ITW/Podcast : à la découverte de Fanzine Records

ITW/Podcast : à la découverte de Fanzine Records

Dans ce trop plein de labels qui naissent comme des champignons en automne, on a décidé de vous faire (re)découvrir une signature espagnole, qui existe depuis 2013 : Fanzine Records. Trois ans d’existence pour des sorties marquantes qui marient les artistes confirmés et les petites pépites inconnues. Eduardo De La Calle, Aubrey, Edict Select ou encore Architectural ont produit des compositions technos sombres et atmosphériques, marque de fabrique du label construit à La Corogne. Pour vous faire découvrir cette plate-forme, on a décidé d’interviewer l’équipe du label, composée de Nico, Pablo et Roi, pour qu’elle nous explique sa vision des choses. Également DJ, Nico nous a, de plus, produit un podcast qui nous permet d’en savoir un peu plus sur le son défendu par le label.

 

english version below

 

PODCAST

 

 

INTERVIEW

 

Techno Cadeau : quel a été le moment clé dans la décision de créer le label Fanzine Records ?

Fanzine Records : en 2008, on a lancé un club à La Corogne, en Espagne. Nous l’avons appelé Fanzine. Après quatre années de soirée, nous avons décidé d’arrêter ce superbe projet, qui nous a permis de nous insérer dans la scène électronique, et nous avons décidé de nous ouvrir à une nouvelle forme, en devenant promoteurs et en créant le label Fanzine Records.

 

Quand vous avez démarré l’aventure, vous aviez quel plan en tête ?

Comme toujours, quand tu démarres un nouveau projet, ton rêve est d’arriver à atteindre le top très rapidement et à signer de bons artistes. Depuis le début, notre philosophie est de travailler avec des gens de confiances et de vrais professionnels dans le but de sortir une musique intemporelle. En fait, on aimerait que nos musiques soient encore écoutées dans dix ans. Pour résumer, on était parti avec la volonté de travailler dur, d’être persévérants et surtout de croire en ce que nous faisions.

 

Je suppose que vous recevez beaucoup de démos. Comment vous faites pour sentir le potentiel dans le son d’un DJ ?

En effet, chaque jour, on reçoit énormément de démos, mais je dois avouer qu’il y en a très peu que l’on aime vraiment ou qui rentrent pleinement dans notre style. Nous aimons aussi bien travailler avec des artistes établis sur la scène que sur des tout nouveaux talents. C’est pour ça qu’on prend des heures et des heures pour chercher un son qui nous plait vraiment et qui se retrouve dans ce que l’on recherche.

 

Depuis que vous êtes à la tête de Fanzine Records, quel obstacle a été le plus difficile à dépasser ?

Le plus compliqué, ça a été de trouver des artistes qui voulaient bien travailler avec nous quand nous avons lancé le label. Il y a tellement de labels aujourd’hui que les artistes sont parfois un peu réticents à travailler avec des nouveaux. Donc on se sent vraiment très chanceux d’avoir pu signer des artistes qui nous ont fait confiance.

 

« Il y a tellement de labels aujourd’hui que les artistes sont parfois un peu réticents à travailler avec des nouveaux. »

 

Justement, c’est vrai qu’on voit énormément de labels se créer en ce moment. Ca ne vous fait pas peur ?

On croit à la musique que l’on sort sur notre plate-forme et aux artistes qui la produisent. On essaie toujours de faire de notre mieux pour nous différencier des autres labels. En tout cas, on a notre propre signature. Donc, non nous n’avons pas peur.

 

Comment cela se passe la gérance d’un label en Espagne ?

Actuellement, on travaille avec un distributeur hollandais et nous produisons pas mal aux Pays-Bas en général. Nous pensons que s’occuper d’un label en Espagne ne doit pas être si différent qu’autre part en Europe. Au final, ton environnement ne constitue pas un handicap pour développer ce genre de projet ces temps-ci.

 

Mais est-ce que le gouvernement espagnol aide les structures culturelles comme la vôtre ?

Ah non pas du tout, le gouvernement espagnol ne nous aide pas du tout…

 

Vous avez décidé de sortir vos disques en digital mais aussi en vinyle. Le prix de production du vinyle, relativement élevé, ne vous freine pas ?

C’est clair que le statut du vinyle n’est plus le même qu’il y a 15 ans, on note même des différences depuis deux ans. Nous devons choisir avec précaution ce que nous voulons sortir en vinyle. C’est également très important d’avoir des échanges très précis avec la compagnie de distribution pour éviter les erreurs. En fin de compte, si tu fais les choses bien, sortir des vinyles n’est pas un problème, c’est même tout le contraire.

 

 

Il y a peu de temps, vous avez changé la charte graphique du label avec une modification de votre logo et de vos artworks. Maintenant on y retrouve des paysages mystérieux en noir et blanc. Pourquoi avoir dérivé vers ce style-là ?

Notre précédent logo avait été utilisé pendant sept ans et on a décidé que c’était le bon moment pour en faire un nouveau. Nous avons également profité d’avoir dans notre équipe, Pablo, qui est un très bon photographe et qui nous a pris quelques superbes photos que nous utilisons sur nos covers. Par ailleurs, toutes les photos utilisées sont prises à La Corogne.

 

Vous avez sorti une nouvelle série de Various Artists appelée « Timeless » en 2015. Pourquoi ce choix de nom ? C’est par rapport à ce que vous disiez précédemment, vous voulez que votre musique soit intemporelle ?

Nous sommes de fervents croyants à l’idée que la musique est intemporelle. Nous ne sommes pas du tout guidés par les tendances. Quand on parle de musique, quelque chose de spécial n’a pas d’emprise sur le temps. C’est exactement ce que je disais plus tôt concernant le label. Nous espérons être là pour un bon moment encore et que notre musique ne sera jamais démodée.

 

Cela fait maintenant trois ans que vous êtes sur le marché. On peut d’ores et déjà dire que c’est une bonne performance dans le contexte concurrentiel actuel. C’est quoi votre plan pour la suite ?

Nous voulons continuer dans la même voie que depuis que nous avons commencé. On va continuer à travailler dur pour le label afin de sortir la musique d’artistes en lesquels nous croyons. Nous voulons que la marque Fanzine devienne une valeur incontournable.

 

Vous avez travaillé avec des artistes très remarqués comme Architectural ou Eduardo De La Calle. Comment vous les avez rencontrés ? Il y a des artistes avec lesquels vous rêvez de travailler ?

On a rencontré Architectural lors d’un festival que nous avions organisé mais nous n’avons jamais vu Eduardo en chair et en os. On a parlé aux deux de la possibilité de faire partie de notre projet et leur réponse positive nous a vraiment surpris. Il y a énormément d’artistes avec lesquels nous voudrions travailler mais je pourrais citer Robert Hood en exemple.

 

Vous vouez également un grand attachement à produire de jeunes artistes au futur radieux. Il y en a quelques-uns dont vous voulez nous parler ?

Un des crédos du label et de chercher de nouveaux talents qui pourront apporter une vision fraîche et une perspective différente de la musique. On travaille énormément pour trouver ce genre d’artistes. On pourrait citer l’Italien Antonello Teora, Dakpa, qui vient des îles Baléares ou l’Argentin Dying, qui a sorti le dernier EP du label avec notamment un remix du très renommé Johannes Volk. (ndlr : on vous conseille l’écoute, c’est du très très bon).

 

Vous avez un dernier mot pour nos lecteurs ?

Merci d’avoir lu cette interview, j’espère que ça vous a plu. On espère venir en France bientôt !

 

Propos recueillis par Romain Conversin

 

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English version

 

What was the key moment when your team has decided to build the label?

Fanzine was born as a Club in 2008 in La Coruña (Spain). After 4 years we decided to end that fantastic stage that allowed for us to fully move into the scene and start a new stage where we became promoters and created the label.

 

When you’ve begun, what was your plan?

As always when you start a new project, you dream of reaching as far as possible and of this or that artist. From the beginning our philosophy was to work with reliable and professional people and try to release timeless music. We would like our references to still be valid and heard in 10 years’ time. If we had a clear goal from the very beginning, it was to be persevering, work hard and believe in what we do.

 

I assume you receive a lot of demos, right? How do you do to feel some big potential on a DJ?

We receive many demos every day, but there are very few that we really like or which are our style. We like to work with both established artists and new talents and that is why we invest so many hours in searching what we are looking for.

 

Since you’re running Fanzine, what was the biggest obstacle you had to face?

Our most difficult challenge was to find artists who wanted to work with our label when we started. There are so many labels today that artists are reluctant to work with new ones. We feel very lucky to have so many artists who trusted us and decided to work with Fanzine.

 

We see a big rise in label growth those past months. Don’t you be afraid to see too much labels?

We believe in the music we release on the label and the artists who produce it. And we try to do our best to differentiate from other labels. Or at least to have our personal style. No fears.

 

Can you explain to us how is it to take care of a label in a country like Spain?

We are currently working with a Dutch distributor and we are also producing in The Netherlands, and we guess it is not too different from developing elsewhere in Europe. Your location is not a great handicap to develop these sorts of projects these days.

 

Does the government helps underground structures in Spain?

The government in Spain doesn’t help at all…

 

You’ve decided to releases your work on Vinyl and digital? The cost of vinyl is not a struggle for you?

It is obvious that the status of vinyl is not the same as it was 15 years ago, not even the same as it was two years ago. We must choose what to release on vinyl carefully. It is also important to have a good communication with the distribution company and to minimise any potential errors. If you do your job well, releasing on vinyl is not a problem; quite the opposite in fact.

 

You’ve decided recently to change your logo and even the universe of your artworks, which are some photos of mysterious outside places in black and white. Why this choice?

We had used our last logo for seven years and thought it was a good time for a makeover. And we took advantage to also change the look of our covers by using the photos of the great photographer we have at Fanzine, Pablo. By the way, all the pictures we are using are from our city, La Coruña.

 

Can you tell us why you’ve decided to launch a new series of Various Artists you’ve called “Timeless”? That’s a part of what you were saying in the past questions telling me that you want your music to be timeless?

We are faithful believers in the idea that music is timeless. We are not led by fads. Something special is always timeless, musically speaking. That’s exactly what I was saying before. We hope to be around for a long time and that our music does not go out of style.

 

You’re in the market since 3 years now which is a really good performance today when we see a lot of labels leaving the industry. What’s the plan for the future?

Our future plan continues to be the same as when we started. We wish to continue to work hard on the label, release music and artists we believe in, and make the Fanzine brand a global one.

 

You’ve worked with some artists which are knowing a big success right now like Eduardo de La Calle or Architectural. How did you guys meet? Is there an artist you really dream to work with?

We met Architectural at a festival we had organised, but we had never met Eduardo. We spoke to both of them about our project and the opportunity to be part of it and their positive reply was a big surprise for us. There are no few artists we would like to work with, I could mention Robert Hood as an example.

 

You’re attached to promote some newcomers who have a great talent. Are there some you want to talk about?

One of the label’s philosophies is to look for new talents who can provide fresh air and a different perspective. And we work hard in finding them. Examples are the Italian Antonello Teora, Dakpa from the Balearic Islands, or the Argentine Dying, who is the author of the latest EP with a remix done by the world-renowned Johannes Volk.

 

Have you a last word to say to our readers?

Thank you for reading this interview, I hope you liked it. We hope to be in France soon

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