronique, et jamais loin de ses racines, la musique classique, le producteur italien nous parle de ses expérimentations sonores, dans lesquelles il est à la recherche de la force émotionnelle, et pas forcément de la lumière des dancefloors. Rencontre avec un artiste, qui sait parfaitement où il va.

 

English version below

 

Techno Cadeau : tu peux nous parler de tes premiers contacts avec la musique électronique ?

Rodion : j’ai commencé par des études classiques de piano. Donc, quand j’étais adolescent dans les années 90, la musique électronique correspondait un peu au fruit défendu. A l’époque, la scène techno était gigantesque à Rome, et beaucoup de mes camarades de classes se rendaient dans des soirées illégales ou des raves. Je me sentais un peu partagé entre mon côté musique classique, surtout que mes professeurs n’auraient jamais approuvé une façon aussi simpliste d’anticiper l’art sacré que représente la musique, mais mon âme d’adolescent voulait absolument se débarrasser de ce côté purement académique, pour me tourner vers l’action des soirées.

 

A quel moment as-tu décidé de devenir DJ ? Pourquoi, cette envie ?

Je ne suis pas un DJ, je suis plutôt un producteur et un performeur live. Mais, il y a environ 10 ans, après avoir été en contact avec quelques DJs, qui font partie des meilleurs en Italie, comme Marco Passarani, Fabrizio Mammarella et Hugo Sanchez, j’ai décidé de faire ma petite enquête en profondeur sur l’art d’être un DJ. Il n’y a aucun moyen de faire de la bonne musique de club, si tu ne parviens à réaliser un bon set. J’ai pris la chose très au sérieux, et j’ai beaucoup travaillé dessus, comme je l’ai toujours fait quand il s’agit de musique. Je pense que cela m’a aidé à devenir un bien meilleur musicien dans le style électronique.

 

Aujourd’hui, quels artistes influencent ta manière de produire ?

Ma plus grande influence vient de mes racines classiques : Bach, Ravel et Prokoviev en tête. Si on part sur la musique électronique, je suis inspiré par les classiques : Kraftwerk, Bernard Fevre, Air, Luke Vibert, Aphex Twin, Boards of Canada, etc.

 

Quelle est l’histoire derrière ce nom de scène : « Rodion » ?

Rodion est un nom russe. J’ai toujours eu une certaine attirance pour tout ce qui touche à la Russie : en musique, en littérature, en arts… Rodion est le personnage principal du livre de Dostoïevski, « Crime and Punishment ». C’est un ouvrage, qui a changé ma vie. Rodion est, en quelque sorte, un des premiers « faux » héros. C’est un tueur, un lâche, un homme dans une tourmente émotionnelle, et c’est pour cela que je l’ai toujours aimé.

 

« Je ne comprends pas pourquoi Giorgio Moroder a décidé de ruiner une si belle carrière avec la musique horrible qu’il fait aujourd’hui… »

 

Tu as une passion pour le musicien Giorgio Moroder. Comment as-tu découvert son travail ?

J’ai grandi en Italie pendant les années 80, donc Moroder et l’italo-sound étaient constamment autour de moi, même dans les cassettes de la voiture de ma grand-mère. Le premier travail analytique que j’ai fait sur le travail de Moroder est venu bien après, quand j’ai commencé à connaître Hugo Sanchez, qui me jouait des morceaux de l’époque où Moroder vivait à Munich. Au début, j’étais un peu choqué, mais j’ai ensuite été rapidement attiré par la sensibilité, qui m’a tout de suite ramené à mes jeunes années.

 

Tu ne trouves pas qu’il flirte dangereusement avec une partie un peu trop commerciale de l’industrie musicale depuis quelques années ?

Il a dû avoir quelques problèmes financiers, ou un truc du genre je pense. Si ce n’est pas le cas, je ne comprends pas pourquoi il a décidé de ruiner une si belle carrière avec la musique horrible qu’il fait aujourd’hui. Ce n’est jamais bon de voir chuter tes idoles… Cependant, je le respecte toujours profondément pour ce qu’il a fait avant, et pour avoir eu une influence si profonde sur mon évolution musicale. J’étais excité comme un enfant, quand j’ai eu la chance de parler brièvement avec lui en Turquie, il n’y a pas si longtemps.

 

D’ailleurs, il a joué un remix que tu as produit dans un de ses sets. Comment as-tu réagi ?

Un ami à moi a eu la chance d’assister à son come-back en tant que DJ à New York, il y a quelques années. Il m’a écrit pour me dire que Moroder avait joué un original, puis mon remix de E=MC2. Je pensais qu’il ne ferait jamais attention à ce remix. Au début, j’ai cru que c’était une blague, mais mon ami m’a ensuite aiguillé vers les streamings du fameux set. J’ai donc réalisé qu’il disait vrai. Il est inutile de dire que je me suis senti très fier.

 

 

Est-ce que cette présence dans le set de Moroder a eu un impact sur ta carrière ?

Si on parle en termes pratiques, je pense qu’il n’y a pas eu d’impact. Cependant, ça a été un sacré boost au niveau de mon estime personnelle.

 

Aujourd’hui, beaucoup de gens disent que le disco est un style appartenant au passé. Que penses-tu de ça ?

Je suis totalement d’accord.

 

Tu te considères comme un producteur d’italian-disco ?

Pas du tout. Je suis italien, et ma musique est souvent influencée par les sons de synthés de l’âge d’or de l’italo-disco, donc c’est simple de me catégoriser comme un nouveau producteur italo-disco. Le truc, c’est que je trouve que le son italo-disco est plutôt ringard et ennuyeux. Souvent, cela manque de profondeur et d’impact émotionnel, je ne peux pas supporter un set d’italo-disco plus de 10 minutes. J’aime beaucoup quand la musique permet de casser les barrières, et quand elle ouvre de nouvelles possibilités. Il y a beaucoup de sons révolutionnaires ces derniers temps, mais je trouve qu’il y en a plus dans ma musique que dans l’italo-disco. J’aime beaucoup mélanger les styles et les influences, donc l’italo-disco n’est qu’un ingrédient que j’utilise pour produire ma musique. Comme je l’ai dit, je suis très influencé par la musique classique, mais aussi par les années 70 de la musique électronique, par la proto-techno, l’acid, l’obscure ambiant, et bien d’autres.

 

Ton dernier EP « Allee der Kosmonauten » mixe quelques sonorités discos avec une atmosphère plus noire. Tu peux nous parler de cet EP ?

Nommer un titre à partir d’une rue de Berlin peut sonner un peu cheap… Mais je pense que je me devais de faire une exception avec ce morceau. J’ai déménagé à Berlin, il y a quelques années, et la première chose que j’ai faite, était de trouver un endroit pour produire de la musique. J’ai visité un bâtiment assez isolé dans l’est de Berlin, dans le quartier de Marzahn. Même si 99% des gens me disaient que Marzahn était un quartier de merde, j’ai senti une certaine attirance envers ce lieu. Ensuite, quand je suis rentré chez moi, j’ai noté que le bâtiment était dans l’ « Allee der Kosmonauten ». La magie de l’est ! En tant que russe-addict, donc ce truc sur les cosmonautes m’a tout de suite rappelé mes rêves d’enfance sur Sputnik. Je suis revenu, et j’ai signé le contrat pour récupérer le studio, et je ne l’ai jamais regretté.

 

 

On sait que tu es attaché à faire une musique émotionnelle, mais l’idée principale reste de faire bouger un dancefloor, non ?

Comme je te l’ai dit, je viens d’un univers de musique classique. Faire danser les gens n’était pas le but principal de Back & co. Il y a environ 15 ans, j’ai tenté une expérience avec le projet Rodion : Je voulais juste me prouver à moi-même que je pouvais être bon dans une branche différente de la musique. Cette expérience est encore en cours, et même si je m’amuse beaucoup lorsque que je me prouve que je suis bon pour faire danser les gens, mais j’espère aussi que les auditeurs peuvent entendre le côté plus profond et émotionnel que la musique a toujours eu à mes yeux. J’écris de la musique pour le théâtre, le cinéma, la publicité, et avec le projet Rodion, j’utilise juste les codes du dancefloor comme une forme d’expression, mais j’essaye aussi de dire des choses avec un côté plus profond que dans la simple music dance. Cependant, je pense que mes prochains projets exploreront des contrées plutôt éloignées des dancefloors.

 

Le morceau « Allee Der Kosmonauten » nous a un peu fait penser à ce qu’avait pu faire Daft Punk dans leur dernier EP « Random Access Memories ». On se trompe ?

J’ai moins apprécié « Random Access Memories » que les autres albums de Daft Punk, mais je reste un très grand fan du duo français depuis le premier jour. Le truc, c’est qu’on a commencé à travailler sur l’album avec mon groupe en 2012, donc quelques temps avant la sortie de RAM (ndlr : album appelé « Generator » sur lequel apparaîtra « Allee der Kosmonauten »). Mais oui, c’est sûr que les deux albums partagent beaucoup de points communs, avec tout le respect dû bien sûr.

 

Cet EP est un prélude à l’album « Generator » qui arrivera cette année. Tu peux nous parler un peu de cet album ? Quelle est l’idée principale derrière ce travail ?

« Generator » est mon deuxième album après « Romantic Jet Dance » sorti en 2007 sur Gomma. Près de 10 ans sont passés entre les deux, donc je me suis vraiment attaché à faire quelque chose de sensé. Dans un premier temps, je voulais retourner jouer avec des instruments plutôt que d’éditer et faire des séquences. Je voulais que les humains soient les principaux protagonistes, avec les machines pour les soutenir. J’ai donc choisi de travailler avec deux des meilleurs musiciens que je connais : mon bassiste de confiance Tso, un gars exceptionnel, avec qui je travaille depuis près de 15 ans, et notre ami commun Gilberto, un batteur de feu, avec une culture musicale impressionnante. Nous nous sommes tous les trois enfermés dans une salle de répétition à Rome pendant près de deux ans. Nous avons enregistré nos meilleurs sons à Rome pendant l’été 2013. Nous voulions que l’album sonne mature, classique, indémodable en quelque sorte, sans pour autant avoir de côté vintage. Nous avons opté pour un studio à Rome, qui n’a pas changé depuis les années 70, même l’ingé son est le même, et il a une énorme expérience des enregistrements. Nous avons donc utilisé des batteries des années 70 pour obtenir de solides enregistrement de batterie et de basses, pour ensuite travailler dessus avec des techniques plus modernes. Ensuite, on a ajouté des vocals, on a édité et mixé l’album à Berlin, à l’Allee der Kosmonauten, comme je te le disais. Je suis très content du résultat : on a trouvé l’inspiration de la krautmusic, mais aussi du psychedelic de certains héros italiens comme Lucio Battisti et Tullio de Piscopo. On a également été influencé par Air, Daft Punk… Le disque sonne comme nous le voulions, classique, mais pas vintage, bon pour l’écoute à domicile, mais aussi efficace pour les dancefloor, pop mais aussi psyché. Il regorge d’une bonne dose de Rodion.

 

Tu disais faire de la musique pour le cinéma. C’est vrai qu’on sent une véritable influence de la musique cinématique sur ton travail. Tu n’as jamais composé d’OST, si ? Est-ce un de tes objectifs ?

En fait, avec Mario Salvucci, j’ai fait la bande originale du superbe film « Rosy Finger Dawn », qui retrace la vie et la carrière de Terrence Malick. Mais bien sûr, j’aimerai continuer à faire de la musique pour des films. Récemment, j’ai aidé Munk, un bon ami à moi, à produire de la musique pour film, et ça m’a donné beaucoup d’idées et d’inspiration pour mes prochaines étapes musicales.

 

Quel serait le film parfait pour ta musique ?

Avec un projet, nous avons joué en live l’OST de « Beneath The Valley Of The Ultravixens » par Russ Meyer. Je trouve que mes sons correspondaient beaucoup à l’idée générale.

 

« Je trouve que les choses sont un peu merdiques en Italie, depuis que M. Berlusconi a décidé de saccager notre pays. »

 

On peut dire que la scène italienne est très en forme au niveau de la techno. Tu en penses quoi de ces artistes de techno mélodiques, comme Tale Of Us, Mind Against, ou DJ Tennis, qui mènent la danse ?

Je connais personnellement, et je respecte la plupart des producteurs de la scène électronique italienne, et oui je partage cet avis que la scène est en bonne forme. Cependant, même si je trouve que nous partageons des similitudes, je n’arrive pas à trouver une connexion, qui aboutirait à un réel son italien. Dans ma tête, quand on parle de son français, de son allemand, voire norvégien, cela fait plus sens. Mais avoir un son italien n’est pas un but en soi, du moment que les productions sont de qualité.

 

Tu as quand même décidé de t’installer à Berlin, pourquoi avoir quitté l’Italie ?

Il est bien plus simple de vivre à Berlin qu’à Rome. Je trouve que les choses sont un peu merdiques en Italie, depuis que M. Berlusconi a décidé de saccager notre pays, il y a 20 ans… Rome me rendant fou, et me stressait ces derniers temps. Je sentais que j’avais besoin de changer de perspective, et de me tourner vers une vie quotidienne plus simple, pour pouvoir me concentrer sur ma musique. J’ai trouvé tout ça en m’installant à Berlin.

 

Pourtant, Berlin n’est pas si intouchable que ça. La ville évolue beaucoup avec la gentrification. Quel est ton avis là-dessus ?

La dernière saison de South Park est géniale, et se concentre sur la gentrification. Je partage totalement l’avis de Trey Parker et Matt Stone à propos de ça.

 

Mais nous voyons quand même pas mal de clubs qui ferment pour laisser place à des hôtels ou des appartements de luxe. C’est aussi une menace pour la vie alternative berlinoise et les artistes comme toi. Tu ne penses pas ?

Je vais être honnête. Même si je fais quelques soirées en tant que DJ ou spectateur, je ne suis plus un animal nocturne qui sort beaucoup, et je préfère occuper mon temps en étant en studio, ou auprès des gens que j’aime. Je ne suis donc pas le meilleur pour te parler de la vie alternative berlinois. Cependant, après ce que tu m’as dit, je suis très curieux de voir ça, et je vais tenter de jeter un regard plus en profondeur sur cet aspect précis de la ville.

 

Pour finir, quels sont tes futurs projets ?

Je suis proche de faire un DJ Tour en Amérique Latine, pour promouvoir l’album à venir, puis j’ai quelques concerts de prévu à Berlin, Londres et Rome pour la sortir du disque. J’espère que je vais pouvoir me concentrer sur la tournée dans les prochains mois. Ensuite, concernant le projet Alien Alien avec Hugo Sanchez, nous avons un bon programme avec des sorties prévues sur Slow Motion Meant, Multi-Culti, et notre label Roccodisco. Je suis aussi en train de produire pour le groupe chinois Nova Heart, qui m’aide beaucoup pour venir jouer en Asie, je suis totalement amoureux de ce groupe.

 

 

Quiz express

 

Vinyle ou digital ?

Analogue.

 

Live ou DJ Set ?

Live.

 

Le dernier film que tu as vu ?

Das Experiment.

 

Le dernier livre que tu as vu ?

Un livre des interviews de Gleen Gould.

 

La dernière série que tu as vue ?

Narcos.

 

La musique du moment à tes yeux ?

Tout ce que peut faire Roman Flügel.

 

La musique, qui ne te quitte jamais ?

Boards of Canada – Roygbiv.

 

 

Ton album favori de 2015 ?

Telespazio, sorti sur Hell Yeah Rec.

 

Before ou After ?

Les deux.

 

L’endroit où tu as a joué et qui t’as le plus impressionné ?

Migas à Pékin.

 

Le lieu où tu rêves secrètement de jouer ?

Billionaire Club à Porto Cervo.

 

Ta plus grande peur ?

Les ballons de baudruche.

 

Le bonheur le plus simple, c’est ?

La nourriture.

 

Romain Conversin

 

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English version

 

Can you tell us your first contact with electronic music?

I come from classical piano studies. So in my teenage years, during the early 90ies, electronic music was a bit like a forbidden fruit: we had quite a massive techno scene in Rome during those years and many of my school friends were attending illegal rave parties and such. I felt split in two: my classical side and my teachers would never have been approving such a simplistic approach to the sacred art of music, but my teenage soul was eager to get rid of too much academy and ready to embrace some serious party action.

 

When did you decide to become a DJ and why?

I’m not a DJ. I’m rather a producer and live performer. But some 10 years ago, after having got in touch with some of the best italian DJs like Marco Passarani, Fabrizio Mammarella and Hugo Sanchez I decided to investigate in depth the art of being a DJ. There’s actually no way of making good club music if you are not able to put a nice set together. I took the thing very seriously and I worked a lot on it, like I always did with music: I think that it helped me a lot in becoming a better electronic musician.

 

And today, you’re influenced by which artists?

My biggest musical influence probably remain the classical ones. Bach, Ravel and Prokoviev above all. And also in terms of electronic music I tend to stay inspired by the classics: Kraftwerk, Bernard Febvre, Air, Luke Vibert, Plaid, Aphex Twin, Boards of Canada and so on.

 

What is the story behind this name “Rodion”?

Rodion is a russian name. I always had a huge crush on everything russian: in music, in literature, in graphic arts. Rodion is the main character of Dostoevskij’s “crime and punishment”, a book that quite changed my life. Rodion is basically one of the very first “wrong” heroes. He’s a murderer, a coward, a man in deep emotional troubles and that’s why I always loved him.

 

You have a passion for Giorgio Moroder career. How did you discover his work?

I grew up in Italy during the 80ies, so Moroder and Italo sounds were all around me, even in my grandmother’s car cassettes. Then the first analytical approach I had with Moroder’s work came much later, when I got in touch with Hugo Sanchez who played to me tunes from Moroder’s Munich years. At first I was a bit shocked but then I felt irresistibly attracted towards that kind of sensibility which inevitably reminded of my childhood years.

 

Don’t you think he is dangerously flirting with a too commercial side of the musical industry those past years?

He must be having some financial issues or such I think, otherwise I don t understand why he decided to ruin such an awesome career with the terrible music he is making nowadays. It’s never nice to witness the fall of your idols. Still, I deeply respect him for what he did well and for having been a deep influence in my musical evolution. I was honestly excited like a kid when I lately had the chance to briefly talk with him in Turkey.

 

He did play a remix made by you in one of his DJ set though. How did you react?

A friend of me had the chance to attend at his very first Dj comeback in NYC a couple years ago. He wrote me telling that he played only original tunes of him plus my remix of E=MC2, which I thought he would never have been caring about. At first I thought it was a bad joke, but then he pointed me to the streaming recording of the set, so I realized it was a real thing. Needless to say, I felt extremely proud :)

 

Have this appearance in a Giorgio Moroder DJ set had an impact on your career?

In practical terms there has been quite no impact, nonethless it has been a nice self-esteem injection.

 

A lot of people are saying that disco is a sound of the past, what do you think of that?

I totally do agree.

 

Do you consider yourself as a producer who make Italian-disco?

Not at all. I’m italian and my music is often influenced by the synth sounds of the golden age of Italo, so it’s easy to label me as a new-italo producer. Thing is, most of the time I find Italo to be pretty cheesy and boring. It often lacks depth and emotional impact, I can’t stand a full italo set for more than 10 minutes. I like music when it breaks bareer and when it opens new possibilities, so there are some really pioneeristic sounding things out of those times, but there’s much more in my music than italo. I love to wildly blend styles and influences so italo is only one of the ingredients I use in making my music: as I said I’m also very much into classical music, but also into 70ies electronics, proto techno, acid, v obscure ambient and much much more.

 

Your last EP “Allee der Kosmonauten” is a way of mixing some disco sonorities with a darker atmosphere. Can you talk about this song?

Though naming a tune after a Berlin road might sound quite cheap, I thought I could have been making an exception with this one: I moved to Berlin a couple years ago and the first thing I did was looking for a new place where to make music. I visited an isolated building in far eastern Berlin, in the Marzahn district, and though 99% of the people told me Marzahn was quite a shitty area I felt a special attraction towards that place. Then, when walking back home I noticed that the building was right on this “Allee der Kosmonauten”: pure eastern majesty, you know I m a russian addict so that Kosmonauten thing immediately reminded me of my Sputink teenage dreams. I went back and I signed a studio contract and I never regret that choice I made.

 

We know you’re attached to make some emotional music, but the main idea is to make a I dancefloor move right?

As I told you, I come from a classical background. And making people dance was not exactly the first goal of Bach & co. Then nearly 15 years ago I started an experiment with the Rodion project: I just wanted to prove myself good at a charming but completely different breed of music. That experiment still goes on and even if I have fun proving myself good in the disco I hope that people can catch the deeper emotional meaning that music has always had for me. I wrote music for theatre, cinema, advertising and with the Rodion project I just use the dancefloor codes as a form to express myself, but what I’m trying to say with my music is slightly deeper than “dance” 😉 That said, I think that my next works will go in other directions than the dancefloor ones.

 

With this original track, we’ve heard a bit of influence coming from the last Daft Punk’s LP, are we wrong about that?

Though I enjoyed their Random Access Memories less than their other works, I always have been a HUGE Daft Punk fan, since day 1. Thing is, we started working on the LP with my band mates in 2012, so a bit before RAM was released 😉 But yes, the two album share many similarities, with the due respect of course.

 

This EP is a prelude to an album called Generator which will be released this year. Can you talk about it? What is the main idea behind this project?

Generator is my second album, after “Romantic Jet Dance” on Gomma in 2007. Nearly 10 years have passed by in between so I really cared about doing something meaningful. First of all I wanted to go back to playing rather than editing and sequencing, I wanted human beings to be protagonists and music machines to support them. So I choose to work with two of the best musicians I knew: my trusted bass player Tso, an exceptional guy which I know and work with since almost 15 years, and our mutual friend Giberto, a hell of a drummer with an impressive music and records culture. We locked ourselves in a reharsal room in Rome for almost two years. Then we recorded our best themes in Rome during the summer of 2013. We wanted our album to sound mature, classic, timeless in a way, without having to sound necessarily vintage. So we opted for a studio in Rome which is basically the same since the early 70ies, including the sound guy and his massive recording experience. So we used 70ies drumkits, amps, preamps and gear to achieve a solid drum and bass recordings to work on with modern techniques. Then we added vocals, edited and mixed the album in Berlin, along Allee der Kosmonauten. I’m extremely happy with the results: we drew inspiration from kraut and psychedelic music, from italian heroes like Lucio Battisti and Tullio de Piscopo, but also from Air, Daft Punk and the record sounds exactly like we wanted: classic but not vintage, good for listening but also good for freaky dancefloors, pop but also psychedelic, still retaining a good dose of Rodion s trademark sound and camp humour.

 

You’re influenced by movie soundtrack since you’re a kid. But you’ve never composed an OST if I’m not wrong. This is one of your goal?

Actually with Mario Salvucci I did the OST for the amazing movie “Rosy Finger Dawn” about Terrence Malick’s life and career, but yes, I’d like to keep on making movie related music. Lately I’m helping my good mate Munk in producing some film music and this is really giving me a lot of inspiration for my next music steps.

 

What would be the perfect movie for your music?

With a project I had we once played a live soundtrack of “beneath the valley of the ultravixens”, by Russ Meyer. My sounds were and are still fitting nicely I think 😉

 

In electronic music, the Italian scene is really healthy nowadays. What do you think about it? Italian scene is led by a melodic techno sound promoted by mans like Tale of Us, Mind Against, or DJ Tennis. What do you think of them?

I know personally and respect most of the players of the italian electronic scene and yes, it seems to me that those are healthy times for us. Thing is, whereas we share some common traits, I still dont find a connecting “italian” sound, like in my mind happens when we talk about french or german or norwegian sounds. But it doesn t matter at all, as long as it’s good music.

 

We’ve said that Italian scene was healthy, but you’ve decided to settle in Berlin. Why this choice?

Berlin is easier than Rome to live in. Things are getting pretty fucked up in Italy, since mr Berlusconi decided to trash our country some 20yrs ago. Rome was driving me a bit too stressed and nervous lately, I felt like I really needed a change of perspective and an easier everyday life to better focus on my music, things that I definitely found here in Berlin.

 

Berlin is a city which is evolving really fast with gentrification. What do you think about it?

The latest genius South Park season is all about gentrification: I definitely share Trey Parker and Matt Stone’s view on the issue.

 

We see a lot of clubs which are shutting down replaced by some fancy hotel or apartment. This is a big threat to the berlin alternative life don’t you think?

I ll be honest. Though I sometimes DJ and go partying here, I’m no longer a party animal and I much prefer to invest my time in the studio or with the people I love, so I’m not the best one to tell you about Berlin’s alternative life. That said, I’m as curious as you are, so I ll definitely take my chance to go more in depth with this aspect of the city.

 

What are your futures projects?

I’m about to DJ tour Latin america to promote the upcoming album, then we ll play some release gigs with the band in Berlin, London and Rome and I hope to be able to focus on live touring in the next few months. Then I run the Alien Alien project with Hugo Sanchez and we have nice scheduled releases on Slow Motion, Meant, Multi-Culti and our own Roccodisco. I’m also producing the work of the uprising chinese band Nova Heart, which leads me often to play and visit Asia, which I’m totally in love with.

 

 

Quiz express

 

Vinyl or digital?

Analog.

 

Live or DJ set?

Live.

 

The last movie you’ve seen?

Das Experiment.

 

The last book you’ve red?

A book of Glenn Gould’s interviews.

 

The last TV serie you’ve seen?

Narcos.

 

The track of the moment for you?

Everything Roman Fluegel’s.

 

The track which never leaves you?

Boards of Canada – Roygbiv.

 

Your favorite LP of 2015?

Telespazio, on Hell Yeah Rec.

 

Predrinks or afterparty?

Both.

 

The place you’ve played which amazed you the most?

Migas – Beijing.

 

The place where you secretly dream to play?

Billionaire club – Porto Cervo.

 

Your biggest fear?

Plastic balloons.

 

The simpliest thing which help you to be happy?

Food.

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