Podcast #2 : Denny Loco

Podcast #2 : Denny Loco

A intervalles réguliers, un artiste ou un groupe composera un mix spécialement pour Techno Cadeau. Après Georgeous & Souldate, c’est l’artiste italien, Denny Loco, qui a produit un DJ set de plus d’une heure. Il a également répondu à quelques-unes de nos questions.

 

English version below

 

Denny Loco est un jeune artiste italien, qui commence à faire son trou. Son track « Centoundici » a été joué par Solomun dans plusieurs de ses DJs sets. Denny Loco, a récemment sorti aux côtés de Risal, l’EP « Your Name » sur Le Club Records. Pour son podcast pour Techno Cadeau, il a décidé de produire un DJ set entre techno et house, avec une sensibilité certaine. Il nous explique en quelques mots, son parcours et ses aspirations.

 

 

Techno Cadeau : qu’est-ce que tu souhaites apporter avec ta musique ?

Denny Loco : je souhaite transmettre la part éclectique que je retrouve dans ce que je ressens au plus profond de moi, avec ma musique. Quand j’enregistre quelque chose dans mon studio, ce n’est pas parce que je viens d’entendre un track, et que j’ai envie de m’en inspirer, mais simplement parce que j’ai besoin de faire sortir ce que je ressens à l’instant T. C’est peut-être un désavantage pour moi car, du coup, mes tracks ne suivent pas une tendance commerciale. Je n’arrive pas à suivre les standards, j’essaie d’être différent tout en restant dans mon style. Mais le point positif reste que je peux me faire repérer grâce à mes tracks par des DJs reconnus et par le public.

 

Lors d’une interview, Whitesquare, qui est également italien, nous disait que c’était difficile d’être un DJ italien en Italie, car les promoteurs bookaient toujours des artistes très connus. Tu es d’accord avec ça ?

Je suis totalement d’accord avec Whitesquare. Aujourd’hui, c’est vraiment très compliqué de faire son trou en Italie, car les promoteurs sont obligés de booker de grands noms s’ils veulent remplir les clubs. Booker un artiste pas forcément connu est beaucoup trop risqué pour eux. Le problème vient surtout du public, qui n’a pas forcément une très grande culture club. Leur connaissance est limitée aux noms et labels les plus connus. Ils en oublient la chose la plus importante pour un clubber, qui est de creuser pour trouver de la musique intéressante, et pour découvrir et écouter des artistes, qui émergent sur la scène électronique.

 

Quels ont été tes premiers contacts avec la techno ? Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ?

La première fois que j’ai entendu de la techno, je devais avoir autour de 18 ans. J’ai écouté le titre Darkness de Carl Craig. A l’époque j’étais plutôt dans la house, mais le son de ce titre, cette atmosphère créée par Carl Craig, m’ont donné la chair de poule. A partir de ce moment précis, j’ai compris que dans mon cœur, il y avait la house, mais aussi la techno. J’ai été assez chanceux de pouvoir jouer dans quelques petites soirées, même quand je commençais, mais je pense que la première fête techno que j’ai faite, était en 2012. Je faisais partie de la programmation du « We Call It Technology Festival » organisé en Sicile. J’étais aux côtés d’artistes comme Henrik Schwarz, Musumeci, Betoko, The Element. Je considère cette soirée comme un véritable point de départ, parce que je me sentais bien plus mature que ce soit sur et derrière les decks. L’insécurité que je ressentais les années d’avant s’est transformée en désir de m’exprimer du mieux possible. C’était un très grand moment pour moi, de pouvoir me mesurer à des DJs de ce calibre.

 

Tu as créé ton propre label, intitulé Gospell Records. Ce n’est pas compliqué de réaliser cela, quand on n’est pas trop connus dans le monde de la musique ?

Tout est parti d’une idée de Sicania Soul. Un jour, ils m’ont demandé si je voulais ouvrir mon propre label, qu’ils géreraient ensuite via la plateforme Inndigital.com. Je n’ai pas hésité une seconde, et j’ai créé Gospell Records. Je veux donner l’opportunité de sortir des musiques d’artistes, qui le souhaitent. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup d’artistes, et pas mal travaillent toujours avec Gospell Records. Enfin, je n’aime pas vraiment les appeler artistes, je préfère parler d’amis. Avant de créer une relation de travail, j’essaie de mettre en place un lien amical avec les gens qui travaillent avec moi. Après, c’est vrai, que c’est très difficile d’émerger dans le monde de la musique avec une structure aussi petite que Gospell Records. La chose la plus importante pour moi est de continuer à produire de bonnes choses et de rester consistant dans mes productions, même si je ne suis pas dans le top 100 Beatport. Si on croit vraiment à un projet, les sacrifices paieront tôt ou tard, et les résultats arriveront doucement.

 

Comment Solomun t’a découvert ? Vous avez prévu de travailler ensemble à l’avenir ?

Ça a été un coup de chance. Je lui ai envoyé la promo de mon track « Centoundici », qui sortait quelques temps plus tard sur Asymmetric Recordings. Après quelques semaines, il a commencé à jouer le morceau, et je dois dire que j’étais très heureux, parce que Solomun, je le suis depuis des années. Je n’ai pas de contacts directs avec lui, ce n’est pas si simple… Mais je suis en contact avec des artistes du label Diynamic. Nous prévoyons de réaliser quelques collaborations ensemble.

 

Pourquoi avoir décidé de travailler avec Risal, sur l’EP « Your Name » notamment ? C’est quelque chose d’important de pouvoir compter sur quelqu’un lorsque tu composes ?

J’ai rencontré Risal, parce que l’on m’avait demandé de faire un remix pour un son dans lequel il chantait. Dès que j’ai entendu sa voix, je suis tout de suite tombé amoureux de sa façon de chanter. J’ai donc demandé à le rencontrer. Directement, il y a eu un feeling, qui s’est créé entre nous. J’ai proposé une collaboration. Sa présence est très importante pour moi, car je trouve qu’il me complète. Avec lui, je peux vraiment réussir à créer ce que je veux. Je compose le son dans son intégralité, puis je joue la mélodie que j’aimerais qu’il chante. Ensuite, il écrit les paroles et les chante, et comme par magie, l’idée que j’avais en tête devient réalité grâce à lui. Je pense que les sons que je produis avec lui sont très supérieurs à ceux que je réalise sans sa voix.

 

Parlons du podcast que tu nous as préparé. Quels sentiments tu voulais partager avec ce mix ?

Avec le podcast que j’ai composé pour Techno Cadeau, je voulais faire découvrir les sons et les atmosphères que j’apprécie le plus lors de mes DJ sets. En fait, je choisis les sons de ma tracklist en fonction des sentiments qu’ils me procurent. Si un son ne me fait rien ressentir, ce n’est même pas la peine que j’y fasse attention. Ce que je souhaite avec ce DJ set, c’est créer une vague de sentiments, et de varier. Je ne voulais pas faire un DJ set plat et redondant.

 

Quels sont les futurs projets pour toi ?

Pour le future, j’ai quelques projets sous le coude avec Risal et d’autres artistes. Je travaille sur un nouveau projet avec JP Chronic du label Chronovision d’Ibiza. Une nouvelle release est prévue avec le label Le Club Records, avec Risal. Elle s’appellera « Antigone ». J’ai également une sortie, qui arrivera bientôt sur le label anglais No-Attitude de Enzo Tedeshi. Ensuite, j’ai aussi une sortie dans les clous pour le label italien Pick Records, dirigé par mon ami D. Lewis. J’ai également quelques tracks de prêtes pour d’autres labels, avec lesquels j’ai travaillé ces derniers temps, comme Asymmetric Recordings. Bien sûr, je n’oublie pas mon label Gospell Records, sur lequel je vais sortir des tracks originals et des remix. Et plein d’autres projets, que je ne peux pas encore anticiper.

 

Romain Conversin

 

Tracklist

 

1 Denny Loco feat. Risal – Your Name (Denny Loco & Giulio Lantieri Remix)
2 Lee Van Dowski – Ulysse Is back
3 Terrence Parker – Pentecost (traumer Remix)
4 The Knife – Silent Shout
5 Huxley – Stillove
6 Art Department – Catch You By Surprise (&ME Terrace Dub)
7 Edu Imbernon & Los Suruba – Cederron (Lee van Dowski Remix)
8 Fex – Overdeus
9 Ilario Alicante – Encounter
10 Anthony Rother – Don’t Worry

 

English version

 

What do you want to bring with your music?

With my music I’m trying to transmit the eclectic part of me as well as what I feel inside. When I record something in my studio, it’s not because I’ve heard a famous DJ playing a track and so I want to copy it, but rather because I need to put out what I feel at that moment. This may well put me at a disadvantage, because my tracks aren’t always following a market trend or whatever is being played in the clubs, I just can’t follow the standard, I always try to be different but within the genre. On the up side, it can get me noticed, both by the public and the big DJ’s!

 

Whitesquare said to us that it was difficult to be an Italian DJ in Italia because promotors would call only famous artists. Do you agree with him?

I fully agree with Whitesquare. Today it is really hard to stand out in Italy because the promoters are forced to book only big names if they want to fill the club. To hire a name you may not know is too risky for them. I think the primary problem is that there is little culture among clubbers, their knowledge is limited to the best-known names and brands, forgetting the best thing for a clubber, namely, the search for more interesting music, and to hear emerging artists and what they have to offer.

 

What was your first steps with techno? What was your first techno party? What was your feeling during this night?

My first step towards the techno had it when I was 18 years old, I heard a record of Carl Craig – Darkness, up to that point I was a lot more into house, but the sound of that record, the atmosphere just snapped something in me, I had goose bumps and from then I understood that in addition to house in my heart for sure there was techno that no matter what had to come out. I was lucky enough to start playing in small parties, even as I started out but I think the first techno official party dates back to 2012 when I was one of the official artists of « We Call It Technology Festival » held in Sicily (Italy). In this festival besides me there were world artists such as Henrik Schwarz – Musumeci – Betoko – The Element. I consider this to be the first official party because I felt mature both on and behind the console and so the insecurity I felt at the parties of the previous years had turned into desire to express myself better, it was a joy for me to be able to compare myself with all of them.

 

You’ve created your own label (Gospell Records), is this something easy when you’re not so recognized in musics world?

It all started from an idea of Sicania Soul, one day they asked me if I wanted to open my own label which then they would run through Inndigital.com. I didn’t think twice and I created Gospell Records, with the aim of giving the possibility to those who wanted to get involved to release their material. This allowed me to meet many artists and many of them are still working with Gospell Records, although I do not like to call them artists but friends, because before establishing a working relationship, I try to create a bond of friendship with those who collaborate with me. But nevertheless it is not easy to emerge into the world of music with a small reality as is Gospell Records, the important thing for me is to produce a good product and to be consistent even though your release is not in the Top 100 of Beatport. If one really believes in one project, sacrifices sooner or later will pay off and slowly results will come.

 

How did Solomun discover you? Have you talked about working together in the future?

 Solomun discovered me by chance, I sent him the promo of “Centoundici” that came out later on Asymmetric Recordings. After a few weeks he started playing and it was a joy for me, because I’ve been following him for years. I do not have a direct relationship with Solomun, as you know it’s not that simple… But I’m in touch with artists from Diynamic, we are planning to do some collaboration together.

 

Why did you decide to work with Risal? Is this better to have someone to rely on when you compose?

The meeting with Risal happened because I was asked to do a remix of a song he sang. As soon as I heard his voice I fell in love with it immediately, and I asked for a meeting with him. Right from the start there was the feeling between us then I proposed that we should work in some project together. His presence is very important for me because it completes me, with him I can best achieve what I have in mind also because he is the author of the lyrics of our songs. I compose the song from start to finish, then I play the idea of the melody that I have in mind him to sing, he then writes the lyrics and sings it and as if by magic, the idea that first was in my mind becomes reality thanks to him. The songs that I do with him in my opinion are superior to those that I do without his voice.

 

About that podcast, can you tell us what feelings did you want to share with?

With the podcast that I have prepared for you I want you to listen to the sounds and atmosphere that I love the most and my favorites during my DJ sets. Even the choice of the songs is determined by feelings that they give me. A song should let me feel something otherwise it would not be in my suitcase. Everything then pours in my sets where I always try to create an emotional wave and not something flat and all the same.

 

What’s coming next for you?

For the future I have several things in the pipeline with Risal and other artists. I’m working on new projects with Jp Chronic of CHRONOVISION imprint. A new release is on the pipeline with Le Club and again feat. Risal which is called Antigone. A release for the English label No-Attitude by Enzo Tedeschi and one for the Italian label Pick Records, my friend, D. Lewis. I’ve got tracks ready for the label with whom I worked in the latter period like Asymmetric Recordings. Of course there will be also releases on Gospell Records with original tracks and remixes from me. There are also other projects I’d like to talk to you but unfortunately I cannot anticipate anything.

 

 

 

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