ITW : Roman Poncet, l’hyperproductif

ITW : Roman Poncet, l’hyperproductif

Il y a de ces artistes qui transforment la majeure partie de ce qu’ils touchent en or. C’est le cas de Roman Poncet, qui a démarré son projet techno, il y a à peine deux ans, et qui fait déjà partie des producteurs qui comptent dans le milieu. Adoubé rapidement par Len Faki, à travers son label Figure, Roman Poncet a continué à mettre à profit son hyperproductivité pour multiplier les projets, avec DJ Deep – sous les alias Adventice et Sergie Rezza – mais aussi en solo. On fait le point avec le producteur français sur ces deux premières années, mais aussi sur la suite, qui s’annonce tout aussi brillante.

english version below

 

Techno Cadeau : le projet Roman Poncet a désormais deux ans. Quel bilan tu en tires pour le moment ?

Roman Poncet : le projet a assez vite évolué, grandi. Je n’aurais pas cru arriver « à ce niveau de reconnaissance », même si ce n’est absolument rien du tout. Je ne m’attendais pas à cela et ce, aussi vite. Globalement, je suis content du résultat, je pense ne pas avoir reconduit les mêmes erreurs que j’avais pu faire dans le passé avec d’autres projets, par manque d’expérience et naïveté.

 

Tu as quand même figuré sur des EPs d’artistes comme Slam ou Kolde à travers tes remix, tu as aussi été remixé par des gars comme Robert Hood, c’est un gage de qualité non ?

Je pense que c’est un gage de qualité, il me semble. Mais j’en suis surtout content et fier, ça me fait très plaisir.

 

En à peine deux ans, ce projet Roman Poncet s’est solidement ancré dans la musique électronique ! On peut dire que l’adoubement de Len Faki, t’as bien aidé non ?

Clairement ! Mais vraiment, son label et lui-même ont une visibilité considérable. Le projet ayant débuté sur Figure, il a, de suite, subi une exposition importante, ce qui m’a aidé sur plusieurs points , notamment de rencontrer DJ Deep, pour d’abord réaliser un EP sur son super label Deeply Rooted et ensuite travailler avec lui sur différents projets.

 

Est-ce que le fait que tu aies déjà un pied dans la musique électronique à travers tes autres projets, et donc que tu aies déjà un réseau, t’as aidé à imposer plus rapidement Roman Poncet ?

Le réseau, clairement pas – je n’ai jamais trop eu de traitement de faveur parce que j’avais un réseau. A vrai dire je connais très peu de personnes « influentes » ou « importantes », et je crois que j’aime bien procéder comme ça. Quand j’obtiens quelque chose, c’est parce que je pense l’avoir mérité par le travail. Cependant, j’ai pu tirer un avantage de ma petite expérience passée, et celui-ci est purement technique / artistique. J’avais en effet un petit background technique qui me permettait de travailler plus vite et mieux que lorsque que j’ai lancé mon premier projet.

 

 

De quels artistes tu te sens le plus proche musicalement ?

Je ne sais pas vraiment. A vrai dire, je ne cherche pas à ressembler à tel ou tel artiste. Je suis bien entendu influencé par une grande quantité mais j’essaie au maximum de ne pas me calquer sur une identité existante afin de proposer une musique la plus personnelle possible.

 

On sent que tu es quand même plus tourné vers la scène allemande avec ce projet, on se trompe ?

Je ne découpe pas la musique de façon géographique, d’une part parce que ce n’est pas mon truc mais aussi car toutes ces pseudo découpes territoriales de la musique ne veulent plus rien dire. Tu ne peux pas dire aujourd’hui si cette musique vient d’ici ou de là.

 

Tu disais dans une interview, que c’était plus compliqué de sonder la foule allemande, qui avait une réaction plus mentale que la foule française. Tu veux dire qu’elle est plus en contrôle, un peu moins fofolle que le public français ?

Je disais en effet que les publics peuvent être différents. En prenant pour exemple l’Allemagne, il est vrai que j’avais remarqué une différence avec le public français. Disons que je les trouvais moins explicites au niveau de leurs expressions. Non pas qu’ils soient ennuyeux ou statiques, ils extériorisent juste leurs sentiments différemment. Ils vont par exemple moins crier, ou agiter leur bras, mais ont leurs propres manières de s’exciter peut être plus intérieures. Après ce n’était qu’une remarque faite au sujet de ma première fois au Berghain. Je ne veux en rien généraliser, c’était juste mon impression.

 

Il est important pour moi de garder une activité de production soutenue mais toujours variée et différente

 

D’ailleurs on se demandait si un jour le public français deviendrait aussi connaisseur et pointu que le public allemand. On commence à y arriver mais il y a encore du boulot. Tu as une idée sur la question ?

Je ne pense pas vraiment que le public français soit moins aguerri. Il est du moins impossible de comparer les deux groupes de personnes, ils n’ont pas la même histoire et ne vivent pas dans le même contexte. Honnêtement, je relègue au rang de légende ce genre de constat entre le public français et allemand. Je dirais qu’il y a des lieux en France, comme en Allemagne, où les clients des clubs et soirées sont plus aguerris que d’autres.

 

Tu as récemment joué au Berghain à travers une soirée Figure, tu nous racontes un peu comment c’était ? Tu as fait un set de 11h…

C’était vraiment exceptionnel, le club était plein à craquer, l’atmosphère était parfaite. J’ai été extrêmement stressé avant de jouer, toute la semaine avant, et encore plus les deux jours qui précédaient. Je savais justement que je jouais longtemps, au minimum 8 ou 9h mais ce que je voulais c’était garder le maximum de monde avec moi pendant le maximum de temps, ne jamais les perdre et essayer de leur faire vivre un moment aussi spécial que possible. Là était ma peur et aussi mon objectif. Les choses se sont super bien passées, j’ai pu en effet les garder bien plus que prévu, nous avons arrêté à 11:45, avec encore pas mal de gens dans la salle. J’étais super content. J’ai adoré jouer avec ce super public, les transporter au-delà de la simple techno classique – pour les emmener dans des ambiances de jungle, les faire danser sur des percussions africaines, des atmosphères aux allures de science-fiction, etc… J’ai vraiment essayé de leur proposer quelque chose de différent et varié – je suis très heureux qu’ils m’aient suivi dans mes délires toute la nuit, jusqu’en fin de matinée. Mais après ce marathon j’étais exténué.

 

Comment on fait pour tenir le coup dans ces conditions-là ? Comme tu l’as dit, on est plus dans l’idée d’un marathon, plutôt qu’un match de foot entre potes. Il y a quand même une certaine condition physique à avoir non ?

Il faut déjà beaucoup de repos avant, je n’avais pas pris de date les jours précédents pour être au maximum de ma forme physique. Mais la forme psychologique est très importante aussi, comme dans une course, il faut être prêt mentalement, afin de gérer au mieux son temps, artistiquement et physiquement parlant. Et il ne faut pas non plus faire d’excès, ne pas trop boire – ne vraiment s’autoriser que quelques verres d’alcool toutes les heures et demi par exemple.

 

Roman Poncet est, comme l’ensemble de tes autres alias, marqué par une hyper productivité impressionnante. Ça carbure quand même fort dans ton cerveau pour trouver des idées de tracks… Comment tu trouves l’inspiration d’ailleurs ?

Je ne l’explique pas et je ne cherche pas vraiment à l’expliquer. Mais je pense que la clé réside dans le fait d’avoir justement plusieurs projets aux univers bien différents, ce qui me permet de jongler entre ceux-là. De garder une activité de production soutenue mais toujours variée et différente. Cette gymnastique me permet de créer le manque et d’avoir toujours envie de re-bosser sur tel ou tel projet – c’est un carrousel dans lequel je saute de manège en manège.

 

Il doit souvent t’arriver de travailler sur des tracks pour un autre projet et de finalement te dire « tiens finalement ça, ça serait mieux pour Roman Poncet ». Non ?

Ça m’arrive tous les jours et dans tous les sens.

 

Je ne suis pas un collègue de travail facile, j’aime partir dans tous les sens : commencer un morceau techno, pour finir sur un beatless africain

 

Tu disais dans une interview vouloir que tes sorties soient encore écoutées dans 10 ans. C’est quoi la clé pour faire une musique intemporelle ?

Je te dirai si je l’ai trouvée dans 10 ans.

 

Quel est ton set-up de studio en tant que Roman Poncet ?

Le même que pour tous les autres. Mon ordinateur, avec Ableton (et ses plug-ins & simples) – qui reste mon outil principal – une table Midas Venice F24, une Analog Rytm de Electron et quelques effets comme le DP4, le H3000.

 

On en revient à ton hyperactivité mais tu as lancé deux gros projets avec DJ Deep ces derniers temps. D’abord Adventice avec trois sorties sur le label Trésor, puis Sergie Rezza. C’est pour cela que tu as eu moins de temps pour sortir de nouveaux EP certifiés Roman Poncet en solo ?

Je n’ai pas été moins productif, loin de là, j’ai aussi beaucoup travaillé pour mon autre projet principal en solo. Les sorties mettent juste un peu de temps à sortir, mais elles vont arriver. Et je trouvais qu’il n’était pas si mal d’avoir une petite période de respiration pour laisser le plein champ libre aux nouvelles sorties, notamment le Figure 75.

 

Si on en vient à Adventice, c’est un projet qui commence à faire son trou, grâce à ces trois sorties sur le label Trésor. Vous avez récemment sorti l’EP « Exsurgence », quelle était l’idée derrière ce travail ?

Je ne vais pas essayer d’intellectualiser cette sortie car ce n’est vraiment pas le cas. Tout comme il n’y avait pas vraiment d’idée bien définie en amont – nous avons juste commencé à travailler sur une base, au départ composée du synth basse du main mix, autour duquel nous avons construit 3 visions. Nous aimons travailler comme cela : partir d’un noyau central autour duquel nous travaillons trois points de vue différents qui mènent à trois finalités différentes.

 

Outre le fait que le courant est passé tout de suite avec DJ Deep, tu avais besoin de travailler avec quelqu’un qui avait plus de vécu sur la scène électronique ?

Je n’avais pas de besoin particulier, ni d’envie particulière. C’est juste bien tombé. Je pense que je ne suis pas un collègue de travail facile pour être honnête, j’aime partir dans tous les sens, commencer un morceau techno pour finir sur un beatless africain. Et Cyril est pareil pour ça. On a beaucoup de goûts musicaux en commun et je pense que c’est une chose très importante quand tu travailles avec quelqu’un.

 

Nous avons beaucoup appris avec le premier album de Sergie Rezza, le second sera sans aucun doute très différent

 

Venons-en à Sergie Rezza. Un projet un peu plus expérimental, qui fait la part belle à vos amours des percussions et des rythmiques africaines. Vous avez sorti un LP récemment. Il faut avouer qu’il est peut-être un peu difficile d’accès pour des auditeurs peu avertis. Vous souhaitiez coller à un public de connaisseurs avec ce projet ?

Nous ne visions aucun public en particulier, et je pense que ça a été notre erreur principale pour être honnête. Ayant tous deux des carrières solo qui nous font vivre, nous n’étions pas véritablement stressés par la réussite commerciale, même si comme tout artiste, on veut que son travail soit apprécié. Ce que je veux dire, c’est que nous avons peut-être trop fabriqué cette musique comme si elle allait être réceptionnée par un public au même goût et attente que nous même. C’est ce que je crois du moins, avec le recul. A ne peut être pas vouloir cibler, ne serait-ce qu’un minimum, le point de chute esthétique et artistique de ce projet, nous avons créé en effet un produit difficile d’accès. Je pense que nous avons vachement appris avec ce premier album, le second sera sans aucun doute très différent. Nous avons déjà commencé à réfléchir à ce à quoi il pourrait ressembler et surtout ce à quoi il ne ressemblera pas.

 

On sentait dans votre live à l’institut du monde arabe que certains membres du public ne savaient pas sur quel pied danser. C’est aussi un plaisir pour toi et Cyril de dérouter l’auditeur ?

Dérouter l’auditeur, clairement. Après, cette prestation n’était pas spécifiquement dédiée à une atmosphère dansante si je puis dire. Le but était de proposer un voyage, bien ou mal, peu importe, mais le nôtre : une balade dédiée à un moment unique qu’était cette soirée.

 

Chose plutôt paradoxale, c’est avec ce projet Sergie Rezza que vous avez développé un genre de partenariat avec Red Bull. Comment ça se passe, ils vous fournissent un studio, si j’ai bien compris ? Comment s’est déroulé le partenariat, c’est vous qui les avez démarché, ce sont eux qui sont venus vers vous ?

Le projet leur a simplement plu. Honnêtement je ne me rappelle plus du tout comment les choses se sont amorcées. Je sais juste qu’ils ont été touchés, interpellés par le concept et ont voulu faire part du projet en nous aidant à plusieurs niveaux : en nous prêtant leur studio, en nous aidant sur la communication, etc

 

Les marques sont de plus en plus présentes dans le monde de la musique électronique, il n’y a pas une certaine peur de vendre son âme au diable ? Même si Red Bull prouve avec le temps, que son apport dans la musique électronique veut faire la part belle à tout ce qui est pointu.

Nous n’avons fait AUCUNE concession avec Red Bull, et c’est d’ailleurs pour cela que nous l’avons fait. Et eux non plus d’ailleurs, comme tu l’as dit précédemment, l’album est difficile d’accès, mais Red Bull nous a toutefois suivi dans l’aventure.

 

 

Depuis votre live à l’IMA vous n’en avez plus fait alors que votre LP est sorti. Il y en a dans les clous ? Ou c’est compliqué de lancer ce projet à cause de sa complexité musicale ?

Nous l’avons rejoué à Atonal, le super festival d’ambiant de Berlin. Nous ne l’avons pas rejoué depuis car je pense qu’en effet le live n’est pas facile, et aussi car nous ne voulons pas le jouer dans n’importe quelle contexte et dans n’importe quel endroit.

 

En parlant de projets, où en es-tu avec ton alias Marion Poncet ? On en avait beaucoup entendu parler l’été dernier avec notamment un podcast sur Tsugi, et depuis, c’est silence radio. Tu l’as laissé de côté par manque de temps ?

J’avais décidé de ne pas pousser le projet plus que ça – que ça viendrait au moment voulu, naturellement. Un premier morceau sortira prochainement via Rinse France, pour un projet spécial créé par la radio. Un EP devrait aussi arriver prochainement.

 

On sent quand même que Marion Poncet est un projet qui te tient à cœur, toi qui disait dans une interview aux côtés de Maxime Dangles et Electric Rescue, que tu étais quand même un grand fan de la house parfois un peu putassière sur les bords…

C’est marrant, j’ai vu cet extrait peu avant de répondre à l’interview (rires). C’est absolument faux pour l’aspect « putassière », je suis d’ailleurs assez surpris lorsqu’Electric Rescue me prête ces mots si tu remarques bien dans la vidéo. J’aime en effet la house, sous beaucoup de ses formes, de la plus explicite, je dirais, à la plus subtile et profonde. A vrai dire j’aime assez son aspect deep et calme – mais j’aime aussi faire danser les gens – donc sa forme la plus énergique me plait énormément aussi.

 

Il y a plusieurs DJs dont Julien Piacentino qui nous disaient que la musique électronique ne brillait pas par son audace, et que beaucoup de sons se ressemblaient aujourd’hui. Avec toi, c’est radicalement le contraire. Tu prends de nombreux risques en opérant des virages musicaux et en multipliant les projets complètement différents. Cette multiplication de projets, ce ne serait pas par peur de s’enfermer dans une routine musicale avec un seul projet ?

Tu commences à répondre pour moi, c’est pratique.

 

 

Tu es un bourreau de travail, on y revient sans cesse. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes décident d’ouvrir leur propre label pour avoir plus de libertés musicales. Si je ne me trompe pas, tu ne l’as encore jamais fait. C’est une idée, qui te trotte dans la tête ? Ça te permettrait d’être encore plus libre et plus productif au niveau des releases…

Je vais y venir pour Roman Poncet – je le commence déjà pour un de mes autres projets – chaque chose en son temps.

 

Tu aimes quand même sortir des EP sur des labels différents. On revient encore à cette envie de défier une certaine routine musicale ?

J’aime changer, et donc oui, stagner me fait profondément chier.

 

Quelle est la suite pour fin 2015 et début 2016 ? Pour Roman Poncet, Adventice et Sergie Rezza ? Tu nous concoctes encore quelques sides project ?

Pour Roman Poncet, un Ep sur Figure est à venir pour 2016, surement un album aussi. Pour Adventice, d’autres Ep sont également en travaux. Concernant, Sergie Rezza, les prémices d’un second album sont déjà lancés, mais ça ne sera pas pour avant la fin 2016 / début 2017. Un remix de Monoton, à sortir sur Desire, devrait arriver très prochainement. D’autres alias sont déjà lancés, et d’autre vont encore arriver prochainement.

 

 

Quiz express

 

Vinyles ou digital ?

Les deux

 

Live ou DJ Set ?

Dj set en ce moment

 

Soirée dans un gros club ou petite fête intimiste ?

Les deux

 

Un endroit qui t’as marqué lorsque tu as mixé ?

Berghain et spécialement le dernier épisode.

 

Film préféré ?

J’en sais rien – j’en ai plein

 

Artiste préféré ?

J’en sais rien, j’en ai plein

 

Morceau de musique préféré ?

J’en sais rien, j’en ai plein

 

Livre favori ?

J’en sais rien, j’en ai plein

 

LP favori ?

J’en sais rien, j’en ai plein

 

Et surtout, ça change tout le temps

 

Romain Conversin

 

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english version

 

The Roman Poncet project has been going for two years now. Where is it at right now?

The project has evolved and matured very quickly. I didn’t expect to get this much recognition so quickly, even though it’s not that much, maybe. Overall, I’m happy about it, though. I don’t think I’ve made the same mistakes that I might have made in the past, through inexperience and naiveté.

 

Still, your remixes have been featured on EPs by artists such as Slam and Kolde; you’ve been remixed by guys like Robert Hood – that says a lot about the quality of your work, doesn’t it? 

Sure, I think it shows the quality, but it makes me happy and proud more than anything else. I’m really pleased about it.

 

In only 2 years the Roman Poncet project has solidly established itself in the world of electronic music! The collaboration with Len Faki was obviously a big help?

For sure! Really, he and his label have huge visibility. The project started out on Figure, and it got enormous exposure, which helped me in many ways, mainly meeting DJ Deep, working with him on Deeply Rooted and then on other projects too.

 

Did the fact that you were already involved in the electronic music world, and that you had a good network, help Roman Poncet to get recognition quicker?

Clearly not because of the network. I’ve never been done any favors because of that. To be honest I don’t know many “influential” or “important” people and I think I like it that way. When I get something, I’ve earned it through hard work. Having said that, I have been able to take advantage of my past experience, that is purely technical/artistic. I have a bit of a technical background which allowed me to work faster and better when I launched my first project.

 

Which artists do you feel closest to musically?

I don’t know really. To be honest, I don’t try to be like one artist or another. Of course I am influenced by many of them; but I do my best not to copy existing identities, so as to produce music that is as original as possible.

 

It seems that you are more oriented towards the German scene with this project, or am I wrong? 

I don’t consider music in geographical terms, partly because it’s not my thing, but also because all these pseudo-regional breakdowns don’t mean anything anymore. These days you can’t tell where music comes from.

 

Besides, you said in an interview that it was more complicated to relate to the German crowd, who had a more a mental reaction than the French crowd. You mean it is more in control, slightly less dippy than the French public?

Yes, true, I did say that the crowds can be very different. Taking Germany for example, I noticed a clear difference to the French crowd. Let’s say that I found them less expressive. Not that they are boring or standing still, just that they express themselves differently. They’re going to shout and wave their arms less, for example – but they have their own ways of getting excited, perhaps more on the inside. Anyway, it was just a remark made about my first time at Berghain. I don’t want to generalize, it was just my impression.

 

Also, one wonders if one day the French will become as knowledgeable and specialized as the Germans. We are starting to become, but still have some distance to go. Do you have any ideas on this?

I don’t really think that the French public is less experienced. It is at least possible to compare the two groups of people, they don’t have the same stories and don’t live in the same world. Honestly, I relegate this kind of observation about the French and German public to the status of legend. I would say that there are places in France, as in Germany, where people in the clubs and at parties are more experienced than others.

 

You recently played at Berghain through Figure evening you tell us a bit about it? You did a set from 11 hours…

It was really fantastic! The club was packed, the atmosphere was perfect. I had been extremely stressed out before playing, the whole week before, and even more in the two days leading up to it. I knew that I would playing for a long time, at least 8 or 9 hours but what I wanted was to keep the maximum number of people with me for the maximum time to never lose them and to try to make them have as special a time as possible — that was both my fear and my goal. Things went super well, I actually kept them going much longer than expected, we stopped after 11:45, with a lot of people still in the room. I was really happy. I loved playing with the great crowd, carrying them beyond the simple classic techno to take them through jungle environments, make them dance to African infusions, to science-fiction, etc… I really tried to offer them something different and varied. I’m very happy that they followed me in my delirium all night and morning. But after this marathon I was exhausted.

 

How do you keep going in those conditions? It’s more like a marathon than a football match between friends. You need to be in good physical condition, don’t you? 

You need plenty of rest beforehand, I had not taken any bookings on the days before, so as to be at peak fitness. But it’s also very important to be in good shape psychologically, as in a race, you have to be mentally prepared in order to pace yourself, artistically and physically speaking. And you mustn’t overdo it, don’t drink too much — allow yourself only a few glasses of alcohol every hour and a half for example

 

Roman Poncet, like all of your other aliases, is characterized by hyper-impressive productivity. Your brain is burning with ideas for tracks … Where DO you find your inspiration?

I can’t explain it and I don’t even try to, but I think the key is to always have several projects going in different universes, which allows me to juggle them to keep supporting production activity, but always different and varied. These gymnastics allow me to create the urge to always want to work on this or that project. It’s a merry go round in which I jump from carousel to carousel.

 

It must often happen that you work on tracks for another project and you finally say: « Actually, this would be better for Roman Poncet ». No?

It happens to me every day and in every way.

 

You were saying in an interview that you’d like your sets to be listened to in 10 years. What is the key to creating timeless music?

I’ll tell you in 10 years’ time if I’ve found it.

 

What is your studio set up as Roman Poncet?

The same as for all the others. My computer with Ableton (and its plug-ins & Simple ) — which remains my main tool — a Midas Venice F24 table, Analog Rytm Electron and some effects like the DP4, the H3000.

 

It all comes back to your hyperactivity but you have launched two large projects with DJ Deep lately. First-off Adventice with three releases on the label Treasury and Sergie Rezza. Is that why you had less time to release new solo EP’s by Roman Poncet?

I have not been less productive, far from it. I also worked for my other main solo project. The outputs will take a little while to get out, but they will happen. And I found that it was not so bad to have a little breathing space to leave the field open for new releases, in particular Figure 75.

 

Speaking of Adventice – this is a project that’s beginning to carve its niche, thanks to these three releases on the Treasury label. You recently released the EP « Exsurgence », what was the idea behind this work?

I will not try to intellectualize this release because it is really not the case. Just as there was not really clear idea upstream. We just started working from a base, initially composed of synth bass of main mix, around which we have built three visions. We love working like that, from a central core around which we work three different points of view that lead to three different results.

 

Besides the fact that there is good chemistry DJ Deep, did you need to work with someone who had more experience on the electronic scene?

I had no particular need or special desire. It just happened. I think I am not an easy workmate, to be honest. I like to go in all directions : start with a techno song and finish on an African beatless. And Cyril’s the same way. We have a lot of musical tastes in common and I think that’s a very important thing when you work with someone.

 

Coming to Sergie Rezza – a slightly more experimental project, which gives pride of place to your love of drumming and African rhythms. You recently released an LP. It must be admitted that it might be a little inaccessible for unsophisticated listeners. Were you wanting to attract an audience of connoisseurs with this project?

We were not targeting any particular audience and I think that was our biggest mistake to be honest. With both of us having solo careers that sustain us, we were genuinely not concerned about commercial success, even though like any artist, you want your work to be appreciated. What I mean is that maybe we created this music as though it would be received by an audience with the same taste and expectations as our own. At least that’s what I think in retrospect. In choosing not to target, even in a small way, a specific aesthetic and artistic objective, we’ve created something difficult to access. I think we’ve really learned a lot from this first album, the second will undoubtedly be very different. We have already started to think about what it might look like, and especially what it will not look like.

 

You felt in your live at the Institute of the Arab world that some members of the public did not know which way to turn. It is also a pleasure for you and Cyril confuse the listener?

Confuse the listener, clearly. But then, this appearance was not specifically dedicated to a dance atmosphere so to speak. The aim was to propose a trip, good or bad, regardless, but ours : a ride dedicated to the unique moment that the evening was.

 

Something rather paradoxical, is that with this Sergie Rezza project you have developed a kind of partnership with Red Bull. How’s it going? They are providing you with a studio, if I understood correctly? How did the partnership come to be, was it you who canvassed them, or was it they who came to you?

The project just appealed to them. Honestly I don’t remember at all how things  got started.I just know they were touched, challenged the concept and wanted to share the project by helping us on several levels: by lending us their studio, helping us with communication , etc.

 

Brands are increasingly present in the world of electronic music, isn’t there a concern about selling one’s soul to the devil? Even if Red Bull prove over time that their contribution to electronic music shines the spotlight on all that is at the leading edge.

We did not make ANY concession with Red Bull and this is also why we did it. And neither did they, for that matter, as you said earlier, the album is difficult to access, but Red Bull were always right behind us in the adventure.

 

Since your live gig at the IMA you’ve not done it again although your LP has come out. Is there anything planned? Or is it difficult to launch this project because of its musical complexity?

We replayed it at Atonal, super ambient festival in Berlin. We have not played it since because I think that it’s not easy to play it live and also because we do not want to play in any old context and in any old place.

 

Speaking of projects, where are you with your alias Marion Poncet? We heard a lot about it last summer, including a podcast on Tsugi, and since then it’s been radio silence. Have you put this to one side for lack of time ?

I’ve decided not to push the project more than that. It would come at the right time, of course. A first track will be released soon via Rinse France, for a special project created by the radio. An EP should also be coming soon.

 

It seems to us that Marion Poncet is a project that is close to your heart, you who said in a interview with Maxime Dangles and Electric Rescue, you were still a big fan of slutty house music…

Haha that’s funny, I saw this excerpt just before replying to the interview. That’s absolutely untrue about the « slutty » part, I was actually quite surprised when Electrice Rescue lent me these words, if you look closely at the video. In fact, I like house in many of its forms, from the most explicit, I would say, to its more subtle and profound. Actually I quite like its deep and quiet side – but I also love making people dance – so I like its energetic side too.

 

There are several DJs including Julien Piacentino who say that electronic music is not known for its boldness, and that these days most of it sounds alike. With you, it is radically opposite. You take lots of risks by working musical turns and in an increasing number of completely different projects. This project multiplication, would it not be out of fear of being locked up in a musical routine with a single project?

You’re starting to answer for me, that’s handy :)

 

You’re a workaholic, they always come back to that. Today, many artists decide to open their own label to have more musical freedom. If I’m not mistaken, you haven’t done that yet. Has that crossed your mind? It would allow you to be even more free and hyper productive in terms of releases…

I’ll go that way for Roman Poncet. I’m already starting it for one of my other projects – all in good time.

 

You still like releasing EPs on different labels. Does this go back to the urge to defy a certain musical routine?

I like to change, and so yes, stagnating really shits me.

 

What’s next for late 2015 and early 2016? For Roman Poncet, Adventice and Sergie Rezza? Are you concocting some side projects?

With regard to Roman Poncet, an EP on figure is coming in 2016, probably an album too. As for Adventice, other EPs are also in the works. Concerning Sergie Rezza, the beginnings of a second album are in the works, but it will not be out before the end of 2016 / early 2017. A remix of Monoton , to be released on Desire, should be out shortly. Other aliases are already underway, and even more will arrive soon.

 

 

Quiz Express

 

Vinyl or digital?

Both

 

Live or DJ Set?

DJ Set at the moment

 

Evening in a big club or small intimate party?

Both

 

A place that impressed you when you mixed?

Berghain, and especially the last episode.

 

Favorite movie?

I don’t know – I have lots

 

Favorite artist?

I don’t know – I have lots

 

Favorite piece of music?

I don’t know – I have lots

 

Favorite book?

I don’t know – I have lots

 

Favourite LP?

I don’t know – I have lots – and above all, it changes all the time

 

Photo en UNE : © Thomas Hauser

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