Tohu Bohu Montpellier : mélange des gens

Tohu Bohu Montpellier : mélange des gens

Pour son troisième et dernier soir, le Tohu Bohu, organisé sur le parvis de la mairie de Montpellier, a atteint son zénith. La dernière soirée électronique organisée dans le cadre du Festival Radio-France Occitanie a rameuté un public dense et mélangé pour écouter les sets de DJ Steef et Gerd Janson.

 

Au premier rang, trois spectateurs se déhanchent au rythme des morceaux passés par DJ Steef. Rien ne semble vouloir les arrêter, pas même le fait qu’ils soient sur un fauteuil roulant. La house électrise leur corps qui ondule au rythme des basses. Leur handicap n’est même plus une préoccupation. Si ce n’est que beaucoup d’autres spectateurs viennent vers eux pour leur taper la main, danser avec eux, ou échanger un sourire.

 

« L’atmosphère est vraiment excellente, se réjouit DJ Steef, artiste vivant à Marseille, au sortir de son set. Le public est très mélangé. On a peu de festivals aussi grands et gratuits à Marseille. Que Montpellier organise ce type d’événement, c’est une bonne chose ». Dans le cadre du festival classique Radio France Occitanie, Tohu-Bohu propose trois jours de parenthèse à consonance électronique sur le parvis de la mairie de Montpellier. Pour le dernier des trois soirs, les programmateurs ont fait confiance à DJ Steef, mais aussi à Gerd Janson, patron allemand du label Running Back.

 

Gerd Janson

 

Grande liberté pour les festivaliers

19 heures, le producteur marseillais démarre son set. Le vent soufflant sur la cité montpelliéraine a fait drastiquement baisser le thermomètre. Cela n’a pas découragé les fêtards. Pendant la première moitié de son set, DJ Steef doit quand même composer devant un public clairsemé. Mais de minutes en minutes, la foule se densifie. L’entrée gratuite y est pour beaucoup. La liberté laissée par les forces de l’ordre aussi. Faible contrôle à l’entrée, possibilité de passer avec sa bouteille en plastique – pas toujours remplie d’eau -, les festivaliers ont eu le champ libre tout au long de la soirée. Et cette politique libertaire a porté ses fruits puisqu’aucun débordement n’a eu lieu.

 

Axé house et techno, le set de DJ Steef, réglé à la minute, se termine à 21 heures 30 avec un remix de « Think Twice » réalisé par Henrik Schwarz. Quand Gerd Janson récupère les platines, le soleil prend congés et le vent se renforce. La chaleur est nichée dans la foule. On compte quelques 3.000 personnes dans le public pour le point culminant de la soirée, qui va durer tout le long de son set.

 

 

L’Allemand durcit un peu le ton par rapport au set plus coloré de son prédécesseur. L’ambiance atteint son paroxysme lorsque Gerd balance le fameux « Domino » d’Oxia. On tire un trait sur l’effet de surprise mais le morceau fait toujours son effet sur la foule. Les vingts dernières minutes sont haletantes avec des enchaînements variés. « Final Credits » de Midland – en clin d’oeil à l’artiste qui a joué lors de la première soirée lundi au Tohu Bohu – succède à « Traveler » de Boris Dlughlosh. Jusqu’au dernier titre, qui scotche l’assistance. Personne ne s’attendait à « Give me love » de Cerrone. Sauf qu’avec le ciel devenu noir et les festivaliers en transe après trois heures de set, le morceau sucré permet à tout le monde de rester sur son petit nuage. En arrêtant la musique, Gerd Janson ramène le public sur terre. Atterrissage en douceur pour une foule conquise.

 

Hommage à Louis Nicollin

Par rapport au public, DJ Steef ne mentait pas, il est vraiment mélangé. Difficile de dresser un portrait robot du festivalier, tant tous les âges sont réunis devant la scène. On y retrouve un couple de quarantenaires par ci, des jeunes par là. Et même Isabelle, venue avec sa fille Léa, 6 ans. Si les costumes cravates ont réussi à se frayer un chemin afin de s’installer aux différentes buvettes pour l’afterwork, l’ensemble du public est plus populaire que CSP+. Il y a même une concentration élevée de danseurs pieds nus, accolés aux barrières, au plus près de la scène.

 

Isabelle et sa fille Léa

 

L’ambiance est sans accroc entre les participants. L’interaction se fait naturellement et même les fameux « relous » alcoolisés se font rares. A quelques exceptions près. Un homme, maillot third 2008-2009 de l’Olympique de Marseille collé au torse, vient prononcer des paroles inaudibles dans l’oreille de la chef de la sécurité. Voyant qu’il ne se fait pas comprendre, il soulève son maillot, laissant apercevoir le logo de son club de coeur tatoué sur son pectoral gauche. Tout en embrassant son collier à l’effigie de la Ligue des Champions, il lève son index au ciel. L’homme voulait simplement « rendre hommage à Louis Nicollin », à sa manière. Ce sera le seul « débordement » de la soirée.

 

Texte, photos et vidéos : Romain Conversin

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