Top releases de la rédaction #2

Top releases de la rédaction #2

Ce deuxième épisode de la série top releases balance sept disques énormes qui sont sortis ces derniers mois. On y retrouve du gros calibre avec du Julien Piacentino, Kevin de Vries, ou Jon Hester

Revenir sur les sorties de mai, est-ce vraiment nécessaire ? Oui, quand on a des disques aussi bons. Ils vous sont peut-être passé sous le nez, alors une piqure de rappel n’est jamais si mauvaise. Techno atmosphérique, bombes dancefloor et même quelques influences de Détroit ponctuent cette liste d’EP sorti avant le début de l’été.

 

Julien Piacentino – Origins [Tentacles Recordings]

Piacentino - OriginsDe nouveau très productif sur la scène électronique, Julien Piacentino a profité de l’arrivée imminente de l’été pour sortir quelques pépites bien senties. Le morceau « Origins » montre tout de suite la patte sombre du producteur du sud de la France. La montée sous tension progressive de l’introduction est suivie d’un beat lourd et lent. Costaud, ça ronronne tout du long. Le morceau « Planet Earth » avec Philip Piogé dévoile aussi une osmose puissante avec un rythme cadenassé, fortement prenant. Les sonorités sont très atmosphériques et laissent l’écoute en suspension par moment. Le morceau « Limits » avec Someone Outside présente un beat plus breaké. Dans l’offensive, le track reste quand même dans sa zone, sans aller trop titiller dans la techno pure. L’EP est également constitué de deux remix du titre « Origins ». Satom y restitue sa vision plus techno dansante, tandis qu’Hioll opte pour l’hypnose sonore.

Sorti le 5 mai 2017. A retrouver sur Bandcamp.

 

Roel Zweers – Yerseke EP [Planet Rhythm]

Yerseke EPS’il y a bien un label qui ne fait pas de fausse note, c’est Planet Rhythm. Qu’on parle d’artistes chevronnés ou de newcomers, la plateforme parvient toujours à nous surprendre. Avec Yerseke EP de l’artiste néerlandais Roel Zweers, la donne reste la même. Le morceau « Walking Thru The Rain » en dit long sur l’esthétique du son du néerlandais. Profond dans les basses avec beaucoup de travail sur l’atmosphère et plus de libertés dans l’enchaînement des plages de synthé. La place est largement faite à l’improvisation des sonorités. « Le Mar » se montre moins fin, plus puissant au niveau du beat mais côté aigu, il réussit moins bien son coup avec un arpège un peu trop simpliste. Avec « Shimmer », le côté hypnotique passe mieux car les arrangements sont plus fins et les sonorités sont fouillées. Les cymbales placées habilement dans le rythme permettent d’accélérer le tempo sur certains moments pour un résultat pointu. « Yerseke » est plus dans la retenue avec des nappes longues et une harmonie plus sourde dans les basses qui donne un relief un peu dub.

Sorti le 8 mai 2017. Acheter sur Beatport.

 

Jon Hester – Galvanized [Rekids]

GalvanizedLa succursale du label Rekids intitulée « Special Project » s’oriente vers un habillage musical plus techno. Jon Hester, qui s’est notamment illustré sur la première compilation du label Afterlife, prend le pari à bras-le-corps. Ses titres basculent dans l’hypnose à souhait avec un beat franc. Il est là pour tailler le bout du gras sur un dancefloor et ça se sent. S’il n’a pas encore tous les attributs du boucher, il mérite quand même le détour avec son rythme infernal. Il maintient l’équilibre avec de la douceur dans les aigus. « Neurons » par exemple, fait dans la puissance sourde rythmique mais présente quelques notes et arpèges à la limite de la house.

Sorti le 15 mai 2017. Acheter sur Deejay.

 

Avatism – I Was Warned About People Like Us [Vakant]

I Was Warned About PeopleAvatism ne laisse jamais personne indifférent. Parfois complètement psychés, les morceaux du producteur italien peuvent dérouter. Dans l’EP réalisé pour Vakant, il y a de quoi être circonspect parfois. La première écoute se révèle tout le temps très difficile à assumer. Souvent, c’est aussi compliqué après les autres écoutes. Mais les sonorités très mélancoliques du DJ amènent une forte émotion dans ses morceaux. Le titre « I Was Warned About People Like Us » vaut à lui seul le détour. Lancé comme une simple machine techno avec un gros rythme, il laisse place aux seuls arpèges pour offrir une émotion digne d’un film de Christopher Nolan. Cette phrase ne s’applique pas à Dunkerque, le dernier né du réalisateur. Le morceau part ensuite un peu plus dans le brouillon, mais c’est le côté expérimental d’Avatism qui ressort. « Self Control » et « Too Patient To Wait » dessinent tous les deux l’esthétique du son saturé chère à l’Italien.

Sorti le 15 mai 2017. Acheter sur Deejay.

 

Kevin de Vries – Infinity [Unrilis]

InfinityA 23 ans, Kevin de Vries a fort à faire sur une scène allemande remplie d’artistes de talent. Pourtant, le producteur n’a rien à envier à ses aînés. Petit à petit, il se fait une place dans la toplist des releases et avec son EP « Infinity », il n’est pas trop mal placé. Exit, les sonorités bien pensées et suggérées, Kevin de Vries fait de la grosse techno et ne s’en cache pas. Les ficelles sont parfois grosses, les drops s’enchaînent mais c’est fait avec tellement de talent que ça passe. « Infinity » par exemple va exploser tous les dancefloor avec un arpeggio très simple et un jeu de distorsion du son sur les changements de rythme. « Arcadia » est encore moins fine et balance des parpaings dans les graves. On se fait à chaque fois avoir par le drop qui frappe tellement fort qu’il ne peut laisser indifférent. Secret Cinema a remixé le titre pour en faire un morceau plus lent mais bien plus anxiogène.

Sorti le 19 mai 2017. Acheter sur Beatport.

 

3KZ – Not From Here [Balans Records]

Not From HerePour une techno aussi noire que noble, 3KZ et son EP « Not From Here » s’avèrent parfaits. Parfois tantinet dub, parfois dans le son américain de Détroit, le producteur italien se promène dans les méandres de la musique électronique. L’atmosphère a beaucoup d’importance pour des sonorités très baroques. Il joue sur le côté religieux du son comme dans « Nature of Motion », même s’il y manque une ligne de basse un peu plus puissante. Dans « Circles », le rythme de mammouth compense un côté plus léger dans les aigus. « Times » qui conclut l’EP part dans des sonorités bien plus spatiales. Pas de doute l’influence de Détroit s’y entend réellement. On y aurait presque gagner à avoir un BPM un chouïa moins élevé.

Sorti le 19 mai 2017. Acheter sur Beatport.

 

Romain Conversin

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